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Littératures de langue allemande

  Gallimard, 1997

Titre original : Der Vorleser, 1995.202 pages


 

Au début des années 60, Michaël lycéen de 15 ans, est pris de malaise dans une rue. Une femme  le réconforte et le reconduis chez ses parents. Quelque mois plus tard, guéri de cette jaunisse l'adolescent va lui porter des fleurs pour la remercier. Il est vivement excité par elle et une liaison commence entre cette femme de trente ans, receveuse de tramway, et le lycéen, dont la famille est intellectuelle et aisée. Cette liaison dure plusieurs mois. Malgré une forme de sadomasochisme dans la relation, Michaël et Hannah s'entendent bien. Elle s'intéresse aussi à son travail de classe et aime qu'il lui fasse la lecture des œuvres classiques qu'il étudie. La lecture fait  partie du rituel amoureux. Michaël se sent coupable de ne pas parler d'Hannah à ses amis, même s'il est clair que la liaison doit rester secrète... !

Puis Hannah disparaît subitement sans laisser d'adresse.

Michaël la retrouve quelques années après, alors qu'étudiant en droit il assiste à des procès de criminels nazis. Hannah fait partie des accusés. En 1943, elle a quitté volontairement l'usine où elle était employée pour s'engager dans les SS, et fut engagée comme surveillante dans un camp de déportation.  Elle a envoyé des femmes à la mort...et ne s'en cache pas.  

C'est dans ces mêmes années qu'Hannah Arendt assista au procès d'Eichmann et en tira son concept de la « banalité du mal ». Eichmann n'était qu'un petit fonctionnaire qui, en se bornant à obéir aux ordres, se rendit coupable de crimes.

Sans faire référence explicite à ce procès, Michaël se pose les mêmes questions, comment appréhender l'holocauste ? Doit-on chercher à comprendre ? N'est-ce pas se rendre complice que de chercher à expliquer de telles atrocités ?

Il se sent coupable aussi, appartenant à cette espèce humaine qui sait si bien faire preuve d'inhumanité.

Michaël souffre et cherche à comprendre comment Hanna a pu en arriver là. Il devine le secret  qui lui fait toujours choisir la pire solution, sans pour autant l'excuser...

 

Il va vouer son existence à réunir témoignages et réflexions sur la période nazie, et entrainer Hanna, détenue, dans son sillage, gardant un contact à la fois distant et familier avec elle...

 

A la fois roman d'apprentissage, récit d'un amour partagé et contrarié, réflexion sur les crimes de l'holocauste, et portrait d'une femme , c'est une œuvre délicate, intelligente, écrite d'une façon classique, simple et captivante.

 

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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /2009 11:39
- Communauté : Lecture sans frontières - Par Dominique Poursin


Actes-sud, 430 pages. Titre original « Spieltrieb »

Le titre original signifie «  pulsion ludique ».

 

Mais le traducteur ne s'y est pas trompé. Cette fille sans qualités s'inscrit bien dans une perspective « musilienne ».

Ironie mordante, métaphores très « physiques », parfois inventives, goût pour la formule à l'emporte-pièce, et la « citationnite » implicite ou explicite. Ton souvent incisif,  personnages tendant vers le «  surhumain »... façon de donner pour titres aux chapitres des phrases entières qui expriment une action.

Enfin l'Homme sans qualité est présent comme roman, le préféré du professeur, étudié par ses élèves.

 

 

 

Ada est une adolescente de 14 ans qui vient d'intégrer l'école privée Ernest Bloch. Elle s'est fait renvoyer des écoles précédentes pour actes de violence (y compris physiques) insolence, attitudes provocatrices. Très consciente de son intelligence, elle cultive un sentiment de supériorité et méprise les autres élèves. Ainsi que les professeurs, qu'elle remet à leur place, d'une seule réplique. Dans ce roman les professeurs se laissent facilement déstabiliser, on se demande ce qu'ils feraient avec  une trentaine d'élèves  en difficulté.

 

En tout cas, dans son nouvel établissement, Ada va rencontrer Alev, un élève aux origines multiples( notamment iranienne), qui a la même certitude  d'avoir une intelligence supérieure, sentiment entretenu depuis toujours par les adultes autour de lui...ces élèves ont déjà tout lu, tout vu, tout pensé, ils sont désespérément à la recherche de quelque chose de neuf, et discourent à n'en plus finir sur la mort de Dieu, l'équivalence du bien et du mal.... Et sont à l'affût d'un divertissement à leur mesure.

 

Ada plaît beaucoup à Smutek, professeur de sport qui donne aussi des leçons d'allemand.  Alev et elle vont se servir de ce penchant pour démolir cet enseignant. Vont-ils y parvenir ? C'est ce que j'ignore, car j'ai arrêté ma lecture au bout de deux cent pages... allergique au style et aux personnages.


Les héros ont bien quelque chose de musilien, mais, ayant l'âge de l'élève Törless, les jeux auxquels ils se livrent sont plus proches de ceux de Beineberg et de Reiting dans ce roman, que de l'Homme sans qualités. Sans que soit développée cette esthétique particulière qui peut encore plaire dans Törless.

 

Alev p. 146 «  Il ne lui faudrait pas longtemps pour se propulser au cœur de l'action, occuper la position enviée et redoutée d'un roi sans peuple, assailli par des nuées de sujets potentiels, d'autant plus désireux de le servir qu'il se refusait à accepter leurs services. Il avait gagné la partie un peu partout dans le monde... Alec estimait que les enseignants et les élèves du Lycée Ernst Bloch se laisseraient mener plus docilement qu'un troupeau de moutons privés de son bélier de tête ».


Déjà, en relisant des fragments de l'Homme sans qualités, j'avais été déçue par certaines pages (un de mes billets sur l'HSQ) et là je n'ai pas envie de reprendre Musil ( que j'avais adoré ...!)  pas plus que de pousser cette lecture plus avant...

 

Blogo-trésor choix N° 1

 

Vous avez lu La Fille sans qualité et l'avez aimée ? défendez-là !

 

 

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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /2009 11:51
- Communauté : SOIF DE LIRE... - Par Dominique Poursin

Edition : SEUIL, Point Roman, 1963.

 Fils d'un magnat de l'industrie, Hans Schnier, 20ans, s'est fait clown pour se révolter contre son milieu, et le tourner en dérision. Il vit avec Marie qui est catholique. Les représentants de son groupe socioculturel manifestent leur hostilité à son égard et commencent à l'exclure. Elle décide de quitter Hans pour Küpfner, premier dignitaire de l'église catholique allemande.
A Bonn, Hans, qui ne veut pas d'une autre femme, la cherche. Il s'est blessé au genou, s'alcoolise dans sa chambre d'hôtel, téléphone à tous ceux qui ont connu Marie ? Ne recueillant qu'hostilité, pitié ou mépris. Grimé, il s'installe sur le quai de la gare : c'est pour croiser Marie qui rentre de voyage de noces.


     Le roman est un long monologue et un mono dialogue téléphonique. Hans se souvient de l'époque nazie, de l'engagement de ses parents au troisième Reich, du sacrifice de sa sœur Henrietta, vendue à la DCA allemande en 1945. En même temps qu'il évoque le passé, il fustige les industriels, pour qui seul le point de vue économique compte, Adenauer, les catholiques sclérosés par l'amour et la miséricorde, et les protestants avec leurs problèmes de conscience.

Sa vision du mariage et des rôles homme femme, reste traditionnelle.

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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /2009 10:41
- Communauté : SOIF DE LIRE... - Par Dominique Poursin
Musil-T--rless.jpg Les Désarrois de l’élève Törless
 
Publié pour la première fois en 1906.
 

Törless a seize ans, il a été envoyé par sa famille dans une école privée de l’Autriche Hongrie orientale «  à la frontière de la Russie » où l’on accueille les riches bourgeois et les aristocrates. L’endroit est désolé et aride. Cette description fait l’incipit du roman.


Le nouveau pensionnaire a deux camarades plus âgés que lui, Reiting et Beineberg, qui s’entendent pour échafauder de dangereuses utopies. Beineberg est passionné de philosophie orientale. Son appréhension du bouddhisme lui en fait tirer une porale extrémiste inspirée de l’organisation de la société hindoue en systèmes de castes., ainsi que de cette idée qu’il faut être indifférent au monde et aux sensations. De ses lectures, il a déduit qu’il existe des êtres inférieurs et des êtres supérieurs. De ces derniers, il estime faire partie. Il se livre à des exercices de méditations et d’ascétisme dans un grenier désaffecté, cachette qu’il partage avec Reiting, et dans laquelle Törless se trouve admis.

Reiting aime surtout les complots et les intrigues pour se désennuyer de l’existence d’interne.

 

C’est lui qui a l’idée de tourmenter Basini, un élève moins fortuné qu’eux et à priori moins favorisé intellectuellement de par ses origines modeste.

Il a commis un petit vol et les autres le font chanter menaçant de le dénoncer s’il ne cède pas à leurs caprices.

Ils le torturent, le soumettent à la question, pour obtenir un aveu, usent de violences physiques et morales, et lui font exécuter des actions abjectes et stupides.

Basini semble croire que se dénoncer serait pire que de subir la torture.

Il sait que Beineberg et Reiting peuvent le faire tuer par leurs camarades, aptes qu’ils sont à chauffer le groupe.

Le rôle de Törless est celui d’un observateur. Ses deux amis lui confient leurs projets délirants, l’apprécient  parce qu’il est voyeur de leurs manigances, croient lui en imposer ( ce qui n'est qu'à moitié vrai...) et ne se méfient pas de lui.


Avec raison au début, car Törless éprouve un mélange de fascination, dégoût, et curiosité pour ces mises en scène sadiques dans les combles de la pension, huis clos où aiment à se retrouver les adolescents, qui les ont décorés et plongés dans une obscurité trouée de torches baladeuses,  créant une atmosphère dramatique.

Musil disait avoir voulu faire un livre sur le clair-obscur....

Törless éprouve de l’attirante pour Basini, il aura des contacts sexuels avec lui comme ses deux comparses. La sensualité se fixe aussi sur certains gestes et attributs de ses camarades, sur une prostituée de rencontre.

Musil dira que rien n’est plus éloigné de lui que l’homosexualité. A présent ces dénégations font sourire. Il est vrai toutefois que l’homosexualité de Törless est différente de celle du Tonio Kröger de Thomas Mann, autre adolescent célèbre contemporain de Törless.

 

L'objet d’amour de Thomas Mann (lisible dans Tonio Kröger)  est vraiment un jeune garçon, que l’on retrouve dans Mort à Venise, ou les Buddenbrock.

Celui de Musil est sa sœur qu’il n’ a pas connue, personnage central de L'Homme sans qualité.  De cette sœur il est déjà question dans Törless.


Lorsque Basini est livré aux autres élèves, Törless de décide à intervenir pour lui sauver la vie. Lui assurant la protection des dirigeants de l’école.

Basini est renvoyé à sa mère, Törless demande à partir. Les deux principaux responsables ne sont pas inquiétés.

L’ouvrage se clôt sur une nouvelle attirance de Torless, pour la philosophie kantienne, dont on ne sait ce qu’il va en tirer.

 


Une séquences anticipative dans le roman permet de constater que Torless devenu adulte, et rendant compte de cette expérience de jeunesse à un ami, n'a pas de regret de sa conduite de l'époque qui fut loin d'être acceptable. Car il était complice de ses camarades sadiques et ce qui le fit intervenir n'est pas une réaction morale ou de la pitié pour Basini mais seulement le fait que l'expérience ne l'intéressait plus, qu'il avait percé à jour ses camarades.


On se demande si Torless n’aurait pas pu devenir, non pas Kant mais plutôt Heidegger ?

 


Musil a eu de l’ambition dans ce premier roman : il voulu faire œuvre esthétique ( «  un livre sur le clair-obscur » réussi) psychologique ( les complexités de l’espit de torlless qui intéressent encore malgré que Musil se soit tenu à l’écart de la psychanalyse qu’il détestait et évite ce langage) et enfin œuvre politique.Il a montré comme il l’a dit plus tard «  les dictateurs in nucléo » en Reiting et Beineberg et en Törless le philosophe appelé à soutenir le régime nazi sans conviction, sans état d'âme non plus...

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Samedi 22 septembre 2007 6 22 /09 /2007 07:14
- Communauté : Lecture sans frontières - Par Dominique Poursin

Wolf.jpg (« Nachdenken über ChristaT. 1969)

 Evocation en 20 chapitres d’une amie trop tôt disparue inscrite dans le cadre de la RDA avant pendant et après la guerre.

L’autre Christa est une amie de classe. Elles ont douze ans à la deuxième guerre mondiale et sont séparées, victimes de traumatismes. Elles se retrouvent en 1948. A vingt ans, l’amie est institutrice, et suit comme l’auteur, des cours à l’université. La narratrice relate un chagrin d’amour. Christa, l’autre, devient prof de lettres, abandonne après avoir rencontré un vétérinaire qu’elle épouse. Ils achètent une maison dont Christa est assez contente. Trois filles leur naissent, la plu jeune quelques mois avant sa mort.

 

Dans sa manière d’évoquer son amie dénommée tour à tour «  elle », «  Kristine » et «  Krischane » , amie qui est aussi partiellement un double d’elle-même, et – à l’opposé-une femme dont elle sait peu de chose, Christa Wolf est particulièrement originale.
L’écriture est distanciée, cérébrale, oblique et familière en même temps ; ce n’est pas toujours facile à suivre ; mais c’est vraiment différent. Elle adopte parfois une fausse spontanéité qui s’appuie sur des «  visions » quelle aurait de Christa T. ou des hypothèses sur ses pensées et ses actes. ( «  elle aura fait… elle se sera dit… »

Cette manière prudente d’évoquer la jeune femme répond au souci constant de la narratrice de ne pas fabuler en pure perte : «  la couleur du souvenir trompe ».

Méditer, la méditer… Méditer sa tentative d’être soi-même."

C’est l’idée que l’on déchiffre dans les journaux intimes qui restent d’elle, sur les feuilles volantes des manuscrits retrouvés, entre les lignes ses lettres que j’ai lues, qui m’ont appris à oublier le souvenir que j’ai d’elle, Christa T. »

 On perçoit Christa T. de diverses façons,par exemple comme l’envers de la narratrice, un envers qui n’est pas devenu écrivain. Est-elle heureuse d’une certaine façon ? déplore t’elle son mariage ? A-t-elle échoué dans es ambitions ? Même sa maladie, peut apparaître comme une métaphore d’une dépression dont elle n’aurait pas vraiment osé souffrir, ou se plaindre.
L’extrême fatigue éprouvée par l’héroïne dans quoi nul ne décèle la maladie, ce parti pris étonne la narratrice.

« Une chose est sûre : jamais ce qu’on fait ne nous fatigue autant que ce que l’on ne fait pas ou ne peut pas faire ».

On a dit que cette jeune femme ( qui a réellement existé et vécu à peu près comme le dit l'auteur) est aussi pour Christa Wolf, l'auteur du " Ciel partagé ", une métaphore de ce que l'on devient en RDA, la représentation d'une impossibilité à vivre du fait des contraintes imposées par le pouvoir totalitaire. 

Je n'ai pas les connaissances nécéssaires  pour traiter cette question.

 
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Vendredi 7 septembre 2007 5 07 /09 /2007 18:47
- Par Dominique Poursin

Il y a trente ans  presque  jour pour jour que mourait Fritz Zorn auteur zurichois d’un unique ouvrage autobiographique «  Mars ». Né le 10 avril 1944 il n’avait que trente-deux ans à son décès.

 

«  Zorn » est un pseudonyme  pour « mépris » ; Mars évoque aussi des sentiments de  violence.   Le vrai nom de Zorn est  Fritz Angst et ce mot de Angst c’est l’angoisse. Une angoisse, qui, mêlée  au courroux, à la rage qu’éprouve l’auteur, court à travers le récit.

 

«  Je suis jeune, riche et cultivé  et je suis malheureux névrosé et seul…  toute ma vie j’ai été sage… naturellement j’ai aussi le cancer, ce qui va de soi…» l’incipit a été souvent cité. Des phrases provocantes et ingénues à la fois, mêlant la dérision et la révolte.

 

L’auteur dit qu’il ne s’agira pas d’une autobiographie mais de l’ »histoire d’une névrose ou du moins  de certains de ses aspects. »

 

Cependant, décrivant son état et les origines supposées de celui-ci,comme  il n’est pas clinicien il se retrouve  autobiographe.

D’emblée il annonce que la maladie dont il souffre, un cancer est l’expression somatique de sa névrose. Il veut s’approprier ce cancer comme son symptôme, l’objet qu’il peut aimer et comprendre.

D’où cette formule que la tumeur est une métaphore de ses « larmes  non versées». Mais à propos de quelle perte particulière, les a-t’il  retenues, nous  ne le savons pas.  

  

En tant que malade il veut coexister le moins mal possible avec son affection, lui donner un sens, et peut-être en donner un à sa mort qu’à juste titre il suppose proche. Beaucoup d’affections sont reconnues psychosomatiques mais il est impossible de le  prouver scientifiquement. Le cancer, ce serait irrationnel  de penser qu’il s’est développé  par le seul fait de l’existence d’une névrose.

 

Pour en savoir plus, on eût dû laisser al parole au psychothérapeute, mais celui-là n’a rien su faire de mieux que de lui administrer l’extrême-onction à sa manière profane en lui certifiant que son livre serait publié après sa mort.

 

Révolte, colère, mépris : mais cette révolte fut d’abord rentrée comme en témoigne le 1er chapitre «  Mars en exil ».

 

Mars évoque son enfance et sa jeunesse à Zürich : il est révolté contre sa famille qui l’a «  éduqué à mort ».

Il épingle les formules langagières que ses parents utilisaient lorsqu’ils ne voulaient pas approfondir un sujet. Cependant, il ne dit rien de précis permettant de se faire une idée de ses parents, camarades ou professeurs, et filles «  avec lesquelles les relations n’ont pas marché ». On apprend seulement que son petit frère avait acheté un «  mauvais disque «  le Tango criminel » alors que lui, Mars, n’a jamais osé écouter de mauvais disques , persuadé que la musique classique vantée par les adultes était le bon choix.

Maintenant il regrette le Tango Criminel et c’est trop tard.

Trop tard pour vivre.

Mars a fait un doctorat en langues romanes, est devenu professeur d’espagnol : la langue du Tango Criminel.

 

A part cette métaphore que je trouve belle, il ne met rien en situation, ne relate aucune scène, peut-être parce qu’il craint d’être reconnu.

Il témoigne toutefois avoir toujours été absent à ce qu’il faisait, absent à soi-même. On le ressent dans on écriture, non pas «  blanche » mais sans couleur.

L’écriture mélange naïveté et ironie avec de nombreuses répétitions de phrases aux variations minimes, fourmille de paradoxes parfois un peu faciles :

« Pourquoi aurais-je voulu me suicider, la vie c’est donc différent de la mort ? »

 

En effet, à la vue d’une tumeur qui grossissait rapidement, il n’a pas voulu consulter, attitude suicidaire.

 

S’il avait vécu, , il aurait pu cultiver son goût pour l’aphorisme et écrie des maximes. «  J’ai été éduqué à mort » est une formule qui laisse à penser.

 
 
 
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Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /2006 18:43
- Communauté : SOIF DE LIRE... - Par Dominique Poursin
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