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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 09:44

 Avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc ( bons tous les trois)

 

Jeanne, jeune fille d'une vingtaine d'année, demandeur d'emploi, vit avec sa mère ( Catherine Deneuve) qui garde des enfants dans une maison riante avec un jardinet plein de verdure, troublée malgré tout par les fréquents passages du RER à  proximité, qui fait trembler les meubles, et troue le silence avec fracas. Personnage  important du film, le RER joue un rôle déstabilisant...

Le spectateur suit le train à grande vitesse le long de couloirs sinistres.

Jeanne mène une petite vie étriquée, seule avec sa mère depuis toujours, et se console en faisant du roller interminablement sur de la musique entraînante.

Sur le conseil de sa mère, elle se présente à l'étude de maître Bleustein(un ancien ami à elle) pour y solliciter un emploi. Elle est reçue par sa fille une grande et belle femme brune et austère. La jeune fille est si touchante, pathétique même, à  dire avec simplicité «  je dois absolument travailler, je peux tout faire, je ne demande qu'à apprendre » qu'on l'embaucherait sur le champ.

Mais elle se fait éconduire.

Il s'ensuit quelques épisodes éprouvants pour elle, la rencontre avec un jeune homme agressif tatoué des pieds à la tête qui l'entraîne dans une aventure traumatisante.

Après cet épisode difficile, Jeanne invente son mensonge,  tiré du fait divers bien connu. Elle se blesse devant un miroir, va au commissariat, prétend être juive, avoir été  physiquement agressée par plusieurs hommes de races différentes. Dans le RER, qui joue sans doute le rôle d'un symbole édulcoré des "trains de la mort'.


Téchiné a inventé les conditions qui rendent plausible le délire de Jeanne. Elle veut une reconnaissance en tant que victime, rêve aussi d'appartenir à cette famille juive qu'elle idéalise et déteste en même temps, et qui a refusé de l'employer. Son geste et ses motivations sont complexes mais elle se trouve, de par sona acte,  en position difficile, ayant sans le vouloir, insulté non seulement les juifs mais les noirs( il y en avait dans ses agresseurs prétend-elle...)

Le film s'achève avec une sorte de happy-end, puisqu'elle entre en contact avec la famille Bleustein, et que des échanges fructueux se produisent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emilie Dequenne aussi blonde et féminine en Jeanne qu'elle fut brune et garçon manqué en Rosetta se montre apte à renouveler son jeu, à se couler dans un rôle différent.

Téchiné a recours à plusieurs effets esthétiques qui lui sont habituels, le moment sombre ( la pluie tombe dru la photo est  filtrée bleu nuit et l'héroïne est en proie au tourment) mais aussi plusieurs périodes «  solaires », temps radieux, robes fleuries, et variations impressionnistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je préfère ce film au précédent (les témoins) sans être totalement conquise. Même si la photographie me paraît superbe...

 

 

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