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Vendredi 23 mai 2008

Points romans, 2007.  270 pages.

 

Ancien photographe de guerre, Faulque s'est retiré dans une tour à Punto Umbria un petit port d'Espagne.  Il y travaille à une fresque qui occupe un pan de mur de son logis. C'est sa grande œuvre : elle représente  deux cités dont l'une antique, est en guerre, et comporte une grande quantité de scènes  où des civils sont mis à mal ainsi que leurs maison, l'autre attend le même sort, et ces deux villes sont séparées par un volcan en éruption. Il s'inspire de Basquiat  mais surtout des maîtres du passé Uccello, Piero della Francesca, Goya et Brugehel dont «  le Triomphe de la mort » déjà avait joué un rôle dans le Tableau du maître flamand.

En tant que photographe il a cherché «  le miracle qui, d'un coup, dessinerait à travers la lentille de l'objectif, dans la chambre noire... de son appareil et sur sa rétine, le secret de ce canevas d'une incroyable complication qui ramenait la vie à ce qu'elle était réellement : une course folle vers la mort et le néant ». En peinture, il le cherche encore.

A cet homme persuadé que la vérité ne peut apparaître qu'au milieu des conflits, il advient de recevoir la visite d'un  ancien soldat de l'armée croate, dont il a fait autrefois une photo qui est devenue célèbre.

Ivo Markovic lui apprend qu'à cause de cette photo il est devenu un symbole reconnaissable, a été torturé, a perdu femme et enfant. Il veut tuer Faulque, pas tout de suite, pas avant qu'ils  ne se soient bien expliqués.

Ces entretiens font l'objet du roman.

A travers ces rencontres les retours de Faulque sur son passé, et l'évocation par lui de sa femme Olvido,  on  chemine d'interrogations en interrogations sur le sens de la vie, la nature de l'art, la mise en question du  fait de photographier les scènes insoutenables... Perez-Reverte, auteur de polar et de romans picaresques, s'est engagé dans un roman philosophique.

 Un  peu long surtout lorsque Faulque se souvient de son amie Olvido, il a tendance à se répéter, il vaut la peine qu'on le suive.    

 

 

par Dominique Poursin publié dans : littérature espagnole commentaires (1)    ajouter un commentaire
communauté : Les lectures de Florinette
Samedi 14 janvier 2006
Demain-dans-la-bataille.jpgJavier Marias ( Né en 1951) " Demain dans la bataille pense à moi"; roman espagnol ; année de publication : 1994. Traduction aux éditions Rivages en 1996.

Un soir, à Madrid, rue Conde de la Cimera,un appartement bourgeois. Marta Tellez, jeune femme de trente ans a invité le narrateur à dîner. Il espère qu’il s’agit d’un rendez-vous galant. Lorsque le mari de Marta, Eduardo Dean, téléphone de Londres et s’enquiert de sa femme et de son fils Eugenio, deux ans, elle n’évoque pas son invité.

Après avoir persuadé Eugenio d’aller dormir, le couple commence à s’occuper d’eux-même .Marta est prise d’un malaise soudain. Elle meurt dans les bras du narrateur, au bout de soixante-dix pages qui n’auront été, pense-t-il que quelques minutes.

Le narrateur ne veut pas compromettre Marta ( Il est déjà temps de dire « sa mémoire »), appeler son mari car elle n’aurait pas voulu . « Il me tuerait » avait-elle dit. Il ne peut emmener l’enfant, ni le laisser, ni appeler la famille. Ni rester.

En partant, il laisse de la nourriture à Eugenio sur la table de la cuisine, et deux téléviseurs allumés avec deux films différents, et le son très bas. Il a rhabillé Marta et l’a couchée sous une couverture .Il emporte tous les enregistrements récents du répondeur téléphonique ; Le répondeur lui apprend qu’elle avait un amant qui ne pouvait venir ce soir-là : lui est le remplaçant de l'amant qui est le remplaçant du mari. Aurait dû l’être.

Dans la vie, il est « nègre « de « nègre », écrivant des scénarios et des discours pour le compte d’un certain Ruiberriz, , censé se charger de ce travail qui les revend à une personnalité censée les avoir écrites elle-même.

Aux funérailles de Marta, caché derrière un bosquet, il repère les membres de la famille, le vieux Tellez,Luisa, la sœur de Marta, Eduardo, le mari. Ce dernier est déterminé à retrouver le visiteur de Marta, qui a dû laisser des traces sur son passage. Le narrateur se fait connaître , anonymement, se faisant passer pour Ruiberriz. Le vieux Tellez lui donne du travail d’écriture pour un individu désigné par l’expression « Only you «, grand magnat de l’édition .

Au bout d’un mois, il connaît un peu la famille : Luisa semble avoir deviné que c’était « lui ». Un jour, il est mis en présence d’Eugenio, qui le nomme : Itor et le trahit. Par la suite, le narrateur donne son nom aux lecteurs ainsi qu’aux Tellez : Victor Francès. Il arrive à discuter avec Luisa, et attend le rendez-vous avec Eduardo son presque-rival qui a quelque-chose à lui raconter depuis le début.

le titre est tiré de la pièce de Shakespeare Richard III ; à l’aube de la bataille, il s’entend interpeller par les spectres de ses victimes : « Demain, dans la bataille, pense à moi ! Et que tombe ton épée émoussée ! Désespère et meurs ! ». ce n’est qu’au dévoilement final, à la rencontre avec Eduardo que le message prend son sens. …

Le texte tout entier est rapporté par le narrateur, ses pensées, comme ce qu’il voit et les discours qu’il adresse aux autres, ainsi que les paroles qu’on lui adresse, et les pensées qu’il prête aux autres. Il utilise pour cela , assez souvent le discours direct et le monologue souvent mis entre parenthèse. L’ensemble a parfois l’air d’une sorte de cacophonie. Le rythme se ralentit et s’accélère sans transition , au gré de ses pensées et réactions. Il se dit « haunted » par la situation créée. A Madrid,où il se trouve, il pleut tout le temps, et c’est l’hiver : on se croirait à Londres, où se trouve Eduardo…

 

 

par Dominique Poursin publié dans : littérature espagnole commentaires (1)    ajouter un commentaire
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