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Films f rançais

 

Ce film reprend le canevas de «  Rendez-vous » avec ce jeune provincial qui monte à Paris avec l'idée de devenir acteur.

A la différence de Juliette, le héros, Pierre ne va jamais être à la hauteur des cours de théâtre qu'il s'obstine à prendre. Manquant de culture, il ne réussit qu'à ânonner le monologue d'Hamlet, et ne se sent pas d'approfondir sa lecture afin de voir plus clair dans son jeu.

 

Recueilli par un quinquagénaire à qui il plaît ( Philippe Noiret) avec qui il va passer les fêtes de fin d'année, on le surnomme «  l'ange de Noël ». Il trinque avec l'ami de Philippe Noiret, et un autre jeune homme de son âge lui affirme que le seul moyen de bein s'en sortir lorsque l'on est dans la précarité, c'est de se prostituer. Si l'on reste entièrement passif, on ne se déshonore pas...

 

D'où la nécessité d'entrer en matière par « j'embrasse pas ».

 

Pierre travaille tout d'abord à l'hôpital, puis dans un Fast-food, se fait renvoyer pour des retards répétés et manque d'intérêt pour le job,tandis qu'au cours d'art dramatique, il décroche pour de bon.

 

Par désespoir ou provocation, il va se prostituer tout de même. Et aussi pour revoir une jeune fille en manteau rouge,coiffée comme Louise Brooks qui s'est un moment penchée sur lui, lorsque dans un cabaret, il avait reçu un mauvais coup.

Il faut dire aussi que notre héros en est réduit à coucher sous les ponts et s'est fait voler le peu qu'il possédait.

 

Ce jeune hopmme au visage buté ( bonne interprétation de Manuel Blanc) intéresse uune femme de soixante ans avec qui il a une liaison un peu forcée. Sa carrière de gigolo s'interrompt vite cependant. La mère de cette dame ayant décidé d'agir contre les fréquentations de sa fille en se laissant tomber d'un fauteuil roulant. Morte? En tout cas, rongée de culpabilité, la femme mûre rend à Pierre sa « liberté ».

 

Désormais retourné à la rue, ce n'est pas labelle jeune femme qu'il va croiser sur le trottoir,mais son épisodique bienfaiteur Romain. Ce dernier l'emmène chez lui, puis en Espagne, en fait son secrétaire, lui donne quelque argent, mais refuse le marché sexuel. Pierre le quitte, retourne au trottoir. Il gagne un peu plus, et rencontre enfin la belle Ingrid lors d'une soire au poste de police. Le lendemain, ils veulent avoir une relation sexuelle,mais Pierre n'y parvient plus. Et Ingrid se sauve rapidement: elle a un mac...

 

Cette lamentable histoire se termine mal: Pierre s'engage dans l'armée comme son frère avant lui. Tous les soirs il se parle devant la glace dans les toilettes se traite de tous les noms. Un autre soldat aussi se parle dans le miroir à ses côtés, mais c'est pour se dire des phrases agréables du genre « tu es le meilleur, on t'aime, on tient à toi, tu as un grand avenir... « 

Ce que sa famille lui disait avant de l'abandonner lâchement...

 

 

 

 

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Mardi 22 septembre 2009
- Par Dominique Poursin

Arte, film diffusé le 16 juillet.


L'histoire : Fontaine Leglou (Emmanuelle Devos) est infirmière psychiatrique. Elle s'occupe principalement d'un fou, médecin gastro-entérologue dans la vie, et qui va être appelé à s'en souvenir pour servir les intérêts de Fontaine, à défaut d'engager une relation avec elle.


Fontaine aimerait bien se séparer de son ami Michel ( Bruno Todeschini) surtout lorsqu'il la demande en mariage et annonce sa mutation professionnelle ... au pôle nord!


Tout paraît  bon  à Fontaine pour espérer une échappatoire à cet intolérable destin.

Elle croit qu'un homme la suit dans la rue, l'accoste violemment, et parvient à  persuader cet homme qu'il la reluquait. Mais, lorsqu'il lui propose de passer une heure à l'hôtel ( est-il sincère?), elle ne peut accepter la proposition de ce malotru. Nous nous demandons lequel des deux a commencé?

Remarquant que son ami  a invité une petite voisine à prendre le thé, elle l'accuse de pédophilie, refusant à tout prix d'y voir un désir de procréation. .. Cependant le film nous entraîne vite ailleurs.

Ces deux premières séquences sont véritablement comiques, surtout parce qu'ils entraînent la confusion totale dans les sentiments des protagonistes.



Fontaine se rend chez ses futurs beau-parents ( Bulle Ogier et Michel Lonsdale, très bons) un couple chaleureux, à qui l'on annonce le futur mariage. Ils sont contents mais ont oublié de faire les courses et n'ont que des yaourts nature à offrir au jeune couple. Bruno laisse tomber un anneau de fiançailles dans le pot réservé à Fontaine. Elle ne veut pas l'exhiber, ni feindre ne pas l'avoir trouvé et se fâcher avec son ami.

Vous auriez fait quoi?

Elle l'avale( variation sur Peau d'Ane?), avant d'écouter les délires de son futur beau-père qui lui avoue avoir été mis à la porte par sa femme, sans ressources et contraint à mendier deux ans de suite en bas de chez elle.

Malgré ou à cause de ces révélations alarmantes sur les aléas de la vie de couple, Fontaine va se tourner vers le patient ( le médecin fou) dont elle doit s'occuper. Le patient ( Lambert Wilson) est plutôt bien de sa personne, au moins autant que son ami.

Pourtant, sans pitié,il déclare à cette Fontaine ne pouvoir boire de son eau, tandis qu'elle lui confie quelques détails à propos de l'anneau qu'elle a avalé.

Alors il lui suggère de s'occuper de cet objet plutôt que de lui.


Et nous voilà confrontés à une scène pénible : Fontaine décide de récupérer la bague au terme du trajet que ce bijou a, dans son corps effectué, au moment deviné d'un rejet signifiant qu'il n'est point comestible.

Elle n'a pour témoin qu'un chat ( la présence de l'animal impassible est censé faire ajouter une discrète touche de comique), qui assiste à la récupération dont on nous fait grâce.

Fontaine fait glouglouter la chasse d'eau, prend des mesures d'hygiène, et se met finalement la bague au doigt. Elle se résigne. N'est-elle pas trop gentille?


Un film basé sur les lapsus et les actes manqués. Idée originale sinon courageuse, d'où une somme de sketches burlesques utilisant les mécanismes du théâtre de l'absurde, autour de la personne de Fontaine Leglou, nom qui renvoie à Fontaine/ Igloo un contraste et une contradiction entre le solide et le liquide, entre l'intarissable et une possible construction. ...

L'igloo, Fontaine y consent à la fin du film, prête à s'embarquer pour le pôle nord avec son ami. Un igloo et un cœur, c'est possible?



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Vendredi 17 juillet 2009
- Par Dominique Poursin

 Avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc ( bons tous les trois)

 

Jeanne, jeune fille d'une vingtaine d'année, demandeur d'emploi, vit avec sa mère ( Catherine Deneuve) qui garde des enfants dans une maison riante avec un jardinet plein de verdure, troublée malgré tout par les fréquents passages du RER à  proximité, qui fait trembler les meubles, et troue le silence avec fracas. Personnage  important du film, le RER joue un rôle déstabilisant...

Le spectateur suit le train à grande vitesse le long de couloirs sinistres.

Jeanne mène une petite vie étriquée, seule avec sa mère depuis toujours, et se console en faisant du roller interminablement sur de la musique entraînante.

Sur le conseil de sa mère, elle se présente à l'étude de maître Bleustein(un ancien ami à elle) pour y solliciter un emploi. Elle est reçue par sa fille une grande et belle femme brune et austère. La jeune fille est si touchante, pathétique même, à  dire avec simplicité «  je dois absolument travailler, je peux tout faire, je ne demande qu'à apprendre » qu'on l'embaucherait sur le champ.

Mais elle se fait éconduire.

Il s'ensuit quelques épisodes éprouvants pour elle, la rencontre avec un jeune homme agressif tatoué des pieds à la tête qui l'entraîne dans une aventure traumatisante.

Après cet épisode difficile, Jeanne invente son mensonge,  tiré du fait divers bien connu. Elle se blesse devant un miroir, va au commissariat, prétend être juive, avoir été  physiquement agressée par plusieurs hommes de races différentes. Dans le RER, qui joue sans doute le rôle d'un symbole édulcoré des "trains de la mort'.


Téchiné a inventé les conditions qui rendent plausible le délire de Jeanne. Elle veut une reconnaissance en tant que victime, rêve aussi d'appartenir à cette famille juive qu'elle idéalise et déteste en même temps, et qui a refusé de l'employer. Son geste et ses motivations sont complexes mais elle se trouve, de par sona acte,  en position difficile, ayant sans le vouloir, insulté non seulement les juifs mais les noirs( il y en avait dans ses agresseurs prétend-elle...)

Le film s'achève avec une sorte de happy-end, puisqu'elle entre en contact avec la famille Bleustein, et que des échanges fructueux se produisent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emilie Dequenne aussi blonde et féminine en Jeanne qu'elle fut brune et garçon manqué en Rosetta se montre apte à renouveler son jeu, à se couler dans un rôle différent.

Téchiné a recours à plusieurs effets esthétiques qui lui sont habituels, le moment sombre ( la pluie tombe dru la photo est  filtrée bleu nuit et l'héroïne est en proie au tourment) mais aussi plusieurs périodes «  solaires », temps radieux, robes fleuries, et variations impressionnistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je préfère ce film au précédent (les témoins) sans être totalement conquise. Même si la photographie me paraît superbe...

 

 

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Samedi 18 avril 2009
- Par Dominique Poursin

«  La Journée de la jupe » de Philippe Lilienfield avec Isabelle Adjani et Denis Podalydès

Seule en scène


Sonia Bergerac est professeur de français dans un collège difficile. Frustrée dans son enseignement ainsi que dans sa féminité, elle a décidé aujourd'hui de porter une jupe, bien que le principal l'ait déconseillé car il en faut peu pour provoquer les élèves.

Et quelle jupe !

Grisâtre, mal coupée, pas repassée, ni courte ni longue, ni classique... elle ne ferait envie à personne. Heureusement, Sonia  se rattrape avec la  jolie veste d'un blanc immaculé.

Elle emmène ses élèves dans la salle de théâtre pour répéter le Bourgeois gentilhomme. Des élèves, bruyants, insolents, injurieux, comme on en voit beaucoup sur les écrans de cinéma actuellement.

Ils n'en finissent pas de se lancer leurs sacs à la figure, Sonia réussit à en intercepter un, mais c'est pour y trouver un revolver chargé...

Elle s'en empare, s'enferme avec son monde. Un peu refroidis, les élèves se voient contraints d'entendre le cours sur Molière qu'elle a toujours rêvé de faire. Et ils se résignent à répéter le vrai nom du dramaturge. Sonia leur assène un discours de morale digne de Jules Ferry.

C'est alors qu'un élève réussit à lui reprendre l'arme....s'ensuit un règlement de compte entre élèves où il apparaît qu'une des filles a été violée et filmés et que les gars regardaient ça sur leur portables pendant la classe. L'horreur...

J'oubliais qu'à l'extérieur la police est présente, la télé aussi, et Sonia doit les affronter autant que les élèves.


Nous sommes des spectateurs de télévision (plutôt que de cinéma)  : nous entendons et voyons les acteurs du drame-fait divers, avec les yeux et les oreilles de la caméra télé :   les gens qui s'expriment sont filmés pour les Actualités et le savent :  répliques, parfois comiques, le plus souvent  aberrantes, de drôles de propos à l'extérieur comme à l'intérieur. Le prof qui cite le Coran pour plaire à ses élèves, le principal qui ne veut pas risquer d'être mal noté en dénonçant tel ou tel type de situation, les parents qui se plaignent d'être parqués dans la cité comme des animaux, les plaintes sur l'incapacité de la police, l'indigence du ministre...


La situation tragi-comique évolue  le film devrait être une comédie, dans lequel l'actrice meurt en scène ( un peu comme Molière ?). Les moments de théâtre sont réussis, les passages télé ne sont pas subtils, le film que l'on suit jusqu'au bout, entraîné, comme à la télé.





Des temps morts pourtant, le cours de morale de Sonia, on l'a entendu mille fois et je ne le crois pas pertinent. Les vrais élèves en travaillent ni pour réussir, ni pour faire plaisir à leurs parents, mais pour eux, parce qu'ils aiment étudier. En dehors de cela le jeu n'en vaut pas la chandelle.

Et le personnage assez invraisemblable du lieutenant de police négociateur et malheureux en ménage ( Denis Podalydès) qui assume un rôle difficile.

Isabelle Adjani a des dispositions pour le rôle du professeur tout de frayeur, d'émotion de réactions à chaud. Dans ce type de situation, on peut bégayer, rouler des yeux, s'agiter ect...


Pour en savoir plus, lisez Dasola


Et aussi Anjelica 

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Samedi 18 avril 2009
- Par Dominique Poursin
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