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Musique

Fleur



 













Vendredi 8 juin 2007
1
Huguenote par ma mère
Ignorée par mon père
Artiste par mon fils
Un peu juive par principe
Bilieuse par ma mère-grand
Athée par mes ascendants
Ratée ô grâce à qui ?
Un peu beauf par mes frères
Ignorée par mes sœurs
Nourrie par les auteurs
Virée par les inspecteurs
Cherchant sans cesse un job
Et pauvre comme Job
Ratée ô grâce à quoi ?
 3
Poétique comme une geôle
Et pleureuse comme un saule
Poignante comme un remords
Lointaine comme le Pôle Nord
Perdue comme une brebis
Retorse comme un rébus
Usée par le déduit
Sans goût pour la vertu
Ratée ô grâce à qui ?
Étourdie par le rock
Affligée par le blues
Inspirée par le folk
Hantée par le baroque
Instruite par les classiques
Grinçante comme une fausse note
Abrutie par les cloches
Et gaie comme le glas
Ratée ô grâce à quoi ?
Tâtée par les tontons
Goinfrée parles tatas
Estimée pas grand-chose
Trompée par le poteau rose
Aimant le sweet and sour
Toujours du côté du manche
Grisée par la page d’amour
Tentée par la page blanche
Ratée ô grâce à qui ?
par Dominique Poursin publié dans : Pastiches commentaires (0)    ajouter un commentaire
Dimanche 3 décembre 2006
Un homme de verre et une femme de pierre
Font un enfant de toile émeri
Un homme de glaise et une femme de faïence
Font un nain de jardin
Un homme de flair et une femme de l’enfer
Font un enfant Cerbère
Un homme de cœur et une femme de pique
Font un enfant sur le carreau
Un homme de peine et une femme de chambre
Font un enfant de rien
Un homme de bois et une femme d’étain
Font un enfant d’ambre
Un homme de plomb et une femme de marbre
Font un enfant béton
Un homme de bien et une femme de plus
Font un enfant de moins
Un homme poisson et une femme oiseau
Font une sirène muette
Un homme de l’espace et une femme du temps
Font une équation
continuez
 
 
par domiwind publié dans : Pastiches commentaires (0)    ajouter un commentaire
Mardi 21 novembre 2006

 Relookage de chansons : aujourdhui on actualise "Les Trois Cloches" interprétée autrfois dans les années cinquantes par Edith Piaf et les Compagnons de la Chanson.

Les Trois coups

Un petit deux-pièces placard en haut de la cité
Trois vagissements pénibles,
D’un matelas sale se sont élevés.
Il s’appelle Jean-N’ai marre
L’est le treizième de la lignée
Fils de Maria qu’est ménagère
Et de Joseph qu’est charpentier…
 
C’est un poing qui cogne, cogne
Une voix lui fait écho :
«  Vas-tu te lever Bobonne
Et nous préparer l’fricot.
C’est la poisse que ce marmot
Tais-toi ne dis pas un mot. »
A peine, à peine un bout d’chair
Qui s’amène dans l’enfer
D’un monde déjà condamné.
 
Une petite chambre encombrée
Toute glacée, bouteilles cassées…
Voici qu’après dix-neuf années
Jean-N’ai marre va se marier.
 
 
Il épouse la triste Alhem
Dont les pleurs trempent le voile de haine.
On l’a arrachée au Lycée
Pour la caser avec ce voyou cuité.
 
C’est un cœur qui cogne, cogne
Une voix répond en écho :
« Fais pas la maligne, mignonne
Allah et Dieu sont mes poteaux
T’as fini d’chialer  poupée
Tes livres j’va les brûler"
A peine, à peine une flamme
Qui s’élève et qui proclame
La violence de cet hyménée.
 
 
Une nouvelle fosse
Dans le cimetière
De Canteloubes les Vignes
Que ni Dieu ni Allah
N’ont jamais voulu visiter.
Car les vignes y sont bien trop sèches
Et le pinard bien peu digne
De ces deux divinités
Et de leurs fins palais racés.
 
Une masse qui cogne et cogne
Des clous s’enfoncent dans le bois.
C’est Joseph qu’a d’la besogne
Là son fils reposera.
Car ce mec qui la violait
Sa femme bientôt l’a tué.
Trois coups avec la barre à mine,
Jean-N’ai marre a eu bonne mine
Et Alhem s’est planquée.
 
Ne pleurez pas, cœurs trop tendres
N’laissez pas vos entrailles se fendre
Vivez donc et soyez digne
N’attendez pas du ciel un signe.
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
par domiwind publié dans : Pastiches commentaires (0)    ajouter un commentaire
Vendredi 29 septembre 2006
  Ce devrait être la fin du blog,   (qui débuta effectivement avec Entrée en scène) mais  ça me vient  maintenant, alors que j'ai passé une partie de l'après-midi à m'entra$iner au karaoké sur l'ordi ( sans témoins, Brel et dieu merci !) et il est fréquent que l'on anticipe la fin...


 
Adieu l’ondine je t’aimais bien
On nageait dans les même palais tu sais
On lutinait les mêmes ondins
On se jouait les mêmes drames
Lorsqu’un mortel me prit pour femme.
Adieu l’ondine je vais mourir
C’est rien de périr en hiver, tu sais
Et j’pars au gel sans t’faire de peine
Car vu que tu es une sirène
Un peu d’écume te tient lieu d’âme.
Mais j’veux la cérémonie
J’veux qu’tu boives le thé d’minuit
J’veux qu’ton coeur ne soit pas d’pierre
Quand c’est qu’on m’mettra sous terre.
 
Adieu l’étranger je t’aima
Toi la rencontre d’un soir de frimas
Toi qu’était beau comme le silence
Toi qu’était frêle comme l’absence
Toi qu’était un peu maladroit.
Adieu l’étranger j’vais mourir
C’est kühl de mourir en hiver tu sais
Mais j’pars au givre dans l’insouciance
Car j’y sens comme une ambiance
Des froides plaines de la Hanse.
Et j’veux qu’tu sorte faire un tour
Et que tu  ne sois pas sourd
J’veux  qu’tu sortes des ténèbres
 Du côté de Tostes Funèbre.
 
Adieu l’enchanteur je t’aimais
Adieu l’enchanteur je t’aimais tu sais
Toi qui m’as tenté fait écrire mais
Ma plume est toute ensanglantée
Ma seringue traîne dans l’encrier
Adieu l’enchanteur j’vais mourir
C’est cool de mourir en hiver tus sais
Et j’pars en neige l’âme ravie
Emportée par tes ballades
Tes hymnes et tes litanies
Mais j’veux qu’ tu chantes j’veux qu’ tu brûles
Et que tu franchisses le seuil
J’veux qu’tu chantes j’veux qu’tu brûles
Les planches de mon cercueil.
 
Adieu collègues j’vous aimais guère
Adieu collègues vous m’étiez allergiques
Vous et vos inspecteurs hostiles
Vos carnets d’notes et vos stencils
Vos bavardages pédagogiques
Adieu collègues je vais mourir
J’vous laisse à vos autocritiques
Je pars au givre, foin de mon âme,
Que j’vends tous les mois neuf mille balles
A l’Education Nationale.
Et j’veux qu’on pense j’veux qu’on prie
Et que tout le monde se mette en deuil
Je veux qu’on pense j’veux qu’on prie
Quand j’aurais tourné de l’œil.
 
Adieu mes songes j’vous aimais bien
Adieu mes songes adieu mes créatures
Vous qui viviez l’autre aventure
Vous qui étiez plus vrais qu’nature
Puissiez-vous survivre à mon corps
Adieu mes songes je vais mourir
Jamais vous n’m’avez déserté
Et puissiez-vous perdurer
Dans d’autres rêves d’autres pensées
C’est là mon plus cher désir
E j’veux qu’on m’lise une seconde
Et que l’on soit silencieux
J’vaux qu’on m’lise une seconde
Quand j’aurais quitté ce monde.
 
Adieu  mon homme  je t’aimais
Adieu les enfants j’vous aimais tellement
Je prends le train pour le néant
Et je fais des économies
Un aller simple cela m’suffit.
Adieu les enfants j’vais mourir
C’est sobre de mourir en hiver voyez
Et je pars pour les neiges d’antan
Rejoindre Laure et Marguerite
Julien Louise et puis Judith
E j’veux qu’on pleure qu’on soupire
Et qu’on plante un grand laurier
J’veux qu’on pleure qu’on transpire
Et qu’on m’couche sur le papier.
 
 
 
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Lundi 17 juillet 2006

L’Esclave et le maître

 

Esclave, toujours ru chériras ton maître

Tu rases ton menton de vile bête au miroir

Où tu te hais en lui ; Quémandeur de pourboire !

Et ton labeur n’est qu l’alibi du non-être.

 

Tu te plais à baisser les yeux devant son image

Tu mords sa poussière et craint son bras ; ton coeur

Se divertit quelquefois de sa propre rancune

En croyant voir sa figure altière et sauvage.

 

Il passe pour ténébreux, et toi pieusement discret

Nul n’a sondé ta jouissance dans ses chaînes

De sa liberté, nul ne sait les affres suprêmes

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets

 

Et cependant, voilà des siècles qu’insatiables

Vous cherchez la complétude, lui en soi, toi dans la peine

Tellement vous nourrissez l’amour et la haine

Ô textes mystérieux, ô lecteurs indomptables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 25 juin 2006

Le Félibre outlaw 

 

1) Un petit joueur de flûteau

Entendit parler d’un château

D’où s’était enfui un jongleur

Qu’avait dédaigné les honneurs.

Le nôtre n’était la vedette

Que des scouts et du bal musette

Avec des flonflons à la clé,

Son la ne pouvait prospérer.

Il se mit à rêver  qu’un blason 

Ornerait son petit blouson. 

 

2) Et l’artiste bientôt dit j’enrage

De moisir dans mon ptit village.

Il n’est plus du tout de saison

Le clos de ma pauvre maison.

Quand il baisait sa compagne

Il songeait à une reine d’Espagne.

Avec l’amertume à la clé,

Son la se mit à chahuter.

Et l’on dit dans tout le pays

Ce voyou il nous abrutit. 

 

3) Et le ptit joueur de flûteau 

Un jour prit la route du Château. 

Il siffla méchamment vers les cieux

Leva le poing vers le Bon Dieu.

A ses parents dit pleins d’angoisse

On n’est plus de la même paroisse.

Avec la fureur à la clé,

Son la se mit à exploser ;

Et l’on dit dans tout le pays

Ouf, enfin le voilà parti. 

 

4) Le jongleur pousse sa voix au Château,

Sait mettre en musique tous ses mots (maux).

Brûle les planches tous les soirs,

A son cou pend une main de gloire 

Qu’il agite dans la lumière 

Pour faire trembler tout le parterre.

Avec de l’audace à la clé, 

on la s’est beaucoup contrasté.

Et l’on dit par tous les pays 

Le jongleur a d’l’âme et d’esprit.  

 

5) Le jeune héros tangue dans  sa limo 

Sa flûte est un vrai chalumeau.

Vêtu de noir et lunetté,

Par les feux d’la rampe calciné,

Il invente d’énigmatiques stances

En buvant d’étranges substances.

Avec de la dope à la clé,

Son la s’est mis à délirer.

Et l’on dit à qui veut l’entendre 

Le Phoenix renaît toujours de ses cendres. 

 

 6) Mais le ptit joueur de flûtiau 

N’est qu’un domestique du Château.

Le Fantôme du Roi quelque part 

Lui fait renoncer à son art.

Il lui dépêche un manager 

Des bergères et des infirmières.

Avec une fleur bleue à la clé, 

Son la se met à susurrer. 

Et l’on dit par monts et par vaux

Ouais… ta flûte maint’nant c’est du pipeau ! 

 

7) Notre troubadour lamento 

Répète dans une aile du Château.

Entre les cuisses d’une ptite gitane,

Se pressent son crucifix son pagne. 

Il récite des prières et se pâme

Pour que Dieu ait pitié de son âme.

Avec des cantiques à la clé, 

Son la se met à sermonner. 

Et l’on bâille dans tous les pays 

Le joueur de flûte nous ennuie.  

 

8) Mais notre joueur de flûteau 

A survécu moderato. 

Dans les ruines du Château il exhale 

Un déluge de sibyllins râles.

Nul ne saisit ce qu’il exprime 

Mais l’on respecte sa vieille déprime

Avec des ronchis à la clef,

Son la s’est un peu atrophié.

Mais l’on crie au félibre outlaw : 

« On réclame encore un fabliau ».

 

 

 


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Dimanche 25 juin 2006

Complainte d’un malandrin visionnaire 

 

 

se chante sur l'air de Mandrin ( mais ce n'est pas de lui qu'il est ici question)

 

 

Nous étions vingt à trente  

Vagants  dans une bande 

Tous  revestus  de bure  

Comme des clercs 

Vous m’entendez ? 

Tous  revêtus de bure 

Comme des clercs obscurs. 

 

La première  piperie 

Que je fis dans ma vie 

Fut d’avoir taquiné 

 

La bourse du 

Vous m’entendez ? 

 Fut d’avoir taquiné 

La bourse du clergé.

 

Dans l’Collège de Navarre,  

Y s’trouve un coffre-fort 

Où tout ces vieux avares

 

Serrent leurs louis d’or 

Vous m’entendez ?  

Où tous ces monsignor 

 Cèlent de l’or en barre.

 

J’entrai dedans une piaule 

Et j’y trouvai dix drôles 

Veillant sur un curé  

Lorsqu’il ronflait 

Vous l’entendez ?   

Veillant sur son blé 

En hasardant leurs dés. 

 

J’leur dis mes p’tits apôtres  

Finis les patenôtres 

Sortons bien vite d’ici 

Avec le trésor  

Vous m’entendez ? 

Sortons bien vite d’ici 

J’vous promets l’paradis


Mais l’ratichon s’éveille 

Et voult me queruler 

 

A la rate j’l’ai navré 

Avec  mon style

Vous m’entendez ? 

A la teste j’l’ai tolu  

Avec mon style agu.

 

Ces messieurs d’Meung su Loire 

Avec leur gran sçavoir 

Et leurs mines de châtrés 

M’eurent bientôt 

Vous m’entendez 

Et leurs mines de châtrés

M’eurent bientôt condamné.


Et Charles là-bas à Blois

Qui rythme pas mieux que moi 

Charles n’a rien tenté

 

J’avais frappé fort 

Vous l'entendez ? 

Charles ne prise pas fort 

Ma ballade des occis morts.


Du haut de ma potence 

Je n’veux plus voir la France 

Mais je vois l’Italie 

Dans un siècle 

Vous m’entendez ?

Mais je vois l’Italie 

Dans un siècle et demi.

 

Je vois un jeune satyre 

Le front ceint de lauriers 

Et un charmant luthier 

Qui pince deux cordes 

Vous le voyez ? 

 Et un charmant luthier 

Devant une pêche pelée.


Jn’le connaitrois point 

Mais j’lui envoie de loin 

Un cimeterre, un fanal 

Et un pinceau  

Vous m’entendez ? 

Un cimeterre, un fanal 

Pour sa plus belle toile.

 

Et quand la corde arrive 

Les yeux je vais fermer 

Et contempler David 

Plaisant bourreau 

Vous m’entendez ? 

Et contempler David 

Toute l’éternité.


Compagnons de débauche 

J’ai passé l’arme à gauche 

Mais j’grouille toujours de vers  

Et sous la terre, 

Vous m’entendez ? 

Je grouille toujours de vers

Je m’suis recomposé.


 Devinette : de qui parle-t-on dans cette parodie de "Mandrin"? Qui est le personnage principal? Qui est Charles? Qui est le jeune homme à la pêche pelée ? Et David " le bourreau"?

 

 

 



par domiwind publié dans : Pastiches commentaires (0)   
Mardi 20 juin 2006

Lorsqu’il hérita, il s’empressa de vendre le château familial, humide et fruste forteresse qu’il haïssait, pour la remplacer par  un grand manoir qu’il lui incombait d’aménager à son goût. Ces dispositions étaient de la plus haute importance, car, jeune encore mais spleenétique avéré et las de puis toujours, il envisageait de rester la plupart du temps cloîtré sans pour autant céder à l’ascétisme.

Or, il se passa un fait curieux dans les premiers temps :

  Jean Des Esquintes fuyait son futur logis,  tout en s’épuisant en achats destinés à l’embellissement de sa  retraite.

 Aucun antiquaire désuet, aucun marchand d’orviétan, aucune caverne d’Ali baba, aucun  négociant cultivant l’étrange et le suranné dans le   choix  de ses  marchandises ne fut oublié par le triste héritier que poursuivait une obsessionnelle quête  de beauté.

 Sachant que  dans l’agencement des couleurs et des tissus   la plus petite erreur la moindre fausse note l’irriterait jusqu’à l’agonie, il  eût été dangereux de se tromper.

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