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littérature néerlandaise


Actes-sud, 1996. 155 pages.


Titre original «  De Wegen der Vebeelding » ; 1983.


Mis en exergue : «  Ce qui nous plaît le mieux dans toute la nature, ce n'est pas ce qu'on voit, c'est ce qu'on se figure ».


Voilà un roman qui m'attend depuis le Salon du livre dont l'invité était les Pays-Bas ( cela fait très longtemps....).


Le roman est découpé en portions de texte plus ou moins longues, séparées les unes des autres par des blancs. Certains de ces paragraphes occupent plusieurs pages.


Maya voyage avec ses trois enfants dans la cabine d'un cammionneur, Joop. La voiture familiale est en panne. Klaas et Paya devaient gagner le sud de la France pour des vacances studieuses. Le couple travaille pour un magazine de littérature «  L'Enigme ». Le directeur de la revue a commandé à Klaas une série policière qu'il doit écrire dans une propriété privée à Menton.

Pas facile pour Klaas qui ne voudrait s'occuper que de B. Mork, le poète  dont il a découvert par hasard,  les oeuvres «  Aubades à Eve », ( sensuels et érotiques) et des « Principes de recomposition «  ensemble de réflexions destinées à se mettre à distance de sa passion.

Il a aussi écrit «  Lettres à Baucis » , le personnage à qui il s'adresse étant probalbemnet sa compagne vieillissante.

Maya est un peu choquée que  Klaas l'ait laissée partir avec un routier alors qu'il  gagne le midi par ses propores moyens.


Arrivés à Menton, Maya et Klaas sont indisposés par le gardien de la propriété, Achille Secondi qui semble effrayé et doit «  cacher quelque chose dans le jardin".

Le couple pense que ce « quelque chose » est le cadavre de la vieille dame dont on leur a dit qu'elle voyageait à l'étranger, en lui laissant sa demeure à garder...

Les jours passent, l'atmosphère est tout ensemble perturbée et excitante...


 Toute la famille s'intéresse au mystère de la vieille dame disparue.


Klaas travaille aussi à écrire une présentation de l'oeuvre de B. Mork.

A Amsterdam il n'a pu rencontrer qu'une vieille dame farouche qui lui a donné un dossier, sa fille apparemment innocente, un homme paralysé sur une photographie, et un vieux monsieur qui avait connu B. Mork. Aucune de ces personnes ne lui a paru susceptible d'être l'auteur de cette œuvre.En même temps qu'il le lit et le commente,  Il s'interroge sur l'identité de cet écrivain...


Maya s'essaie à l'écriture, elle aussi. Son récit s'intitule «  Histoires du routier ». Ce sont les récits que le camionneur lui a relatés pendant le trajet. Des histoires de fantômes et d'ensorcellement, se produisant dans la vie quotidienne.

Nous lisons  ces cinq récits, en alternance avec les méditations de Klaas sur Mork, de nombreuses citations de son oeuvre à l'appui,  le schéma de son roman policier de commande, le mystère de la vieille dame disparue,  et les problèmes familiaux de Maya et Klaas ( vie du couple et obervations inquiète des faits et gestes des enfants).

Beaucoup de récits qui se veulent différents dans le contenu et la forme et qui, pourtant, racontent la même chose : comment on est ensorcelé par des fantômes ( les personnages des récits, la vieille dame disparue, le mystérieux B. Mork...) et comment Joop résiste toujours, lui !




Le roman est intéressant, a le mérite d'être ambitieux, mais  je me me suis ennuyée de temps à autre. Les histoires de fantômes du routier sont trop courtes pour installer une autre atmosphère,( c'est tout le problème des nouvelles brèves...)  ou les mots sont mal choisis, et  ne m'ont pas séduite.


Les recherches de Klaas sur Mork, ses réflexions sur l'oeuvre,  m'ont intéressée,  un autre petit bémol,  les poèmes d'amour  du mystérieux écrivain, j'ai eu l'impression d'en avoir souvent lu de semblables. Les Principes de recomposition sont meilleurs ( on croit une réponse à Cioran...) Quant aux lettres à Baucis, je n'y comprends rien!


La transformation de Maya, mère de famille et ménagère exemplaire, en conteuse tout aussi pleine de talent,  est un peu trop rapide pour être crédible. Les mots viennent facilement sous sa plume qui n'a encore jamais servi !

On voudrait un apprentissage plutôt qu'un enchantement un peu puéril...

Tout ce qui se rapporte à la vie du couple, aux enfants, ainsi qu'à l'atmosphère mystérieuse de leurs vacances, est en revanche excellent.

 

Un livre à relire plus tard. L'impression d'avoir manqué quelque chose.

 

Un autre roman néerlandais sur ce blog ( acheté à ce même Salon du livre) et très différent:


"Un coeur de pierre" de Renate Dorrenstein.


 





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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /2009 11:01
- Communauté : Les lectures de Florinette - Par Dominique Poursin

Dorrenstein-Coeur-de-pierre.jpg Renate Dorrenstein «  Un cœur de pierre » Belfond (néerlandais). 1998.

 

Une famille repliée sur elle-même, père, mère, quatre enfants dont la narratrice qui est la troisième née. Ils vivent d’une agence de presse, collectionnent les coupures de journaux ayant trait à certaines personnalités, les classent, les donnent à un éditeur.

 Les enfants y travaillent autant que les parents et font aussi la cuisine, l’âge venu. La narratrice, 12 ans, commence à s’y mettre quand le drame se produit.

C’est une communauté. Tout le monde fait la même chose. On ne sait pas trop qui joue le rôle de père mère enfant.

Après un cinquième  accouchement, la mère reste au lit ne s’occupe pas d’Ida qui vomit tous ses biberons. Mais lorsque ce bébé, finalement reconnu atteint d’une atrésie œsophagienne est hospitalisée,   la mère disjoncte dans le sens du délire, sort de sa prostration pour développer une maladie de persécution. Ida guérit mais pas sa mère.

Un jour, la mère fera avaler des tisanes empoisonnées de somnifères à haute dose à sa famille et les asphyxiera, inconscients, au moyen d’un sac en papier.

La narratrice qui était partie se promener revient à temps pour sauver  son frère. Tous les autres périssent.

Mis tous deux dans un orphelinat, le petit garçon sera adopté mais pas elle qui est trop grande. Elle ne le reverra pas.

On assiste aussi à sa vie d’adulte. Enceinte, elle a un ami qu’elle repousse, ne veut pas connaître le père de l’enfant. Elle en veut toujours à son père. Il connaissait les idées délirantes de sa mère et n’a rien fait, lui, l’adulte responsable, rien, même pas pour lui !

 

La narratrice attribue la défaillance de sa mère à un » déséquilibre endocrinien ».

Voilà qui n’explique pas tout ! La narratrice ne se laisse pas tuer, le petit frère non plus qui avait déjà manifesté sa détresse en se faisant ébouillanter pendant la grossesse de la mère. Ils ont résisté à ce qu’on peut appeler un suicide collectif.

Pourquoi ne se sont-ils pas méfiés de la mère devenue si bizarre ? Le père non plus !

Ils étaient semble t’il trop en symbiose les uns avec les autres, et ne pouvaient prendre la moindre distance critique face à la situation.

Le roman est bien structuré

-         Enfance avant le cinquième

-         Souvenirs que la narratrice égrène de ce que ses parents disaient de leur histoire

-         Développement de la crise depuis la grossesse de la mère avec plusieurs événements

-         Jour du crime

-         Vie de la narratrice et de son petit frère à l’orphelinat

-         Vie adulte de la narratrice dans la maison maudite et aimée qu’elle a rachetée.

-         Echange de la narratrice avec son ami qui n’y comprend rien

-         Explications avec son médecin…

 
 

Toutes ces tranches de vies sont présentées alternées pour l’agrément du lecteur.
On trouvera pas là du métier, une narration bien faite,   pas de recherche d'écriture, ni de littérature à proprement parler.

Ce qui intéresse c'est la façon de s'aveugler.
Même s’il y a le désir de comprendre, on note une certaine naïveté, pas de recherche d’explication psychanalytique. Il s'agit d'une psychose puerpérale non diagnostiquée à temps. C'est avant tout psychique...

 
 
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Mercredi 5 septembre 2007 3 05 /09 /2007 06:51
- Par Dominique Poursin
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