Ken Bruen : Le Martyre des Magdalènes Gallimard ( noire), 2006.
(une enquête de Jack Taylor) .
Nous sommes le 21 avril
Après un prologue désespérément sadique, où une jeune femme récemment dépossédée de ce qu’elle avait de plus cher, et qui nettoie, en
larmes, le sol d’une buanderie, se fait attaquer par une nonne armée d’un rosaire…
Jack Taylor entre en scène à la première personne du singulier. Plus déprimé que ce flic là vous aurez peine à en dénicher un. A ses côtés, le Philip Marlowe de
Chandler, qui écluse autant, l’inspecteur Melchior de Demouzon, le Kurt Wallander de Mankell, et même l' Erlendur d'Indridason, font figure de joyeux lurons.
Toutes les semaines, Jack atterrit à l’hôpital ivre-mort et ce doit être la dernière fois ( qui se prolonge). Les jours ordinaires, il " mange seul, boit seul, renaît seul »et
relit l’essai d’Alvarez sur le suicide « j’étais arrivé au chapitre où il exposait sa propre tentative, avortée. S’il y avait une chose de moi (que) je ne voulais pas foirer c’était
ça. » .
Jack est PS. ça veut dire "prétendant au suicide".
On ne sait trop s’il voudrait trouver le moyen d’en finir au plus vite, ou s’il cherche de l’aide. En tout cas il est dans une phase aiguë qui doit durer trois semaines, et se chuchote
des prédictions « je serais mort à Noël » « je ne verrai pas l’été » ( mais Léthé seulement).
Cherche un appui auprès des gardes-barrières.
Si vous êtes garde-barrière, faites quelque chose pour Jack Taylor !
Il est de Galway et l'on pense à cette jeune femme dans « Les Morts » qui évoquait le souvenir de son premier amour ( mort jeune), à l'occasion d' une fête familiale sinistre ( le jeune homme était originaire de cette ville d'Irlande. Peut-être Jack est
-il la réincarnation de ce Michael Furey?
Je la lui prêterais bien, à Jack, la seringue qui trône depuis longtemps au-dessus du four à micro-onde dans ma cuisine à côté d’une bouteille thermos et d’un
bougeoir (nul ne sait pourquoi ces objets s’obstinent à rester là) cela ferait une occase ; mais je ne sais s’il le veut vraiment.
S'il n'en veut pas je saurai quoi en faire.
A force de nager dans la blogosphère, c'est à dire l'" universel reportage " où, blalblabla, on s'autopromotionne, on bling-blingue à souhait...
Et l’enquête dans tout ça ?
Eh bien Jack est contacté par Bill, un pote dont la mère était une « Maggie », une fille- mère placée dans la terrible blanchisserie des Magdalènes ; elle n’a dû son salut qu’à Rita
Monroe qui lui a permis de s’enfuir.
Retrouve Rita Monroe, Jack!
C'est pas gagné ... Jack se sent incapable de mener une véritable enquête. En revanche, il bouquine, et le roman est truffé de citations qui nous impressionnent grave mais
n'aideront pas les victimes à s'affranchir des assassins.
par Dominique Poursin
publié dans :
Polars
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