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Chagrins d'école

La famille partit en vacances avec les grands-parents et la nouvelle institutrice, Geneviève. Celle-ci avait divisé les quelques cinquante leçons de lecture d'un manuel, utilisant la méthode Boscher, (syllabique) pour coïncider avec les trente et un jours.
Nous étions installés dans une petite station balnéaire de la Loire-Atlantique. La villa de Saint-Brévin se situait aux confins de la Vendée, à la porte de la Bretagne. Elle avait nom «La Langouste».lalangueoust. Des langoustes, je n’en vis guère sur la plage : l'activité des chantiers navals de Saint-Nazaire se déployait sur la rive d'en face : grues, cheminées, portions de ciel noir. Des ombres grise et fuyantes se nichaient dans les anfractuosités des rochers et fuyaient à l’approche des humains.

Je récitais mes leçons tous les matins et pouvais aller à la plage l'après-midi, le plus souvent avec Geneviève, Philippe et le bébé.

Je me répétais des lettres et des syllabes toute la journée, les buvais avec l'indigeste chocolat au lait concentré, les mastiquais en même temps que la viande à midi, les retrouvais dans le potage du soir. A la plage, on ramassait les pommes de pin, on cueillait de petits œillets odorants, Geneviève donnait le biberon au bébé et lui parlait d'une voix douce, de sorte qu'il ne vomissait pas.
Tout devait être su par cœur, par cœur, par cœur. Geneviève, un peu choquée par l'attitude de Maman, osait parfois prendre la défense de son élève : Elle fut congédiée, et disparut après le trente et un…

Un homme s'ennuyait, qui tournait tout autour de la villa, comme un détenu dans la cour aux heures de promenade. C'était  Grand-père. Son béret toujours plus enfoncé sur sa tête, ressemblait à une galette. Il portait un pull-over à motifs jacquard, que les femmes avaient tricoté. Il se plaignait du chandail trop fantaisiste et des occupations trop monotones : " Que peut-on faire ici? Il n'y a rien à visiter! " Maman répondait : " la plage, l'eau de mer, l'iode, la santé, on profite!".

Quelque temps plus tard, la famille terminait ses vacances à Louins dans l'Heur. J’aperçus le manuel de lecture posé sur l'herbe et l'ouvris avec crainte, persuadée d'avoir oublié mes leçons.
Je dépassai les pages maudites tant de fois récitées : il y avait un au-delà des leçons. Le premier s'intitulait : "La Petite poule rouge". Comment une poule pouvait-elle être rouge? Une volaille n’est-elle pas noire, blanche ou rousse ?
Page suivante, le loup Ysengrin se faisait attacher un seau à la queue pour pêcher, suivant les conseils de Renart. Il attendait, l'hiver venait, l'eau gelait autour du seau et de la portion de queue qui trempait. Renart riait. Je ris à mon tour.
Les adultes s'approchèrent, me firent relire tout haut ce dont je venais de prendre connaissance.

Je savais lire ! c'était un miracle. Le premier, le dernier.

 
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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /2007 00:00
- Communauté : Les lectures de Florinette - Par Dominique Poursin

Juin arriva. La Montessori fit accompagner mon départ d'un discours où perçait la note du scandale. Haute, droite, jamais elle ne pencha le bloc monolithique de sa personne, pour se plaindre à Maman de ma conduite. Je n'avais même pas appris à lire! Cela m'étonna, je ne savais pas au juste ce que qui m’était demandé. Rien n'était imposé aux élèves. S'ils n'avaient pas envie de travailler, ils jouaient, et tout travail était également présenté comme un jeu. Cette liberté faisait partie d'une pédagogie avancée. Je n'avais aucune excuse, on m'avait bien reçu, on m’avait témoigné de l'affection, on m’avait proposé des activités, on avait tenté de m'intéresser.

Je n'avais pas du tout compris ce qu'on attendait de moi. Sachant qu'on m'envoyait à l'école parce qu'à la maison je ne faisais que crier, pleurer, me cacher sous les meubles, les enfants nés après moi pâtissant de cet exemple déplorable, sans compter que la surveillance opiniâtre de Maman pour éviter les catastrophes, sa recherche incessante des bons médicaments l'occupaient tout entière.

 

 Et puis le verdict tomba. Il aurait fallu savoir lire. « Elle a déjà six ans » disait la Montessori d'une voix rêche.

Les grands hommes disent: j'ai toujours su lire, je ne me souviens pas d'avoir appris. Avant même l’âge des souvenirs, ils lisaient. Jean-Jacques qui lisait avec son père. Marcel, qui assistait tous les jours à la classe de son père. Sans effort ni ennui particulier, il sut lire à la fin d’un trimestre.

Si c'était Maman qui payait les frais de scolarité, elle n'en avait pas pour son argent. Toutefois Maman ne se sentait pas dans son droit : elle ne faisait pas partie des nantis qui peuvent réclamer. D'autre part, elle n'attendait rien de cette école sauf qu'on la délivre quelques heures par jour d'un fardeau encombrant. Elle s'énerva, se sentit accusée, joignit ses plaintes à celle de cette femme, promit et jura qu'elle allait réparer le dommage causé. 

Elle recruta une jeune fille blonde aux cheveux longs. Et fit tomber la sentence : " Il faut que tu sache lire dans un mois, le 31 juillet au plus tard avant minuit. Sinon… »

Je ne me vis pas exister encore au-delà de ce trente et un. Il était impossible que je susse lire à cette date. Mon histoire pleine de bruit et de fureur ne pouvait que s'arrêter là.

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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /2007 00:58
- Communauté : Les lectures de Florinette - Par Dominique Poursin

Jean ou Jeannot Lapin, un jour l’un, un jour l’autre, était davantage qu'un garçon, moins et plus à la fois. C'était une créature déjà en marge. Parfois les créatures de la marge risquent de tomber du cahier dans le décor et de perdre le support de la page; on ne sait ce qu'il en advient.

Je me tenais souvent aux côtés de cet enfant-là qui portait des pantalons longs au temps où les petits garçons étaient le plus souvent en culottes courtes, été comme hiver, à l'exception de ceux qui allaient aux sports d'hiver et portaient des fuseaux. Jeannot avait de l'élégance à ne pas exhiber ses genoux. Peut-être avait-il quelque chose à cacher. Ses cheveux étaient incroyablement longs, flottant jusqu'au milieu du dos. Quelquefois ils étaient tressés. Il portait un long tablier bleu- marine qui avait un peu l'air d'une robe. Il expliquait volontiers que s'il avait été gentil, sa mère l'habillait en garçon et l'appelait Jean. Dans le cas contraire, elle lui passait une robe et il assumait un rôle de fille, affublé alors du sobriquet Jeannot Lapin. Il lui arrivait également de porter une queue de cheval qui ne lui seyait pas. Il arrivait en classe tantôt "fille", "tantôt garçon ". Il était fier de sa condition, nullement timide, bavard même. Utilisant des intonations curieuses et sachant même ventriloquer, il savait trouver des auditeurs, et lorsque ceux-ci faisaient défaut, c’était moi qu’il irriguait de ses bavardages. Personne ne le fréquentait sérieusement. Le jour où il disposa de la trousse, je me vis contrainte de me fâcher avec lui. La Montessori l'ignorait, alors que j’endurais des châtiments répétés et humiliants (On m'envoyait souvent chez les Petits de deux trois ans pour me punir de je ne sais de quoi).

 

Sans doute Jeannot était-il très malade (On est souvent tolérant avec eux).

Avec Jeannot, on ne se battait pas. On lui donna simplement la trousse. Il se comportait comme si elle lui avait toujours appartenu et qu'il venait juste de la retrouver. Princièrement.

 
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Lundi 10 décembre 2007 1 10 /12 /2007 00:52
- Communauté : Les lectures de Florinette - Par Dominique Poursin

    Lorsque j’eus cinq ans, on me conduisit à l’école chaque matin au pas de course. Maman l'appelait l'« école Montessori » parce qu’on y appliquait les méthodes éducatives de cette dame. Le nom réel était sans doute « Cours Bernard Palissy ».

On traversait deux boulevards extrêmement dangereux (Pereire et Berthier) et dès la rue Eugène Flachat, j’avais envie de pleurer...

"Je te préviens, tu n'as pas intérêt à…Sinon…".

C'était déjà ma troisième école. Je me souvenais des précédentes, d'avoir fait des taches d'encre sur de petits cahiers quadrillés, dessinés des bâtons brisés, des lettres tremblotantes. J’avais réussi une fois à me faire mettre au piquet, après maints efforts pour parler haut et troubler l'ordre, afin que mes camarades s'intéressent à moi. Sans résultat durable. Des instituteurs se plaignaient à Maman de mon comportement. Elle faisait toujours écho d'une voix tranchante : " Oh, je sais très bien…" et promettait le châtiment, la reprise en main.

A l'école Montessori il y avait trois sections. Je fus admise chez les Grands.

Le matin, chaque élève devait choisir son atelier. Je n'en choisissais aucun, craignant de déranger ou d'être dérangée, et jugeant que de toute manière ce serait infructueux. Je n'étais attendue dans aucun de ces groupes. Je cherchais juste un petit coin où me dissimuler. Cette attitude provoquait l’apparition d’une institutrice ou d’une assistante maternelle. Je la suivais et fréquentais toujours le même atelier, en me livrant à la même activité : compter.

 

En fin d'année, je ne connaissais toujours pas l'atelier de lecture. L'institutrice qui présidait à ses destinées, était une grande femme osseuse, rigide, toute droite, vêtue d'une robe anthracite rectiligne : lorsqu'elle s'approchait, c'était un pan de mur sombre qui s’avançait vers vous, implacable comme une déferlante. Votre souffle en était coupé.

 

Cette personne dirigeait l'établissement. Elle m’avait assez vite repérée. Je n'avais jamais de matériel de classe ni règle, ni crayons… ne parvenais pas à me procurer une simple trousse d'écolier. Tantôt je n'osais en demander une, tantôt je l'avais déjà perdue, si ce n’était un autre écolier qui s’en était emparé. Selon son humeur, Maman ne voulait pas en acheter une autre. Elle avait déjà donné, ou ne voyait pas l'utilité de cet accessoire dans une classe maternelle.

 

La jeune institutrice qui venait me chercher chaque matin était elle aussi passablement effrayée par la Montessori, et passait beaucoup de temps à ramasser tout objet traînant à terre pour le fourrer en hâte dans un casier quelconque. Il lui advint de trouver une vraie trousse, avec un contenu adéquat, une trousse inemployée, une belle trousse qui consistait en une petite boîte rectangulaire, de couleur jaune, citronnée et ensoleillée. Je regardai cet objet qui devait me sauver, et son contenu que l'on examina : gomme, crayons noirs, couleurs, taille-crayon brillant, règle plate et graduée, autant de trésors sortis d'un coffre. La jeune femme blonde serait très heureuse de me l’offrir. Un instant d'hésitation rendit possible et même effective la disparition de la trousse que d'autres mains avaient furtivement et prestement saisie avant les miennes.

 
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Samedi 8 décembre 2007 6 08 /12 /2007 17:46
- Communauté : Les lectures de Florinette - Par Dominique Poursin

Mon parcours devait se terminer entre la salle d'attente du faux docteur et la salle d'examen de l'écolier qui en savait trop ou trop peu, reliées par un dédale de boulevards, de rues de feux orange et de chiffres. J'eus  bientôt laissé derrière moi la cour de l'immeuble, les grilles de fer  et débouchai dans la rue, la petite rue Gervex : rien qu'à évoquer ce mot proféré par les membres de la famille, surtout ceux de Paris,  c'était comme si la rue n'existait que dans cette mauvaise comédie, cette plaisanterie un peu niaise, et sournoise qu'était la vie portée par leurs paroles. La façon qu'avait Maman de prononcer le mot très distinctement et d'une façon très sonore, comme si elle s'apprêtait à l'épeler, ou qu'elle voulait le faire entendre à une assistance nombreuse et sans l'aide d'aucun micro .Et bien sûr, la rue était toute petite, ne comportait que cinq numéros, servait davantage de parking que de rue, les voitures y stationnaient des deux côtés, souvent  en double file.

Au bord du trottoir, il se figea à la vue de la petite loupiote verte surmontée d'un heaume.

"Ne t'en fais pas, avait-elle dit, j'annoncerai la vérité à ton grand-père, moi- même, je le lui dirai tout doucement, cela passera comme.

"Quelle vérité?  Oui, c'était pourtant bien "La vérité", ce mot qu'elle avait employé. La vérité, c'était le BEPC raté.  L'aïeul attendait-il avec impatience mes résultats ? Dans quelle mesure cela comptait-il pour lui ? L'affection qu'il me portait était réelle mais difficile à évaluer. Il ne se comportait pas comme s'il était chargé de mon éducation, n'avait pas placé  en moi des intérêts, à supposé qu'il en eût encore à 78 ou 79 ans. 

La matinée se dilatait dans un éblouissement, une blancheur, un soleil très pâle mais aveuglant, toujours ces préliminaires aux vacances qui débouchaient sur un gouffre : le  rien à faire jusqu'à la rentrée suivante.

 Les voitures étaient lancées à toute allure, le tunnel attendait de les engloutir à quelque cinquante mètres de là. Je restai plantée sur la chaussée,  les véhicules slalomaient pour l'éviter, j'entendais des klaxons, des conducteurs aussi criaient des mises en garde, des ordres, des jurons ; des châssis de métal me frôlaient, je me sentait encerclée, et, me résignant à obéir à de vigoureuses injonctions, regagnai le trottoir.

  On peut préférer la noyade : corde, bloc de pierre, se traîner ainsi jusqu'à un pont ; la seringue à vide, impeccable, piquant,  mais simpliste ; le troisième étage de la Tour Eiffel, banal d'après les statistiques ; le transport en ascenseur trop angoissant, et quel affreux entrelacs de ferraille rouillée !

Saint-Pierre de Rome? Je n'étais pas catholique. Du haut de la statue de Lénine ? Je ne l'avais pas lu.  Du Mur de Berlin ? Ce mur n'était pas le mien.

Les mystiques et les vrais intellectuels choisissent l'Etna...

De la statue de la Liberté ? Du haut de la torche. Je croyais savoir que c'était le point culminant. Le symbole était prompt à saisir. Les gens comprendraient ! Il ne manquait que l'argent du voyage...

 Que diraient les gens? On plaindrait Maman, c'est épouvantable, ce qu'il vous en a fait voir! Elle pourrait se consacrer entièrement aux plus jeunes.  Elle  apprendrait au grand-père « la vérité, par petits bouts », suivant son expression favorite. Eprouveraient-ils tellement de regrets ? N'étaient-ils pas proches de leur dénouement à eux ?

 Pire encore : moi -même ne serait pas informée de son trépas: "Il ne faut pas qu'elle sache, on ne peut rien lui dire à cette gosse! Elle  prend tout au tragique !"



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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /2007 16:48
- Communauté : SOIF DE LIRE... - Par Dominique Poursin

Plus que jamais   passager clandestin de la vie, je dus, à la fin de la troisième, me présenter au BEPC et c'était il y a quarante ans...

A l'oral, l'examinateur d'anglais examina ma carte d'identité scolaire en marmonnant que j'aurai dû présenter une meilleure preuve de mon existence officielle. On n'avait pas jugé utile de me  faire confectionner une carte d'identité nationale.

 Je ne possédais que les  très vieux dictionnaires d'un aïeul, le père de mon unique grand-père, dont ce dernier ne parlait jamais que pour dire avec irritation qu'il n'userait pas sa salive pour l'évoquer. Dans ces beaux volumes reliés demi-chagrin,   des lettres  de l'aïeul avaient été oubliées entre certaines pages: il s'adressait à des Anglais dans leur langue pour proposer de leur vendre du tissu provenant de sa manufacture. J'étais contente d'avoir eu un ancêtre qui sût une langue étrangère. Mais je consultais rarement mon manuel de classe, n'avait jamais parlé anglais, ni entendu quelqu'un le faire, même pas le professeur. Incognito, je chantai  et m'en trouvait fort aise. Hélas, à l'écrit comme à l'oral, je fus dans le même état qu'un constructeur de Babel, frappé du châtiment divin.

Puis ce fut la composition d'histoire. J'avais le choix  entre l'Allemagne de Bismarck et la Révolution française. La plupart des candidats préférèrent l'Allemagne car c'était une des dernières leçons à étudier dans l'ordre chronologique, donc ils s'en souvenaient davantage. Je' n'hésitai pas pour ma part,  à disserter sur la Révolution française, et m'en faisais une joie.

 De Saint-Just à Robespierre, de Danton à Desmoulins, de Marat à Hébert, ils étaient mes héros. Je ne m'étais pas contentée de la leçon du manuel, j'avais lu plusieurs livres sur le sujet, ne ratais aucune notice biographique dans chaque nouveau dictionnaire trouvé. Sans faire de brouillon, je fis courir ma plume avec zèle, pour décrire la situation sociale et politique de la France en 1789 ; il s'en fallut d'une copie double avant que je ne décide l'ouverture des États Généraux. Sur d'autres feuilles, noircies à toute allure, je consignai le déroulement de ces consultations, et commençai à présenter les futurs grands révolutionnaires qui, à ce stade, n'avaient joué aucun rôle important mais  les pourvus chacun d' une petite biographie. Il restait cinq minutes avant la fin de l'épreuve, et, en écrivant désespérément vite, j'arrivai au Serment du Jeu de Paume : on m'arracha une troisième copie des mains. J'aurai dû en être à Thermidor ; je n'avais même pas pris la Bastille. Tous les petits détails me paraissaient d'une grande importance pour un sujet auquel je tenais avec tant de passion.


En Sciences naturelles humaines, je connaissais surtout les anomalies du corps humain, les maladies, les diverses débilités, les étrangetés mentales, et la sexualité pour autant que ça m' avait paru rentrer dans le cadre des étrangetés et des absurderies. Je  connaissais davantage le dictionnaire médical, souvent prêté par Maman, que mon livre de cours. On demanda de parler des os : je demeurai invertébrée.


En rédaction, contrairement à l'habitude, je fus brève. On vous enjoignait d'explorer  un grenier familial  et de découvrir des objets anciens ayant appartenu à votre petite enfance ou au passé de vos parents. Votre émerveillement de retrouver un vieux kaléidoscope ou la photo de fiançailles des adultes jeunes et souriant du bonheur tout neuf, accompagné du  récit ému des descendants. Rien ne m'empêchait d'inventer, donc de peupler le grenier à Louins, et de faire parler au moins ma grand-mère en lui prêtant une existence heureuse et d'anciens espoirs.

Mais non.

Il n'y eut absolument rien dans ce grenier. Ni paroles ni objets.

On ne pouvait accuser l'école ou les professeurs. Tous les élèves qui avaient présenté le BEPC eurent des résultats conformes à leurs bulletins scolaires, moi excepté.  Comment expliquer cette défaite ? La situation me parut grave. Ma mère payait-elle pour qu'on me note correctement ? " Il ne faut pas qu'elle sache, il ne faut pas qu'elle s'en doute » disait Maman, surtout pas elle ; et de quelle mystérieuse maladie?



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Vendredi 8 juin 2007 5 08 /06 /2007 16:39
- Communauté : SOIF DE LIRE... - Par Dominique Poursin
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