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Musique

Fleur



 













Samedi 29 mars 2008

1- Merlin la donne à Uter Pandragon afin qu'il pénètre dans le château de roiet prenne son apparence pour être accepté dans la couche d'Ygraine, sa femme qu'il convoite. Morgane, la fillette dYgraine assiste à l'étrainte.

2- Après la femme, Uter prend le château, le pouvoir... et les reperd ainsi que l'épée.

3- Merlin vient réclamer son dû : Arthur, fruit de l'union qu'il a permise, et qui doit fonder un royaume. Bien éduqué,devenu adolescent, il s'empare de l'épée fichée dans le roc.

4- Arthur est roi. Mais l'épée se brise lors de la première rencontre musclée avec Lancelot d'où Arthur reconnaît en Lancelot l'ami et l'ennemi. Ils font alliance.

5- la Dame du Lac redonne une épée intacte à Arthur.

6- Lancelot se blesse avec l'épée qui devient l'épée de la Mémoire; et l tombe amoureux de la reine.

7- Lancelot et Guenièvre s'éloignent du château pour consommer leur union. Arthur place l'épée entre eux ( épisode emprunté à «Tristan?») et quitte le royaume.
Chroniqueur de l'aventure, Merlin annonce« le temps du dieu unique».

8- Arthur retrouve l'épée près de Guenièvre retirée au couvent et la reprend.

9- Arthur se débarrasse de Mordred le fils incestueux qu'il a eu avec Morgane; grâce à son épée.

10- Mordred mort, Merlin se débarrasse de Morgane qu'il avait rendue magicienne. Répète sa morale « Le temps des enchanteurs est révolu, voici le dieu unique...»
Rend l'âme pour donner du poids à sa proposition.

11- Arthur retrouve Lancelot mourant sur le champ de bataille et l'assure de son amitié avant de maudire l'épée qui n'a pu sauver ce chevalier. L'épée est à présent faillible.

12- Arthur meurt à son tour, confirmant que l'épée est désormais sans valeur. Le petit valet la ramasse, et va la jeter dans le lac, comme Arthur le lui a fait promettre.

Dans le monde qui va naître, on se passera de l'épée magique.

par Dominique Poursin publié dans : Films anglais commentaires (0)    ajouter un commentaire
Jeudi 28 février 2008
Le-Messager.jpgLe film a été réalisé d’après le roman de Leslie-Pole Hartley.
 

Dans un train roulant à vivre allure, un vieux monsieur célibataire chuchote des bribes de mots à une dame encore plus âgée. Maria veut que Léo parle à son petit-fils d’événements anciens, dans lesquels Léo a joué un rôle important et qui pourraient renseigner ce jeune homme sur sa filiation.

 

Il y a cinquante ans Léo Colston est un garçonnet qui vit seul avec sa mère. Leurs revenus sont modestes. Néanmoins il fréquente une public school, son intégration y est fragile, toutefois Marcus Maudsley, l’un de ses camarades l’invite quelques jours dans la propriété familiale à la campagne.

Léo n’est fier que d’une chose qu’il répète avec anxiété : «  il est un Lion (Léo) et va avoir treize ans le 27juillet ». Il croit aussi à la magie et sait faire des « tours » pour amuser l’assistance. La chaleur, une fois n’est pas coutume, déferle sur l’Angleterre en juillet 1900. Léo ne possède pas de vêtements légers. Marian (Julie Christie), la sœur aînée de David, titille sa virilité naissante. Il tente de gauches manœuvres de séduction à son égard, près de la rivière. Mais, aussitôt apparaît un nageur musclé : le fermier  Ted Burgess qui, au passage, éclabousse tout le monde. Plus tard, Léo se distingue dans un matche de criquet et réussit à se faire rhabiller. Maria lui achète un costume d’été …vert. Ce vert, « green » est un sujet de plaisanterie et de jeux de mots à l’encontre de Léo.

Marian s’intéresse à Burgess, c’est une évidence pour le gamin. Il rôde aux alentours de la ferme.

David attrape la scarlatine et doit garder la chambre. Plus seul que jamais, Léo erre dans la propriété sans la protection  de son alter ego.  Sur une demande de Ted, il accepte de jouer le facteur qui fait circuler les lettres entre Marian et Burgess. La poursuite de cette relation qui doit rester secrète, dépend de lui. Marian est fiancée à  Hugh Trimingham, un jeune noble qui pérore abondamment. Léo ne saisit pas le sens de ses discours, mais  commence à se sentir coupable, tente de se soustraire à son rôle.

C’est trop tard : Marian le menace, et Burgess aussi. Léo tente de tirer sa petite épingle du jeu ; il va trouver Burgess chez lui, avec la lettre du jour, le trouve en train de manier un revolver… Léo admire l’arme (dont suppose t’on, il aimerait se servir à l’encontre de l’homme), essaie de parler à Burgess, de lui faire expliquer ce que sont les relations sexuelles. Le fermier ne sait quoi dire, rabroue l’enfant, le chasse.

David est sorti de sa chambre, et maintenant Léo le trouve embarrassant, la difficulté à remettre les messages devient grande. Le 27 juillet, pour l’anniversaire de Léo, on prévoie de lui offrir un vélo. Mais c’est aussi ce jour là que Marian est en retars pour le dîner, qu’un orage survient, que la mère de Maria surprend les deux amants en flagrant délit dans la grange de Burgess. Lequel se suicide effectivement, tandis que Marian enceinte, épouse Trimingham.

  

 A travers l’évocation du passé, Marian et Léo devenus vieux, surgissent plusieurs fois avec la nouvelle sollicitation de Marian à son égard. Mais Léo ne s’est pas remis des aventures de l’été cinquante ans plus tôt.

Il est resté célibataire, seul, et semble t’il fixé à une attitude de petit garçon, complice d’un couple. Il refuse de parler au petit fils de Marian, de servir à nouveau d’intermédiaire. 

 

Le gamin qu’interprète Léo, Dominic Guard, a une expression inoubliable, l’air traqué, gêné, effrayé, avec son petit sourire d’excuse.

par Dominique Poursin publié dans : Films anglais commentaires (1)    ajouter un commentaire
Mardi 15 janvier 2008

 J'ai  copié ceci sur le site de l'unef , à l'occasion de la projection du film en avant-première:

 Notes de Ken Loach, réalisateur.

Ken Loach s’attache toujours à dépeindre avec réalisme et sans concession la société britannique mais aussi et surtout la classe ouvrière. Après avoir évoqué le conflit anglo-irlandais des années vingt dans LE VENT SE LEVE, il aborde à présent avec IT’S A FREE WORLD le sujet des ouvriers immigrés en Angleterre :

« L’origine de cette histoire remonte au documentaire que j’avais réalisé dans les années 90, THE FLICKERING FLAME, sur les dockers de Liverpool qui luttaient pour leur emploi. La disparition de la sécurité de l’emploi des travailleurs et l’augmentation du nombre d’agences de placement sont des éléments très significatifs sur lesquels on ne communique pas. C’est pourtant un fait explicite de la manière dont la vie des gens a changé, et aussi le résultat d’une décision politique, qui peut être remise en question. Mais il n’y a pas d’opposition là-dessus : le New Labour comme les Tories ou les Libéraux, tous sont pour le marché. Ils sont tous d’accord, c’est cela qu’ils veulent. Cela s’appelle la modernisation, et c’est considéré presque comme une force naturelle : il est normal que les choses évoluent ainsi. Ce que je crois, moi, c’est que cela se produit parce que c’est l’intérêt d’une seule classe, et que l’on nous trompe en nous amenant à penser que c’est de cette manière que l’on doit vivre. Ce n’est pas vrai.

BREAD AND ROSES évoquait les immigrés mexicains à Los Angeles, et JUST A KISS les immigrés de la deuxième génération en Grande-Bretagne. THE NAVIGATORS parlait quant à lui d’un groupe d’ouvriers du rail luttant contre la privatisation.
Le scandale de l’exploitation des travailleurs immigrés en Grande-Bretagne est plus fort que jamais. Ce glissement dans la manière dont on accomplit le travail, l’intérêt de l’immigration et des immigrés, l’existence qu’ils mènent, ce qui les pousse à venir chez nous… Toutes ces routes convergeaient vers ce nouveau film, IT’S A FREE WORLD.

Bien sûr, nous avons pensé aux histoires qui surgissent régulièrement dans les journaux, comme les ramasseurs de coque clandestins d’origine chinoise qui ont péri noyés dans la baie de More cambe en 2004. Ces histoires réapparaissent régulièrement au fil des ans. Mais cette fois, nous avons pensé qu’il serait intéressant de se pencher sur l’attitude et l’état d’esprit des gens qui sont de l’autre côté, les exploiteurs. Faire un film sur les exploités aurait été trop prévisible.

Nous avons choisi de situer notre histoire à Londres parce que c’est là que bat le cœur du capital britannique. Cette question est au cœur du système économique et ce qui est intéressant, c’est l’hypocrisie avec laquelle elle est ordinairement traitée. D’une part, les gens disent que l’économie ne pourrait pas survivre sans la main-d’œuvre de base, sans les clandestins. Et de l’autre, la droite prétend les expulser pour le bien du pays. C’est d’une hypocrisie absolue.

Le scandale de l’exploitation des ouvriers est bien connu. Ce film n’est pas une révélation, il ne prétend pas dénoncer de nouveaux faits mais plutôt défier cette « sagesse » prédominante qui voudrait qu’un esprit d’entreprise sans pitié soit la seule manière pour la société de se développer ; que tout soit une question de contrats, de compétition, qu’on ne raisonne qu’en termes d’économie orientée vers l’acquisition de marchés. Je refuse l’idée que c’est ainsi que nous devons vivre. Cela aboutit à l’exploitation. Cela engendre des monstres. »

Le contexte


Des centaines de milliers d’immigrants sont venus en Grande-Bretagne depuis l’élargissement de l’Union européenne en 2004. Beaucoup ont prospéré. Ils apportent leur pierre à l’édifice, leur écot au Trésor public britannique.

Mais ceux qui n’ont aucune qualification et ne parlent pas anglais, sont devenus une nouvelle sorte de force de travail. Ils sont arrivés en espérant un salaire raisonnable, et en croyant travailler à plein temps. Au lieu de ça, ils se sont retrouvés ouvriers temporaires, ignorant chaque matin s’ils vont travailler ou non ce jour-là, et souvent liés à leur employeur par les dettes et les circonstances.
    
La Grande-Bretagne est ravie de les avoir : ils font le travail que les Britanniques refusent (1). Les employeurs savent que l’économie pâtirait sans ces immigrés, et souvent, ceux-ci sont préférés aux Britanniques, particulièrement dans l’agriculture, l’hôtellerie et la restauration (2). On les préfère parce que les immigrés sont généralement plus qualifiés (3) et qu’ils offrent souvent une plus grande « flexibilité » (4).    
La flexibilité est un bel euphémisme. Si certains travailleurs immigrés ne souhaitent effectivement pas être liés par des contrats de longue durée, le plus souvent la « flexibilité » est synonyme d’une force de travail qui peut être engagée, congédiée, maltraitée et sous-payée en toute impunité.

En contrepartie de cette flexibilité, ces travailleurs ont très peu de droits. Ils peuvent par exemple, se voir proposer des indemnités de licenciement temporaires et non renouvelables. Mais les indemnités temporaires empêchent les travailleurs de faire appliquer leurs droits, car il faut généralement avoir occupé un poste au moins douze mois pour s’opposer à un licenciement abusif (5).

Certains travaillent illégalement. Mais c’est l’une des grandes ironies du système : les caractéristiques d’une économie libérée – les agences de recrutement, l’externalisation et l’intérim, de longues chaînes de sous-traitants – encouragent toutes le travail forcé, le trafic du travail et l’immigration clandestine. Des papiers sont perdus, c’est la faute de quelqu’un d’autre, et tout cela convient très bien à tout le monde. Ce n’est pas une coïncidence si, dans le système actuel, les employés sont punis uniquement pour des manquements administratifs ou pour ne pas avoir des documents certifiés. Si le gouvernement britannique voulait vraiment combattre l’exploitation, les employeurs seraient d’abord condamnés pour abuser des immigrés dans des conditions assimilées à de l’exploitation.

Quelles mesures le gouvernement prend-il ? Dans le cadre de l’Accord de Warwick 2004, le Parti travailliste s’engageait à introduire une législation nationale pour protéger les travailleurs intérimaires, au cas où l’Union Européenne échouerait à atteindre un consensus sur une Directive européenne. Il est à présent évident qu’un tel consensus est très improbable – en partie à cause du désir de certains gouvernements européens de conserver la « flexibilité » de leur marché du travail.

Le 30 janvier 2007, un projet de loi, le Temporary Agency Workers (Prevention of Less Favourable Treatment) Bill, a été proposé par Paul Farrelly, le député travailliste de Newcastle-under-Lyme. Il cherchait à donner aux travailleurs temporaires les mêmes droits que les employés à plein temps sur des questions clés comme les salaires de base, la maladie et les congés payés. Les syndicats du Royaume-Uni croyaient que ce projet de loi s’accorderait à l’Accord de Warwick du Parti travailliste. Mais il n’a pas pu connaître de deuxième lecture le 2 mars, par « manque de temps parlementaire ». De toute évidence, certaines institutions sont plus flexibles que d’autres…

(1) Une étude à Londres du Queen Mary College indique que les immigrés constituent 90 % des travailleurs les moins payés dans les entreprises de nettoyage, l’industrie hôtelière, l’entretien du domicile, et la transformation des aliments.
(2) Home Office, 2006
(3) Dans son étude à Londres, l’institut Evans et al (2005) a trouvé que 49 % des travailleurs immigrés sous-payés ont obtenu une qualification supérieure avant de venir au Royaume-Uni.
(4) Home Office, 2006
(5) JCWI Bulletin, 2005

  Origine : le site de l'UNef 

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par Dominique Poursin publié dans : Films anglais commentaires (0)    ajouter un commentaire
Dimanche 13 janvier 2008

It-s-a-free-world2--copie-1.jpgxIt’s A Free World Ken Loach

 
 
 
Londres de nos jours.
 

Une jeune femme de 33 ans, Angie, recruteuse dans une anpe privée, est victime de harcèlement sexuel de la part de ses patrons? Ne voulant pas leur céder, elle perds son emploi.

 
 
 

Avec son amie Rose, égalment malchanceuse professionnellement, elle monte leur propre agence de recrutement dans l’arrière-cour de la brasserie qu’elle connaisse. Elles fournissent à des entreprises diverses, une main d’œuvre bon marché, de travailleurs immigrés. Ceux-ci sont en situation précaire, et même se retrouvent «  journalier » comme on disait autrefois !

 

Bientôt, elle doivent élargir leur recrutement aux sans-papiers, aux clandestins, voire à des réfugiés politiques ( ne bénéficiant pas de l’asile politique). Angie prévoit de travailler légalement dès qu’elle en aura les moyens mais cette issue heureuse se fait attendre, d’autant plus que, apparemment, les agences qui font travailler les clandestins, bénéficient d’une relative immunité.

 
 
 

Angie se venge de ses humiliations précédentes : elle est son propre maître, c’est elle aussi qui se choisit, parmi les travailleurs qu’elle recrute, des hommes sexuellement plausibles pour un soir, à l’occasion.

 
 
 

Si les autorités ferment les eux, le métier n’en est pas moins dangereux, Angie se fait molester par des ouvriers qu’elle n’a pu ou voulu payer, et qui, en outre, ont eu des accidents du travail, pour lesquels ils n’ont pu se faire soigner.

 

Elle continue, infatigable, quitte à se retrouver en contradiction avec elle-même : un jour, elle fait  chasser d’un bidonville des sans-papiers, pour y loger  un groupe de travailleurs clandestins qu’elle va placer dans  des entreprises. Dans ces victimes se trouve une famille qu’elle a autrefois hébergée…

 

Cette Angleterre que l’on nous montre, alors que Tony Blair fait sa publicité pour devenir gouverneur de l’Europe, est victime de l’ultra libéralisme. La grande majorité des gens travaillent énormément, dans de mauvaise conditions, pour de très mauvais salaires, sans couverture sociale (contrairement à ce que prétend Michel Moore dans Sicko qui voit la Grande Bretagne comme un paradis au niveau des soins médicaux).

 

Les Anglais, tels qu’Angie, se retrouvent souvent exploiteurs et exploités en même temps.


J'ose confesser que malgré son comportement fâcheux, j'ai bien aimé cette femme, vive, énergique, pleine de vie, comme d'ailleurs la jeune pianiste dans " Just A Kiss" ( un film plutôt mal accueilli,  et que je n'avais pas osé défendre).

Chez Ken Loach, il y a aussi un autre type  de personnage féminin,  des femmes vaincues par la société, déprimées, en pleine détresse physique et morale comme la mère du jeune garçon dans Sweet Sixteen, ou encore  la jeune fille de Family Life : on ne les oublie pas aisément non plus...

 
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par Dominique Poursin publié dans : Films anglais commentaires (2)    ajouter un commentaire
Jeudi 12 avril 2007

Stephen Frears «  Les Liaisons dangereuses » 1989

Lundi  9 avril 07 Antenne 2.

Les Liaisons , un roman du dix-huitième siècle, avant la Révolution,  resté fameux mais qui possède les inconvénient du récit épistolaire, lequel est souvent  un piège pour le romancier.

Nous attendons autant de tons et de voix qu'il y a de personnages qui écrivent,  comme  au théâtre, puisque chacun  écrit en son nom. Mais l'on ne trouve pas cela dans les «  Liaisons » ; chacun des personnages même les protagonistes  écrivent toujours la même lettre. Bien sûr ces lettres sont distinctes parce qu'on y adopte le point de vue et  les sentiments du correspondant en question  mais le style du narrateur ne change pas de l'une à l'autre.

 Même lorsque l'un ou l'autre écrit «  c'est bien de vous cette phrase «  ou encore «  maintenant vous parlez un autre langage », pour convaincre le lecteur...

Le problème est le même dans les romans où le récit est pris en charge  par  plusieurs personnages qui s'expriment  tous à la première personne du singulier en une  suite de narrations alternées. Plus les personnages sont nombreux moins on est convaincus ! Je l'ai déjà dit à propos de Pascal Dessaint un auteur de polars contemporain qui possède un certain savoir-faire mais  manque de crédibilité  sur le récit à plusieurs personnages. Choderlos de Laclos ne fait pas mieux que lui.      


Dans l'adaptation cinématographique de Stephen Frears nous avons la satisfaction de voir enfin des êtres différents parler un langage qui, pour être le même ( il a repris le texte avec une grande fidélité), n'est pas énoncé de la même façon,  sort de bouches différentes, se diversifie d'expressions diverses.  Pour le lecteur qui manque d'imagination, comme moi, ce film est une vraie chance de goûter enfin les "Liaisons."


Le cinéaste présente les  deux personnages principaux : Merteuil et Valmont. La marquise se tient bien droite l'œil fier et regarde vers Valmont ou ver son avenir come si elle regardait le téléspectateur. Elle se fait habiller poudrer lacer le corsage, farder. Valmont fait de même mais il baisse les yeux, évite de dévisager le spectateur, et la marquise en signe de ( faux)  respect. St. Frears a choisi de montrer la marquise fière et conquérante et Valmont déjà prêt à ce futur combat inutile : c'est sur son épée qu'il baisse les yeux.

Chacun enfile un masque au cours d ‘un long rituel se préparent pour une joute costumée.


On entre tout de suite dans le conflit qui oppose les deux protagonistes. : Merteuil propose « une affaire » la séduction de Sécile de Volange et l'humiliation qui en découlera pour la famille de cette gamine que l'on veut marier.  

Valmont refuse parce qu'il est déjà occupé ailleurs  par Mme de Tourvel. Ces informations sont données avec un maximum de rapidité et d'efficacité. Nous ne subissons pas les longues lettres alambiquées.

Le couple Merteuil-Valmont : ils vivent de se prouver l'un à l'autre leur amour en réalisant des « affaires » libertines. L'affaire Volange est une preuve d'amour que Merteuil demande à Valmont, d'autant plus que, ce faisant, il doit  la venger, le futur mari de Cécile étant l'ennemi de la Marquise. Cécile est une victime à  sacrifier par Valmont  sur l'autel de la Marquise.

 Merteuil  qui veut avoir un rôle actif, joue le même jeu que Valmont mais sans lui donner ses proies.

Ce couple  fonctionne ainsi, ce n'est pas aussi original que le croit Merteuil dans sa célèbre Lettre où elle pense être en train de venger les femmes. Elle a essayé comme bien d'autres, mais, en dépit de contexte libertin, l'union avec Valmont  est structurée de telle manière qu'elle dépend de lui comme lui d'elle.

L'intrigue c'est que Valmont est en train de se détourner de Merteuil pour Mme de Tourvel . il n'agit plus pur le compte de la Marquise mais pour le sien propre ; et cela  va rompre le contrat qui les liait. Valmont feint  de n'avoir pas changé «  Vous allez voir comme je vais susciter votre admiration par une action plus difficile que d'ordinaire ».

N'est-il plus amoureux de la marquise ? Veut-il se détacher de son emprise en prenant Mme de Tourvel comme prétexte ?

Leur échange de regards ratés témoigne d'un couple qui se défait.

Surtout le regard de Valmont qui, sans cesse se dérobe, intéresse le spectateur. Que nous cache t'il ? 

Car ce couple qui se veut libre est ligoté par cette contrainte qu'ils se donnent  de séduire et  corrompre une victime désignée par l'autre.

C'est en tout cas un échec : il est contraint de se battre pour la Marquise et de mourir pour elle, non  sans  s'être vengé. La Maquise doit faire retraite et change son masque pour celui de la petite vérole...

Merteuil et Valmont, libertins, s'enorgueillissent de leur perversité. Mais ils sont bien plus vertueux qu'ils ne le croient  car  n'hésitant pas à s'acheminer aveuglément vers une fin tragique.

Merteuil pense être au-dessus des autres femmes. Erreur ! Elle se conduit comme une femme amoureuse : elle croit ourdir des machinations pour son plaisir : elle le fait pour Valmont et c'est pour lui qu'elle se perd.

Hait-elle la société ? Oui mais tous les amoureux  la haïssent pour ne voir que l'objet de leur amour.

Si Valmont meurt pour Merteuil même sans l'avoir voulu, c'est sans doute que l'amour pour elle était la chose importante. On ne croit pas à son attachement pour Mme de Tourvel.

Il faut dire que si les deux acteurs principaux ( Glenn Close et John Malkovich ) sont excellents, Michelle Pfeiffer dans le rôle de Mme de Tourvel n'a pas beaucoup de piquant ; quand on pense que Pfeiffer signifie « poivre ».... !

Les liaisons dangereuses ne sont rien d'autres que les liaisons amoureuses : c'est l'amour qui est dangereux.







par Dominique Poursin publié dans : Films anglais commentaires (0)    ajouter un commentaire
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