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Mercredi 26 mars 2008
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Elle est mignonne, voire jolie, piquante, théâtrale, s'habille avec une négligence très étudiée, se balade avec une pipe à la bouche, fourmille de réparties cinglantes et cocasses. On l'a appelée Juno parce que c'est le nom de l'épouse de Zeus...mais son petit ami ne sort pas de la cuisse de Jupiter. N'empêche : elle  a réussi à lui tomber son short orange  sur un fauteuil dans une clairière.

La voilà dans un état intéressant et comme elle adore faire son intéressante, elle ne se trouble pas de trop.

Décidée à se faire avorter, Juno renonce après avoir vu des femmes enceintes stressées dans le salon d'attente, et rencontré une amie « pro-life », brandissant une pancarte «  Laissez-les vivre », qui lui assure que son fœtus a déjà des ongles...

Elle va donner le fruit de ses entrailles à couple stérile, sans contrepartie, et sans savoir ce que deviendra le bébé.

Le personnage de Juno,  que l'on ressent marginale, impertinente, ne colle pas  avec ce geste.

 Même si l'adolescente est satisfaite d'être le centre des regards et des conversations, même si elle croit avoir trouvé le couple idéal qui s'aime et aimera l'enfant.

Ce film  sonne  comme un manifeste anti-avortement. Juno, personnage attractif,  dont les faits et gestes sont  rythmés  d'une bande son de vieilles chansons folk, est là pour faire passer la pilule,  et l'on voudrait nous faire croire  qu'une fille intelligente, aux idées libérales, sans penchant particulier pour la religion,  ferait de gaieté de cœur un tel sacrifice : supporter neuf mois de grossesse, et un accouchement, pour renoncer au bébé, auquel on s'attache, pendant tout ce temps-là, si on a décidé de le garder. 

J'espère qu'aucune  jeune fille ne tombera dans le panneau.

par Dominique Poursin publié dans : Films américains commentaires (6)    ajouter un commentaire
Lundi 17 mars 2008

Daniel Plainview, pionner besogneux et hardi, trouve du pétrole au fond d’un trou, dans lequel il cherchait de l’or. De trou en trou, au péril de sa vie, il finit par mettre sur pied un pipe-line et s’entoure d’ouvriers.

Paul Sunday, venu de Californie, se fait payer une certaine somme pour l’informer de la présence d’un gisement de pétrole sur le terrain où vit sa famille, en Californie.

Daniel s’y rend avec son fils adoptif HW, nourri au lait et au whisky,  et y trouve une famille de paysans extrémistes chrétiens, que Paul a bien fait de larguer. En effet,  Ely son frère, est un prédicateur illuminé et un tyran domestique de la pire espèce. Daniel et lui entrent en conflit, lors qu’Ely insiste pour promouvoir sa secte de «  la troisième révélation ».

Cependant, l’exploitation du pétrole commence. Daniel a promis aux villageois de la région que l’exploitation des gisements allait apporter «  la richesse, la culture du blé, l’éducation pour les enfants, de l’emploi pour tous ».

Mais... il s’enrichit, les terres restent arides, et les gens n’auront rien d’autre que la religion! On connaît la chanson...! l'intérêt du film n'est pas de nous montrer que le grand patron n'est pas altruiste. Le serait-il que cette histoire paraîtrait invraisemblable.

Les mentalités n’évoluent pas : Plainview est un gagneur, qui se plaît au combat et ne se reconnaît que des concurrents à abattre.

 Daniel est même obligé de se faire baptiser et d’avouer ses «  péchés » pour avoir le droit de creuser sur les terres d’un vieux paysan entêté.

Une explosion de gaz provoque la maladie de son fils qui devient sourd.

 A partir de ce moment, Daniel devient féroce,  alcoolique et même criminel…

 
 

Le film insiste sur le caractère solitaire de Daniel qui rate ses rendez-vous avec les autres s’il réussit celui avec la fortune ; son frère qui vient pour travailler avec lui est un faux frère, il le savait depuis le début mais leur relation s’envenime. Il se détache de son fils (adopté par intérêt mais auquel il s’était attaché) lorsqu’il devient sourd, l’abandonne dans un train, la retrouve pour finir par l’agonir d’injures.

Il aura raison du prédicateur, lui jetant ses vérités à la figure, avec verve. Je dois dire que dans sa cruauté finale  à l’égard de cet illuminé, il fait rire…

 

Dans l’ensemble le film est angoissant. La bande sonore y joue un rôle majeur, multipliant les bruits fort, assénés, les crissements, les sons de coups de pioche répétés, des cliquetis et des grincements insistants. De temps à autre, un silence de plomb tombe sur nous, pour figurer la surdité du garçon, et alourdir l’atmosphère. Cette surdité pèse sur nous.  Vrai, l’effet est impressionnant,  je me suis sentie sourde !!

Le film est très riche : bien que l’histoire soit fort simple et traitée de façon linéaire, que la longueur soit au rendez-vous (2heures 40) on ne s’ennuie pas.

La façon de filmer les détails les plus élémentaires de l’existence les rend fondamentaux,  retient toujours l’attention. Les scènes d’action, la contemplation des paysages et de l’incendie du pipe-line, les dialogues brusques et vifs, les scènes de conflit nombreuses et ouvertes, rien n’est de trop. 

Paul Thomas Anderson (jeune cinéaste de 37 ans) dont j’avais vu Punch Drunk Love, drôle de film d’humour noir, stylisé, sur un célibataire aux prise avec des sites de rencontre, s‘attaque à un «  grand » sujet, conquiert l’espace américain avec bonheur grâce à cette étonnante anti-épopée. Le voilà dans sa maturité.

 
 
 
 
par Dominique Poursin publié dans : Films américains commentaires (1)    ajouter un commentaire
Mercredi 27 février 2008

rodeur.jpgJoseph Losey Le Rôdeur ( The Prowler) 1950.

Ce film américain est considéré comme appartenant au genre “noir »

Susan Gilvray passe ses nuits à la maison en compagnie de son speaker de mari qui est disc-jockey à la radio, payé pour procurer aux auditeurs des distractions.

Cette voix sonne comme un agréable rappel à l’ordre et elle est tenue de l’écouter. Son époux l’interrogera sur ce qu’il a dit. Elle agrémente ce cérémonial d’un verre de whisky, assise sur le lit conjugal, un livre ouvert devant elle.

 

Depuis quelques jours, elle croit avoir vu un rôdeur près de ses fenêtres. La police est appelée ; deux agents se présentent pour monter la garde. L’un d’entre eux Webb Garwood n’est pas un inconnu pour elle ; ils étaient ensemble au collège…

Elle l’invite à boire un verre la nuit suivante pour causer encore un peu. Ils coupent le son et deviennent amants, d’autant que Susan hériterait de son mari en cas de décès. Webb veut s’enfuir avec elle, quitter la police, ouvrir un motel… changer de vie.

Elle s’attache à lui, comme prévu, mais tarde à accepter le plan, et  il lui fait du chantage au suicide.

  Un soir que, par extraordinaire, le mari  était à la maison, Webb qui espionne dans les alentours,   l’attire  dehors, le  tue en légitime défense, faisant mine de l’avoir pris pour le fameux rôdeur,  et se blesse avec l’arme.

Susan ne sait plus que croire, mais il la convainc qu’il ne l’a pas tué volontairement.

Mariage, installation à Las Vegas.

Avant la mort de son mari, elle était tombée enceinte de Webb, et hésite à le lui dire…

 
 
 
 
 
 

Il lui fait une scène, l’emmène dans le désert pour l’accoucher lui-même. Cette fois, elle s’est procuré un revolver et le tient en joue.

Il a peur autant qu’elle, fait venir un toubib parce qu’il ne veut pas qu’elle meure et que ça se sache. Au médecin, elle remet l’enfant, un bébé qui a eu l’à propos de naître lorsque l’infortuné et criminel père s’était un peu éloigné.

Pour la dernière course-poursuite, le médecin chargé de l’enfant , échappe à l’homme.

Le criminel s’effondre durant la scène d’explication finale «  j’ai tué pour quelques dollars ! »

Il se sauve dans la montagne et se fait tuer. On comprend que cet homme là tout occupé de ses machinations, n’a pas pris le temps de se rendre compte qu’il était marié à une jolie femme, et qu’ils auraient pu fuir et vivre ensemble avec ce bébé conçu trop tôt.

Le criminel rate son coup, car on se rend compte que, contrairement à ce qu’il dit, il n’a pas tué pour quelques dollars. Sans le savoir, il s’est attaché à la femme, n’a pas su la quitter au moment propice.

Une histoire misérable, un petit flic pitoyable, une femme un peu niaise, et amoureuse. Un nouveau né rusé. La nuit, souvent  et le désert (de jour). Pas un instant d’ennui.

 
par Dominique Poursin publié dans : Films américains commentaires (1)    ajouter un commentaire
Mardi 26 février 2008

Wim Wenders Paris Texas ( 1984)

 
Le sous-titre est «  Fancy Woman ». 
 

Travis arrive du désert, malade et muet, probablement amnésique et  débarque chez  Walt , son frère. Ils ont recueilli Hunter, son fils de 4 ans.

 

Walt est colleur d’affiches et Travis, en attendant de se remettre l’accompagne dans ses trajets. Il observe intensément, ce nouveau décor où se découpent des silhouettes. La grande ville fait oublier le désert. Juqu’à ce que Travis, perdu depuis quatre ans ne commence à parler pour dire à Walt qu’il veut aller à Paris. Son frère le croit délirant. Travis exhibe une petite photo : c’est Paris, Texas, morceau de désert, sa patrie, lieu vide, et lieu où ses parents se sont jadis rencontrés, et où il a été conçu.

 

Nous comprenons aussi que le père de Travis se complaisait en plaisanteries sur Paris, lui laissant croire au gamin, qu’à Paris, en France, il avait rencontré des femmes «  légères » des «  fancy women ».

 

Travis vit à nouveau avec son fils et Walt. Il tourne en rond. Il veut repartir avec Hunter, se promettant de retrouver Jane, sa femme et la mère d’Hunter. On sait que Jane travaille à Houston car elle envoie de l’argent tous les mois pour Hunter.

 

Jane est devenue une «  fancy woman ». Elle travaille dans un peep show, une maison de passe améliorée, où les clients viennent lui conter leurs histoires derrière une glace sans tain. Ils la voient et elle évolue en conséquence.

 

Travis prend un ticket et devient client. Il accuse Jane de se prostituer. Elle ne répond ni oui ni non. Et il repart, désespéré.

 

Le soir suivant, il revient à la même place, et relate un scénario : il raconte à Jane lé récit de leur aventure conjugale douloureuse qui s’acheva par la rupture.

 

Il fait ce récit à la troisième personne. Jane va le reconnaître progressivement. Nous écoutons cette histoire : Travis était d’une jalousie pathologique. Il la séquestrait, craignant qu’elle ne devienne une dévergondée, une femme de Paris, France, une de ces femmes que son père évoquait lorsqu’il était enfant. 

 

La rupture fit que Jane devient effectivement ce qu’il avait craint et lui avait donné l’idée de devenir.

 
Elle s’est conformée à cette image qu’il avait d’elle
 
La réminiscence est un moment émouvant. Nastassia Kinski est troublante.
 

Travis laisse son fils à sa femme (elle croyait quelle n’y avait pas droit) et repart vers la quête de ses origines.

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par Dominique Poursin publié dans : Films américains commentaires (1)    ajouter un commentaire
Jeudi 14 février 2008
Un film de Ethan et Joel Coen, d'après le roman de Cormac Mc Carthy.
 

 A la frontière mexicaine, côté Texas, Llewyn Moss, qui  vit chichement dans une caravane, découvre, lors d’une sortie de chasse à la biche, une brochette de dix à douze malheureux cadavres, copieusement ensanglantés,  à l’air stupide de ceux qui se sont  figés pour l’éternité sans avoir eu le temps de prendre une petite pose. Sur la scène macabre, il recueille, dans une camionnette, les ultimes borborygmes d’un pas tout à fait mort,  détrousse les défunts, et, outre de la drogue,  tombe sur une  valise bourrée de billets de banque, de quoi faire nettement mieux qu’arrondir ses fins de mois. C’est son jour de chance, mais il risque de le payer plus cher que tout l’argent contenu dans la valise si l’on considère que rien ne vaut la vie… il se saisit du magot en dépit du danger.

En effet le mec à qui appartient la valise a embauché un tueur à gage d’un genre particulier : un  mexicain énigmatique qui assassine tous les gens qu’il trouve sur sa route avec une arme à air comprimé, destinée à estourbir les bœufs dans les abattoirs. Il l’utilise  également pour casser toutes les serrures.

Llewyn envoie sa femme au loin, dans sa famille, et quitte la caravane. Une course-poursuite de grande qualité s’ensuit,  au travers d’un parcours  constellé d’émotions fortes, d’hémoglobine. Les savants effets de clair-obscur  font rayonner ces scènes d'action.
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Le tueur porte un nom étrange non mémorisable. Llewyn l’appelle «  Sugar », par dérision.  C’est le genre de type qui, si vous le croisez,  à priori  ne vous effraie pas,  mais vous intrigue. Il n’a pas l’air d’être avec vous, ni l’air plongé dans ses pensées: sa présence est évidente, mais nimbée d’une sorte de vide  dans l’expression,  dans le  sourire neutre, sur la face : vous avez le temps de penser ça : « tiens, il y a un petit truc qui cloche chez lui… »  avant de passer ad patres…

 Cependant, il fait grâce au  tenancier du comptoir,  chez qui il est venu prendre de l’essence : il lui propose de jouer sa vie à pile ou face. L’homme qui n’a rien à perdre, accepte.

Le visage de Sugar est figé comme un masque. On peut penser qu’il est là pour venger la population mexicaine,  mais il tue aussi des gens du pays.  Il m’apparaît comme la représentation de la mort en personne. Il est indestructible. Sérieusement blessé, il revient sans trop d’efforts à la vie.   

Le shérif (Tommy Lee Jones),le " vieil homme" du titre,  flic sexagénaire usé,  suit l’affaire sans pouvoir réellement enquêter. Ce problème dépasse les compétences des autorités légales.  Il fait de la philosophie, et raconte sesTommy-Lee-Jone-No-Country.jpg souvenirs,  en voix off et en personne.  Où sont passées les vraies valeurs ? Est-ce que Dieu pense à lui, dans ses moments perdus, et croit-Il encore en l’Amérique ? Il ressemble au personnage qu’il jouait dans « les Trois enterrements de Melquiadès » mais n’a plus envie de donner des leçons et se plaît dans une mélancolie désabusée, petite musique triste et douce qui vient en contrepoint des scènes de feu et de sang, les ponctuant.

 

J’aime bien la séquence ou Moss, blessé, les vêtements maculés de sang, rencontre deux jeunes gens et paie l’un d’entre eux pour un blouson qui masquera sa misère.  La séquence se répète, plus tard  avec Sugar, lui-même ensanglanté, qui va  croiser  deux gamins, et l’un deux lui donnera sa chemise, avec élan.   Ces scènes sont de bons sketches  pour parodier la charité chrétienne. La façon dont les passants réagissent face à l’homme en sang (d’abord faire comme si de rien n’était, puis tout de même proposer timidement de l’aide) et le fait que l’on donne sa chemise au tueur, mais que l’on vend un blouson au brave type…

 

Dans l’ensemble, on prend plaisir à ce film. Les frères Coen se servent avec habileté des ficelles du road-movie et du western.   

 
par Dominique Poursin publié dans : Films américains commentaires (4)    ajouter un commentaire
communauté : SOIF DE LIRE...
Dimanche 20 janvier 2008
Sean Penn Into The Wild, film américain 2008.Into-the-Wild-2006-2.jpg
 
 
 

Basé sur un roman de Krakauer qui relate une “histoire vraie » celle que Christopher Mc Candless, fraîchement diplôme de l’université, entreprend en 1990, un voyage en stop, quittant sa Virginie natale pour le Colorado, l’Arizona, la Californie, avec pour but de survivre en milieu naturel  dans un environnement difficile, l’Alaska, aventure qui lui sera fatale.

 
 
 

Chris n’a pu raconter son histoire de vive voix mais il a laissé un journal de bord dont le romancier, puis le cinéaste s’inspirent pour mettre en image et en dialogues son périple.

 

Ce qu’il raconte est assez banal : il en a marre de la civilisation et veut se mesurer aux éléments naturels, où se trouverait la vraie vie. Il part avec trois livres Tolstoï, Jack London, et Thoreau (ce dernier était très apprécié des hippies), auteur de Walden ou La Vie dans les bois.

 

La narration est alternée : Jena, la sœur de Chris s’exprime aussi sur les faits et gestes de son frère, et relate une version assez différente : Chris serait parti comme on fuit parce qu’il était perturbé par une enfance et une adolescence marquée par les disputes violentes des parents et leurs mensonges vis à vis des enfants. Mais, objecte t’elle, «  seul Chris pourrait raconter son histoire telle qu’il l’a vécue ». Oui, mais le fait-il ?

 
 
 

 La photo de paysage : Ce pourrait être intéressant si la mise en scène était bonne. Le cinéaste utilise la photographie de manière souvent fâcheuse ; comme une série de cartes postales à grand effet. Les blés sont trop jaunes, la rivière trop argentée, les flots trop brillants, les montagnes trop blanches et trop escarpées. Le cadrage non plus, n’est jamais original. Les passages au ralenti ennuient dans un film semblable.

 
  
 

Le personnage de Chris : il est inconsistant, avec sa tête de brave garçon au gentil sourire et restera peu expressif jusque dans l’agonie.

 

Il a l’habitude d’ouvrir les bras et de crier sur les hauteurs pour entendre son écho lui répondre avec une évidente satisfaction.

 

 Tout le long du parcours il va se réciter des phrases de ses auteurs favoris, comme des mantras. Je n’ai pas retenu ces citations qui sont nombreuses, pas un seul mot ; je peux seulement dire qu’elles m’ont paru pleine d’une naïve exaltation que je n’ai pas partagée. Bizarrement je n’ai retenu que le discours de sa sœur !

 

C’est énervant de le voir brûler des billets de banque (une manie chez ceux qui n’ont jamais manqué de rien).

 
 
 

Les rencontres : Chris va faire la connaissance d’une femme, dont le fils est parti sans laisser de nouvelles (comme lui), d’une très jeune chanteuse folk, Tracy, qui veut se donner à lui mais il n’accepte pas à cause de son âge, et se montre réservé, lui qui est tout sauf prudent…

 

Et finalement d’un septuagénaire sans famille, qui voudrait l’adopter, et l’emmène jusqu’en Alaska. Il se montre aimable avec tout le monde, peut-être voudrait-il une nouvelle famille ?

 
 
 

Et là, arrivé au but, se révèle la tendance suicidaire du jeune homme. Il s’installe dans un bus et rencontre des problèmes de ravitaillement. Bien que son grand-père adoptif lui ait donné un équipement de pêche, et que la rivière soit proche, il ne s’en sert pas. Il fait usage de son fusil pour tuer un élan, mais a la mauvaise idée de mettre les morceaux de viande dans un trou de terre, où les vers viennent grouiller ; s’il les avait conservés dans l’eau, il aurait eu de meilleures chances de les garder. Enfin, il s’empoisonne avec des plantes vénéneuses,  n’ayant pu acquérir en si peu de temps une faculté de reconnaître ce qui est mangeable.

 

On attend un  film d’apprentissage et l’on a une course au suicide.

 
 
 
 
 
 
 
 
par Dominique Poursin publié dans : Films américains commentaires (5)    ajouter un commentaire
Mardi 11 septembre 2007

La-Corde.jpgAlfred Hitchcock La Corde ( the Rope , 1948)

Un crime vient d’être commis par deux jeunes gens, Brandon et son bras droit Philip.

Dans la salle à manger de l’appartement à New york, ils ont étranglé un de leur camarade David, et l’enfouissent dans un coffre.

Ils ont organisé une fête pour les amis et parents de la victime, et leur professeur est invité.

Brandon veut dresser le buffet sur le coffre.

Brandon a pris au sérieux les théories de son professeur Rupert Cadelle selon lesquelles une élite peut s’arroger le droit de tuer des êtres jugés inférieurs qui ne serviraient en rien à la société et lui seraient de ce fait nuisibles parce qu’inutiles. La terrible théorie est celle que l’on peut lire aussi dans Crime et châtiment pour ne citer qu’un exemple.

Tuer simplement pour être le maître. Alors que, pour être le maître il existe de nombreuses procédures d’intimidation, (des discours…) directement autoritaires ou dissimulées derrière une avalanche de bons sentiments. Qui suffisent la plupart du temps.

Philip a obéi à son ami plutôt par force et nous ne connaissons pas ses propres motivations. Jamais ce complice ne semble se soucier des théories du professeur.

Le choix de la victime n’a pas été arbitraire, David était le préféré du professeur.

La mise en pratique de la théorie de Rupert pourrait n’être qu’un prétexte pour éliminer un autre étudiant dont ils sont jaloux. En effet David, était plutôt un âtre supérieur suivant le point de vue du professeur en tous cas.

En même temps le désir d’offrir à cet enseignant une victime sacrifiée semble patent chez ces deux jeunes psychopathes.

Au cours de la soirée, les assassins cherchent à faire énoncer à leur professeur la fameuse théorie et se rendent compte qu’elle est plus ambiguë qu’il n’y paraissait.

Ils sont contraints de se munir d’un revolver pour le laisser prendre connaissance de l’acte, lui montrer la victime sacrifiée. Rupert est obligé, quoiqu’il repousse le moment de les croire, d’apprendre la vérité, et de se sentir responsable. On l’a mal compris, on lui renvoyé ses paroles en pleine figure…

Temps : une soirée. Un seul plan prolongé (apparemment, en fait les spécialistes en repèrent plusieurs mais beaucoup moins qu’il n’en faut pour une film normal)

Cette technique fait que le film dans son déroulement ressemble à du théâtre filmé par une caméra qui accentue habilement le suspense.

par Dominique Poursin publié dans : Films américains commentaires (0)    ajouter un commentaire
Dimanche 27 mai 2007

oiseaux-bosch.jpgMélanie Daniels , jeune femme aisée, coquette,  citadine, veut épouser  Michael qu’elle a rencontré dans une oisellerie :  sa petite sœur réclamait des « inséparables » et il  a promis d’y réfléchir.

  Mélanie en a fait l’acquisition et se rend chez lui, sur une île,  à bord d’un  bateau, porteuse  de ce cadeau officiellement pour la fillette, implicitement pour Michael  une cage contenant des «  inséparables » (en anglais « love-birds »). Ce présent est l’équivalent d’une lettre d’amour. Assez bien reçue, Mélanie s’installe dans la propriété, où vivent également la mère du fiancé et sa jeune sœur. Alors les oiseaux commencent à attaquer les humains ; d’abord les corbeaux, puis d’inoffensives mouettes, et même des martinets et des moineaux.

Ils font des morts et des blessés.

La révolte des oiseaux est un mythe ancien. Une malédiction qui tombe sur l’homme pécheur et un fléau biblique s’apparentant aux sauterelles sorties du bâton d’Aaron pour s’abattre sur le pays d’Egypte.

  Contrairement  à Psychose, son film précédent   dont  le climat très angoissant n’empêchait pas une explication rationnelle d’intervenir pour tout expliquer,  les Oiseaux sont le premier film d’Hitchcock à faire intervenir le fantastique  sous la forme  du  surnaturel.  

 

     Dans ce film le thème de l’intrigue amoureuse se mêle à la révolte aviaire, ces martinets menaçants qui noircissent les fils électriques des poteaux télégraphiques, des antennes, de toute la contrée.

Michael, le fiancé a commencé par résister à Mélanie. Celle-ci apprendra par une institutrice du village (future victime) qu’elle a tenté, avant elle, de séduire Michael et s’est heurtée à la mère du jeune homme.

La cage aux love-birds désigne t’elle Michael et Melanie ou Michael et sa mère ?

Il s’agit bien d’une révolte contre la mise en cage : les oiseaux devenus prédateurs obligent tous les villageois à s’enfermer, à mettre des protections à leurs fenêtres. Cernée par une volée de féroces moineaux, Melanie doit trouver refuge dans une cabine téléphonique hermétiquement close.

Les love-birds eux-mêmes ne participent pas à la révolte bien qu’ils en soient à l’origine.

 

Le film se clôt lui-même sur un paysage de crépuscule et lunaire. Michael emmène Melanie, blessée à l’hôpital, :les milliers d’oiseaux, noirs, postés partout sur les branches, sur le sol, en rang serrés, ou formant des tapis compacts, surveillent la scène et la jeune sœur de Michael les suit avec la cage aux love-birds qu’elle a pris en affection.    

 
 
par Dominique Poursin publié dans : Films américains commentaires (1)    ajouter un commentaire
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