Huguenote par ma mère
Sans goût pour la vertu
Aimant le sweet and sour
Relookage de chansons : aujourdhui on actualise "Les Trois Cloches" interprétée autrfois dans les années cinquantes par Edith Piaf et les Compagnons de la Chanson.
Les Trois coups
L’Esclave et le maître
Esclave, toujours ru chériras ton maître
Tu rases ton menton de vile bête au miroir
Où tu te hais en lui ; Quémandeur de pourboire !
Et ton labeur n’est qu l’alibi du non-être.
Tu te plais à baisser les yeux devant son image
Tu mords sa poussière et craint son bras ; ton coeur
Se divertit quelquefois de sa propre rancune
En croyant voir sa figure altière et sauvage.
Il passe pour ténébreux, et toi pieusement discret
Nul n’a sondé ta jouissance dans ses chaînes
De sa liberté, nul ne sait les affres suprêmes
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets
Et cependant, voilà des siècles qu’insatiables
Vous cherchez la complétude, lui en soi, toi dans la peine
Tellement vous nourrissez l’amour et la haine
Ô textes mystérieux, ô lecteurs indomptables.
Le Félibre outlaw
1) Un petit joueur de flûteau
Entendit parler d’un château
D’où s’était enfui un jongleur
Qu’avait dédaigné les honneurs.
Le nôtre n’était la vedette
Que des scouts et du bal musette
Avec des flonflons à la clé,
Son la ne pouvait prospérer.
Il se mit à rêver qu’un blason
Ornerait son petit blouson.
2) Et l’artiste bientôt dit j’enrage
De moisir dans mon ptit village.
Il n’est plus du tout de saison
Le clos de ma pauvre maison.
Quand il baisait sa compagne
Il songeait à une reine d’Espagne.
Avec l’amertume à la clé,
Son la se mit à chahuter.
Et l’on dit dans tout le pays
Ce voyou il nous abrutit.
3) Et le ptit joueur de flûteau
Un jour prit la route du Château.
Il siffla méchamment vers les cieux
Leva le poing vers le Bon Dieu.
A ses parents dit pleins d’angoisse
On n’est plus de la même paroisse.
Avec la fureur à la clé,
Son la se mit à exploser ;
Et l’on dit dans tout le pays
Ouf, enfin le voilà parti.
4) Le jongleur pousse sa voix au Château,
Sait mettre en musique tous ses mots (maux).
Brûle les planches tous les soirs,
A son cou pend une main de gloire
Qu’il agite dans la lumière
Pour faire trembler tout le parterre.
Avec de l’audace à la clé,
on la s’est beaucoup contrasté.
Et l’on dit par tous les pays
Le jongleur a d’l’âme et d’esprit.
5) Le jeune héros tangue dans sa limo
Sa flûte est un vrai chalumeau.
Vêtu de noir et lunetté,
Par les feux d’la rampe calciné,
Il invente d’énigmatiques stances
En buvant d’étranges substances.
Avec de la dope à la clé,
Son la s’est mis à délirer.
Et l’on dit à qui veut l’entendre
Le Phoenix renaît toujours de ses cendres.
6) Mais le ptit joueur de flûtiau
N’est qu’un domestique du Château.
Le Fantôme du Roi quelque part
Lui fait renoncer à son art.
Il lui dépêche un manager
Des bergères et des infirmières.
Avec une fleur bleue à la clé,
Son la se met à susurrer.
Et l’on dit par monts et par vaux
Ouais… ta flûte maint’nant c’est du pipeau !
7) Notre troubadour lamento
Répète dans une aile du Château.
Entre les cuisses d’une ptite gitane,
Se pressent son crucifix son pagne.
Il récite des prières et se pâme
Pour que Dieu ait pitié de son âme.
Avec des cantiques à la clé,
Son la se met à sermonner.
Et l’on bâille dans tous les pays
Le joueur de flûte nous ennuie.
8) Mais notre joueur de flûteau
A survécu moderato.
Dans les ruines du Château il exhale
Un déluge de sibyllins râles.
Nul ne saisit ce qu’il exprime
Mais l’on respecte sa vieille déprime
Avec des ronchis à la clef,
Son la s’est un peu atrophié.
Mais l’on crie au félibre outlaw :
« On réclame encore un fabliau ».
Complainte d’un malandrin visionnaire
se chante sur l'air de Mandrin ( mais ce n'est pas de lui qu'il est ici question)
Nous étions vingt à trente
Vagants dans une bande
Tous revestus de bure
Comme des clercs
Vous m’entendez ?
Tous revêtus de bure
Comme des clercs obscurs.
La première piperie
Que je fis dans ma vie
Fut d’avoir taquiné
La bourse du
Vous m’entendez ?
Fut d’avoir taquiné
La bourse du clergé.
Dans l’Collège de Navarre,
Y s’trouve un coffre-fort
Où tout ces vieux avares
Serrent leurs louis d’or
Vous m’entendez ?
Où tous ces monsignor
Cèlent de l’or en barre.
J’entrai dedans une piaule
Et j’y trouvai dix drôles
Veillant sur un curé
Lorsqu’il ronflait
Vous l’entendez ?
Veillant sur son blé
En hasardant leurs dés.
J’leur dis mes p’tits apôtres
Finis les patenôtres
Sortons bien vite d’ici
Avec le trésor
Vous m’entendez ?
Sortons bien vite d’ici
J’vous promets l’paradis
Mais l’ratichon s’éveille
Et voult me queruler
A la rate j’l’ai navré
Avec mon style
Vous m’entendez ?
A la teste j’l’ai tolu
Avec mon style agu.
Ces messieurs d’Meung su Loire
Avec leur gran sçavoir
Et leurs mines de châtrés
M’eurent bientôt
Vous m’entendez
Et leurs mines de châtrés
M’eurent bientôt condamné.
Et Charles là-bas à Blois
Qui rythme pas mieux que moi
Charles n’a rien tenté
J’avais frappé fort
Vous l'entendez ?
Charles ne prise pas fort
Ma ballade des occis morts.
Du haut de ma potence
Je n’veux plus voir la France
Mais je vois l’Italie
Dans un siècle
Vous m’entendez ?
Mais je vois l’Italie
Dans un siècle et demi.
Je vois un jeune satyre
Le front ceint de lauriers
Et un charmant luthier
Qui pince deux cordes
Vous le voyez ?
Et un charmant luthier
Devant une pêche pelée.
Jn’le connaitrois point
Mais j’lui envoie de loin
Un cimeterre, un fanal
Et un pinceau
Vous m’entendez ?
Un cimeterre, un fanal
Pour sa plus belle toile.
Et quand la corde arrive
Les yeux je vais fermer
Et contempler David
Plaisant bourreau
Vous m’entendez ?
Et contempler David
Toute l’éternité.
Compagnons de débauche
J’ai passé l’arme à gauche
Mais j’grouille toujours de vers
Et sous la terre,
Vous m’entendez ?
Je grouille toujours de vers
Je m’suis recomposé.
Devinette : de qui parle-t-on dans cette parodie de "Mandrin"? Qui est le personnage principal? Qui est Charles? Qui est le jeune homme à la pêche pelée ? Et David " le bourreau"?
Lorsqu’il hérita, il s’empressa de vendre le château familial, humide et fruste forteresse qu’il haïssait, pour la remplacer par un grand manoir qu’il lui incombait d’aménager à son goût. Ces dispositions étaient de la plus haute importance, car, jeune encore mais spleenétique avéré et las de puis toujours, il envisageait de rester la plupart du temps cloîtré sans pour autant céder à l’ascétisme.
Or, il se passa un fait curieux dans les premiers temps :
Jean Des Esquintes fuyait son futur logis, tout en s’épuisant en achats destinés à l’embellissement de sa retraite.
Aucun antiquaire désuet, aucun marchand d’orviétan, aucune caverne d’Ali baba, aucun négociant cultivant l’étrange et le suranné dans le choix de ses marchandises ne fut oublié par le triste héritier que poursuivait une obsessionnelle quête de beauté.
Sachant que dans l’agencement des couleurs et des tissus la plus petite erreur la moindre fausse note l’irriterait jusqu’à l’agonie, il eût été dangereux de se tromper.
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