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Musique

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Samedi 22 septembre 2007
Musil-T--rless.jpgLes Désarrois de l’élève Törless
 
Publié pour la première fois en 1906.
 

Törless a seize ans, il a été envoyé par sa famille dans une école privée de l’Autriche Hongrie orientale «  à la frontière de la Russie » où l’on accueille les riches bourgeois et les aristocrates. L’endroit est désolé et aride. Cette description fait l’incipit du roman.

Le nouveau pensionnaire a deux camarades plus âgés que lui, Reiting et Beineberg, qui s’entendent pour échafauder de dangereuses utopies. Beineberg est passionné de philosophie orientale. Son appréhension du bouddhisme lui en fait tirer une porale extrémiste inspirée de l’organisation de la société hindoue en systèmes de castes., ainsi que de cette idée qu’il faut être indifférent au monde et aux sensations. De ses lectures, il a déduit qu’il existe des êtres inférieurs et des êtres supérieurs. De ces derniers, il estime faire partie. Il se livre à des exercices de méditations et d’ascétisme dans un grenier désaffecté, cachette qu’il partage avec Reiting, et dans laquelle Törless se trouve admis.

Reiting aime surtout les complots et les intrigues pour se désennuyer de l’existence d’interne.

 

C’est lui qui a l’idée de tourmenter Basini, un élève moins fortuné qu’eux et à priori moins favorisé intellectuellement de part des origines modeste. Il a commis un petit vol et les autres le font chanter menaçant de le dénoncer s’il ne cède pas à leurs caprices

Ils le torturent le soumettent à la question pour obtenir un aveu, violences physiques et morales, et lui font exécuter des actions abjectes et stupides.

Basini semble croire que se dénoncer serait pire que de subir la torture.

Il sait que Beineberg et Reiting peuvent le faire tuer par leurs camarades, aptes qu’ils sont à chauffer le groupe.

Le rôle de Törless est celui d’un observateur. Ses deux amis lui confient leurs projets délirants, l’apprécient q parce qu’il est voyeur de leurs manigances et ne se méfient pas de lui.

Avec raison au début car Törless éprouve un mélange de fascination, dégoût, et curiosité pour ces mises en scène sadiques dans le grenier , huis clos où aiment à se retrouver les adolescents, bizarrement décorés et plongés dans une obscurité trouée de torches baladeuse qui créent une atmosphère dramatique.

Musil disait avoir voulu faire un livre sur le clair-obscur.

Törless éprouve de l’attirante pour Basini, il aura des contacts sexuels avec lui comme ses deux comparses. La sensualité se fixe aussi sur certains gestes et attributs de ses camarades, sur un prostituée de rencontre..

Musil dira que rien n’est plus éloigné de lui que l’homosexualité. A présent ces dénégations font sourire. Il est vrai toutefois que l’homosexualité de Törless est différente de celle de Tonio Kröger autre adolescent célèbre contemporain de Törless.

 

L4objet d’amour de Thomas Mann est vraiment un jeune garçon que l’on retrouve dans Mort à Venise ou les Buddenbrock. Clui de Musil est al sœur qu’il n’ aps connue. De cette sœur il est déjà question dans Törless.

Lorsque Basini sera livré aux autres élèves, Törless de décide à intervenir pour lui sauver la vie. Lui assurant la protection des dirigeants de l’école.

Basini est renvoyé à sa mère, Törless demande à partir. Les deux principaux responsables ne sont pas inquiétés.

L’ouvrage se cloître sur une nouvelle attirance de Torless pour la philosophie kantienne dont on ne sait ce qu’il va en tirer/

Une séquences anticipative dans le roman permet de constater que Torless devenu adulte, et rendant compte de cette expérience

de jeunesse à un ami n’a pas du tout de regret de sa conduite de l’époque conduuite qui oralement fut loin d’être acceptable.

On se demande si Torless n’aurait pas pu devenir non pas Kant mais plutôt Hiedegger ?

Musil a eu de l’ambition dans ce premier roman : il voulu faire œuvre esthétique ( «  un livre sur le clair-obscur » réussi) psychologique ( les complexités de l’espit de torlless qui intéressent encore malgré que Musil se soit tenu à l’écart de la psychanalyse qu’il détestait et évite ce langage) et enfin œuvre politique. : ila montré comme il l’a dit plus tard «  les dictateurs in nucléo ».

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par Dominique Poursin publié dans : litt Langue allemande commentaires (1)    ajouter un commentaire
Vendredi 7 septembre 2007

Wolf.jpg(« Nachdenken über ChristaT. 1969)

 Evocation en 20 chapitres d’une amie trop tôt disparue inscrite dans le cadre de la RDA avant pendant et après la guerre.

L’autre Christa est une amie de classe. Elles ont douze ans à la deuxième guerre mondiale et sont séparées, victimes de traumatismes. Elles se retrouvent en 1948. A vingt ans, l’amie est institutrice, et suit comme l’auteur, des cours à l’université. La narratrice relate un chagrin d’amour. Christa, l’autre, devient prof de lettres, abandonne après avoir rencontré un vétérinaire qu’elle épouse. Ils achètent une maison dont Christa est assez contente. Trois filles leur naissent, la plu jeune quelques mois avant sa mort.

 

Dans sa manière d’évoquer son amie dénommée tour à tour «  elle », «  Kristine » et «  Krischane » , amie qui est aussi partiellement un double d’elle-même, et – à l’opposé-une femme dont elle sait peu de chose, Christa Wolf est particulièrement originale.
L’écriture est distanciée, cérébrale, oblique et familière en même temps ; ce n’est pas toujours facile à suivre ; mais c’est vraiment différent. Elle adopte parfois une fausse spontanéité qui s’appuie sur des «  visions » quelle aurait de Christa T. ou des hypothèses sur ses pensées et ses actes. ( «  elle aura fait… elle se sera dit… »

Cette manière prudente d’évoquer la jeune femme répond au souci constant de la narratrice de ne pas fabuler en pure perte : «  la couleur du souvenir trompe ».

Méditer, la méditer… Méditer sa tentative d’être soi-même."

C’est l’idée que l’on déchiffre dans les journaux intimes qui restent d’elle, sur les feuilles volantes des manuscrits retrouvés, entre les lignes ses lettres que j’ai lues, qui m’ont appris à oublier le souvenir que j’ai d’elle, Christa T. »

 On perçoit Christa T. de diverses façons,par exemple comme l’envers de la narratrice, un envers qui n’est pas devenu écrivain. Est-elle heureuse d’une certaine façon ? déplore t’elle son mariage ? A-t-elle échoué dans es ambitions ? Même sa maladie, peut apparaître comme une métaphore d’une dépression dont elle n’aurait pas vraiment osé souffrir, ou se plaindre.
L’extrême fatigue éprouvée par l’héroïne dans quoi nul ne décèle la maladie, ce parti pris étonne la narratrice.

« Une chose est sûre : jamais ce qu’on fait ne nous fatigue autant que ce que l’on ne fait pas ou ne peut pas faire ».

On a dit que cette jeune femme ( qui a réellement existé et vécu à peu près comme le dit l'auteur) est aussi pour Christa Wolf, l'auteur du " Ciel partagé ", une métaphore de ce que l'on devient en RDA, la représentation d'une impossibilité à vivre du fait des contraintes imposées par le pouvoir totalitaire. 

Je n'ai pas les connaissances nécéssaires  pour traiter cette question.

 
par Dominique Poursin publié dans : litt Langue allemande commentaires (0)    ajouter un commentaire
Jeudi 30 novembre 2006

Il y a trente ans  presque  jour pour jour que mourait Fritz Zorn auteur zurichois d’un unique ouvrage autobiographique «  Mars ». Né le 10 avril 1944 il n’avait que trente-deux ans à son décès.

 

«  Zorn » est un pseudonyme  pour « mépris » ; Mars évoque aussi des sentiments de  violence.   Le vrai nom de Zorn est  Fritz Angst et ce mot de Angst c’est l’angoisse. Une angoisse, qui, mêlée  au courroux, à la rage qu’éprouve l’auteur, court à travers le récit.

 

«  Je suis jeune, riche et cultivé  et je suis malheureux névrosé et seul…  toute ma vie j’ai été sage… naturellement j’ai aussi le cancer, ce qui va de soi…» l’incipit a été souvent cité. Des phrases provocantes et ingénues à la fois, mêlant la dérision et la révolte.

 

L’auteur dit qu’il ne s’agira pas d’une autobiographie mais de l’ »histoire d’une névrose ou du moins  de certains de ses aspects. »

 

Cependant, décrivant son état et les origines supposées de celui-ci,comme  il n’est pas clinicien il se retrouve  autobiographe.

D’emblée il annonce que la maladie dont il souffre, un cancer est l’expression somatique de sa névrose. Il veut s’approprier ce cancer comme son symptôme, l’objet qu’il peut aimer et comprendre.

D’où cette formule que la tumeur est une métaphore de ses « larmes  non versées». Mais à propos de quelle perte particulière, les a-t’il  retenues, nous  ne le savons pas.  

  

En tant que malade il veut coexister le moins mal possible avec son affection, lui donner un sens, et peut-être en donner un à sa mort qu’à juste titre il suppose proche. Beaucoup d’affections sont reconnues psychosomatiques mais il est impossible de le  prouver scientifiquement. Le cancer, ce serait irrationnel  de penser qu’il s’est développé  par le seul fait de l’existence d’une névrose.

 

Pour en savoir plus, on eût dû laisser al parole au psychothérapeute, mais celui-là n’a rien su faire de mieux que de lui administrer l’extrême-onction à sa manière profane en lui certifiant que son livre serait publié après sa mort.

 

Révolte, colère, mépris : mais cette révolte fut d’abord rentrée comme en témoigne le 1er chapitre «  Mars en exil ».

 

Mars évoque son enfance et sa jeunesse à Zürich : il est révolté contre sa famille qui l’a «  éduqué à mort ».

Il épingle les formules langagières que ses parents utilisaient lorsqu’ils ne voulaient pas approfondir un sujet. Cependant, il ne dit rien de précis permettant de se faire une idée de ses parents, camarades ou professeurs, et filles «  avec lesquelles les relations n’ont pas marché ». On apprend seulement que son petit frère avait acheté un «  mauvais disque «  le Tango criminel » alors que lui, Mars, n’a jamais osé écouter de mauvais disques , persuadé que la musique classique vantée par les adultes était le bon choix.

Maintenant il regrette le Tango Criminel et c’est trop tard.

Trop tard pour vivre.

Mars a fait un doctorat en langues romanes, est devenu professeur d’espagnol : la langue du Tango Criminel.

 

A part cette métaphore que je trouve belle, il ne met rien en situation, ne relate aucune scène, peut-être parce qu’il craint d’être reconnu.

Il témoigne toutefois avoir toujours été absent à ce qu’il faisait, absent à soi-même. On le ressent dans on écriture, non pas «  blanche » mais sans couleur.

L’écriture mélange naïveté et ironie avec de nombreuses répétitions de phrases aux variations minimes, fourmille de paradoxes parfois un peu faciles :

« Pourquoi aurais-je voulu me suicider, la vie c’est donc différent de la mort ? »

 

En effet, à la vue d’une tumeur qui grossissait rapidement, il n’a pas voulu consulter, attitude suicidaire.

 

S’il avait vécu, , il aurait pu cultiver son goût pour l’aphorisme et écrie des maximes. «  J’ai été éduqué à mort » est une formule qui laisse à penser.

 
 
 
par Dominique Poursin publié dans : litt Langue allemande commentaires (1)    ajouter un commentaire
communauté : SOIF DE LIRE...
Samedi 5 août 2006

 

 

 Petit intermède avant la suite du bref parcours : la "psychologie" chez Musil :

 Meingast le frère de Clarisse, psychanalyste de service, est une figure extrêmement négative qui incarne certains des malentendus de l’époque ( et la mauvaise foi de l’auteur) concernant la psychanalyse naissante (Il est intéressant de comparer avec le personnage de « Kropotsky » et ses expériences érotico-occultes dans la « Montagne magique » ainsi qu’avec le Docteur fou de la « Pitié dangereuse «  de Zweig, qui veut persuader le lieutenant Hofmiller d’épouser l’héroïne ; on peut constater que ces portraits sont tout aussi chargés que celui du psychiatre musilien alors que l’on sait que Thomas Mann et Stefan Zweig, contrairement à Musil étaient favorables à la psychanalyse et entretenaient des relations d’amitié avec Freud). Musil Haïssait tant la psychanalyse qu'il écrivit l'Elève Törless avec des références psychologiques et psychiatriques alambiquées en évitant soigneusement tout ce qui  aurait pu paraître inspiré par Freud. Le livre n'en est pas moins assez réussi. Je le relis encore ce "roman de collège" à portée philosophique et même politique. 

 

 Partie III : Les Criminels : 56 séquences plus 70 inachevées ou ébauchées. 

Le donjuanisme d’Ulrich évolue : son père vient de mourir, il se rend dans la maison paternelle. Il n’aimait pas le vieux et ils ne se voyaient plus. 

 

Avoir perdu son  père ne  fait pas surgir le patronyme d’Ulrich que nous continuerons à ignorer. Ulrich se veut libre, donc sans filiation sérieuse. 

 

 Mais la mort du père fait advenir la « sœur oubliée » Agathe, 27ans, blonde, belle (agathos : beau). Ils se rencontrent vêtus de la même façon avec des pyjamas qui font penser à Pierrot aussi bien qu’à Arlequin. 

 

« Sommes-nous jumeaux ? » 

 

Le ton change, ils évoquent des souvenirs d’enfance, se font les récits mutuels de leurs vies respectives.
Agathe est libre et libre penseur aussi : la façon dont elle jette son porte-jarretelles dans le cercueil du défunt choque même Ulrich. 

La mort du père, levant l’interdiction d’inceste, (ou la préservant ?) introduit de nouvelles préoccupations : Ulrich et Agathe décident de vivre l’un pour l’autre. Ils se défendent de consommer leur union tout en ne se l’interdisant pas. 

L’arrière plan social de la première partie devient sporadique, Musil en a fini ou presque avec la critique sociale. 
 

 

Agathe, un personnage auquel le lecteur devrait logiquement  ne pas pouvoir croire aisément. Elle n’est pas évoquée dans la première partie du roman même sous une forme allusive. Ulrich alors n’avait pas de sœur ou il était amnésique. Et Agathe n’est pas "une femme de plus". On voit qu’elle est créée pour Ulrich, pour être son double. Elle apparaît très naturellement certes mais comme le font les fantômes. Le  récit commence par le chapitre «  La Sœur oubliée ». Agathe lève des interdits en même temps qu’elle les fait surgir. Elle modifie le testament du père et le réécrit pour déshériter son mari et rester avec son frère. Ulrich sera seul héritier.  

 

Le roman ne se termine pas, l’ennui de l’HSQ, l’essayiste de lui-même, ne tourne pas à l’aventure mais à l’errance.  Qui plus est s’il  ne s’engage pas socialement, professionnellement, intellectuellement, c’est, nous sommes tenus de le  constater vu la tournure que prennent ses affaires, en III, qu' inconsciemment, il se gardait disponible pour une passion  « incestueuse » non consommée mais qui l’occupera beaucoup.
La passion est ce qui enchaîne le plus.
Heureusement le roman ne s’achève pas. 
 

 

Musil meurt en 1942 et en exil sans avoir achevé son œuvre  qu’Umberto Eco appelle « une œuvre ouverte » par opposition à «  La Recherche » de Proust, contemporaine, close sur elle-même, et possédant sa conclusion  propre : restitution de la vie dans le projet esthétique.  Avec Musil nous restons dans la sphère du doute. L’œuvre s’ouvre sur des « possibles «  non sur  des certitudes.  

 

Musil est-il philosophe ou romancier ?
il est philosophe parce qu’il écrit un roman  et il écrit un roman parce qu’il veut écrire ses pensées sans être  philosophe.

Intéressé par la philosophie, il pense toutefois que c’est «  une dictature de l’esprit que d’enfermer le monde dans un système clos.

 

 

 

 

par domiwind publié dans : litt Langue allemande commentaires (0)    ajouter un commentaire
Mardi 1 août 2006
2) Les parties I et II sont un entrelacement d’intrigues écrites assez traditionnellement sur le mode ironique, que l’on retrouve chez maint écrivains du 19eme siècle : les pensées n’y apparaissent pas comme des excroissances mais comme des commentaires longs de la situation concrète décrite ou des mœurs du temps, qui, parfois , la théorisent.
 
Intrigue : femme. Ulrich en a rencontré beaucoup et l’on note une progression des rencontres féminines, qui, de la plus simple à la plus complexe vont aboutir à Agathe à moins que la série ne se rompe pour lui laisser place ?
 
1-     Leona : chanteuse de cabaret représente les pulsions orales, gourmandise y compris.
2-     La « Majoresse » une femme étrange avec laquelle s’élabore un amour quasi-mystique. Au début de l’action elle fait l’objet d’un récit rétrospectif, souvenir de la jeunesse du héros. Préfigure Agathe dans un certain sens mais va au-delà et reste en deçà. L’expérience demeure abstraite.
3-     Bonadea (bonne déesse) trouve Ulrich évanoui dans une rue où il s’est fait attaquer et détrousser. Le soigne et devient sa maîtresse. Femme du monde un peu sotte, toute d’extériorité. Ulrich finit par la chasser.
4-     Gerda : amie de Hans Sepp, l’étudiant révolutionnaire, jeune fille osseuse, attirée par Ulrich mais au moment suprême a une crise d’hystérie. : c’est du moins ce que l’auteur a voulu rendre d’après ses études de psychologie.
5-     Diotime ( Ermelinda femme de Tuzzi) la belle âme. Ce surnom vient du Banquet de Platon, des poèmes de Hölderlin, une longue tradition d’héroïnes germaniques formées sur le mythe grec. Comme la « bonne « âme, la « belle » est tournée en dérision même si elle veut se mouvoir dans un registre sublime : Diotime est attirée par Arnheim ainsi que par Ulrich ; voulant avoir des préoccupations intellectuelles et sociales, elle ne cherche en fait qu’un amant, même si elle l’ ignore. Ulrich lui, il le sait : on ne la lui fait pas !
6-     Clarisse, la femme de Walter. Ulrich y a mis ses connaissances en psychiatrie. Hystérique, elle aussi (comme toutes celles qu’Ulrich rencontre car c’était la mode de l’hystérie féminine), elle réclame d’Ulrich un enfant et veut se donner à lui. S’il refuse ce n’est pas pour être fair-play avec Walter mais seulement parce que Clarisse ne l’intéresse pas et qu’elle lui fait peur avec ses prétendus désirs de maternité. Dans la partie II ; elle s’attache au meurtrier psychopathe Moosbrugger, qui intéresse aussi Ulrich (côté dostoïevskien de l’œuvre.), mais elle va chercher à le faire évader. Jusqu à la fin Clarisse continue à jouer un rôle ; on peut dire qu’avec Moosbrugger, ils constituent le double délirant ( et un peu caricatural) du couple que Ulrich va former avec sa sœur.
 
Enfin, on ne manque pas de s’apercevoir que toutes ces héroïnes (parmi lesquelles il faudrait citer Rachel la jolie domestique des Tuzzi) appartiennent toutes à un homme, et se laissent séduire par Ulrich qui veut bien les tenter mais non les goûter ( Bonadea mise à part, cependant Ulrich n’a jamais vu son mari).
 
Musil a eu la vanité toute masculine de rendre son héros irrésistible sans en faire un Dom Juan accompli car il consomme rarement. Mais cela est –il nécessaire ?
 
Il semble donc que L’HSQ ait au moins une qualité : c’est un séducteur.
Il pourrait en avoir une autre ( qualité dans le sens de vertu ou encore « excellence » au sens grec) : se soustraire aux engagements de la comédie sociale en ferait-il  un homme libre ?  
 
par domiwind publié dans : litt Langue allemande commentaires (0)    ajouter un commentaire
Samedi 29 juillet 2006
L’Homme sans qualités ( Der Mann ohne Eigenschaften)


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123 chapitre dont 58 achevés.
On a aussi compris «  L’Homme disponible », «  L’Homme sans propriété » et aussi dans une approche psychanalytique «  L’Homme châtré » en tout cas quelque chose désignant la castration.
 
Le récit devait se dérouler sur un an, l’année 1913, et se donne comme un prélude à la Grande Guerre.
 Lieu : Vienne, capitale de la Cacanie c’est – à dire de l’Autriche-Hongrie. Autre lieux : en province, la petite ville où est enterré le père dans la partie II, premiers chapitres. Des leiux affectionnés par le personnage ; jardins, ponts, rues, jets d’eau.
 
La publication a lieu en 1937, sous le titre « Voyage au bout du possible » qui concerne le tome I ; En 1933 parait une partie du 2 : « Millenium : le règne des criminels. Ce sont une cinquantaine de chapitres, des fragments, qui sont autant de variations possibles et complètent le tout.
 
Genèse : Musil travaille à L’HSQ depuis la publication de l’Elève Törless en 1906. Le roman initial devait s’appeler « Les Jumeaux » : contrairement à ce qu’on peut lire dans la chronologie du roman tel qu’il est constitué, c’est l’épisode de la rencontre entre Ulrich et Agathe qui fut l’idée initiale du récit  sinon son enjeu. Musil a écrit un poème « Isis et Osiris » ( cité dans son journal en 1925). Sur le thème mythique des rapporte entre les deux divinités, il conte comment la sœur mangea le sexe de son frère endormi. Un poème écrit à la manière des Romantiques allemands, et qui ne nous entraîne pas si loin de « Musil en tant que scientifique » puisqu’il est persuadé que le mythe aide à comprendre la réalité objective. Le poème contient le roman « in nucléo ».
 
Il y a donc à l’origine de L’HSQ un groupe de fantasmes (inceste frère soeur, gémellité, dévoration) dont Musil tire un autre ( l’androgynie)  en s’appuyant sur des mythes. Et qu’il a l’intention de développer. Quoique les lecteurs de L’HSQ découvrent apparemment tout à fait autre chose, lorsqu’ils abordent l’œuvre par son commencement, et même s’ils ignorent la suite, l’intérêt porté à ce fantasme , et l’empathie pour celui -ci les emportent à lire le roman d’un seul trait, parce que ce fantasme pointe sous le premier récit.
 Même s’ils ne partagent pas le penchant de l’auteur, ils prendront goût à leur lecture. L’idée leur plaît de lire un roman philosophique, scientifique, de critique sociale, de mieux comprendre les prémices de la Grande Guerre et la société viennoise proche du pouvoir politique à travers le récit musilien. Ils vont aussi découvrir dans cette première partie un autre fantasme musilien : l’homme peut être libre. Celui-là est universellement partagé…
 
L’incipit de L’HSQ introduit le lecteur dans le roman par des considérations météorologiques qui redoublent ironiquement une réalité sociale. Une dépression qui vient de l’est annonce de fortes précipitations pour un avenir proche. Et indique que nous sommes à Vienne .
On ne s’occupe que de célébrer le trentième anniversaire du règne de Guillaume II, le soixante-dixième de l’archiduc François-Joseph, à la veille de sa destruction : l’incipit fait pour le voyageur, ressemble un peu à celui du « Rouge et le noir ».
 
Le personnage d’Ulrich ( c’est l’homme libre) :  un prénom seulement. Il a trente-deux ans, mathématicien, il travaille pour lui-même lorsqu’il en a envie. Il a fait trois tentatives pour devenir un grand homme : l’armée, le métier d’ingénieur, et les mathématiques. Puis, ayant remarqué qu’un « cheval génial »  l’avait précédé, il s’est désintéressé.
Il n’est engagé dans aucun projet professionnel ou autre. Connu comme intellectuel bourgeois qui flâne dans le quartier, il fréquente des personnes qui, eux , sont tous engagés dans un processus et qui sont «  des possibilités » « des incarnations » de ce qu’il aurait pu devenir et il les tourne quelque peu en dérision, enchanté de ne pas s’être laissé avoir. Ulrich c’est quelqu’un à qui on ne la joue pas.
 
« Vous envisagez tout sous la forme de l’essai » lui dit Paul Arnheim, chapitre 121 T 2 .
-La vie elle-même est une expérimentation.
 
Les relations de Musil n’expérimentent rien, ils se contentent de suivre le programme déjà établi à l’avance du rôle qu’ils ont accepté de jouer.  
 
A ; Par exemple, celui d’ un homme politique.
. Le comte Leinsdorf, vieil aristocrate, politicien qui voit venir la guerre avec fatalisme. Engagé dans un projet «  L’Action Parallèle » destiné à tenir en bride les esprits et raisonner les intérêts . Tous les notables feignent de croire à l’utilité
de ce mouvement dans une monarchie « Impériale et Royale ».
- Le « sous-secrétaire Tuzzi » : politicien rusé que Ulrich appelle ainsi par mépris.
 
B. Un homme d’affaire : Paul Arnheim : ( On sait que Musil a pris pour modèle Rathenau)
D’abord industriel, il règne sur des usines et l’exploitation de gisements de pétrole en Rhénanie, activement engagé dans un capitalisme typique de l’époque. Mais c’est aussi un homme mondain, et qui a une forte mainmise sur l’édition. Il écrit (et fait écrire…) des romans à succès tous signés de son nom.
Ulrich a une longue conversation avec lui, à la fin de la première partie, et se voit proposer un emploi, refuse de collaborer.
.Léon Fischel, un « banquier relativement honnête »
 
C. Un artiste (raté bien sûr…)
Walter, l’ami d’enfance d’Ulrich, qui n’arrive pas à percer. Ulrich représente Nietszche pour Walter et son amie Clarisse. Il est censé être une force active barbare. Walter serait « l’Homme du Ressentiment » .
On peut constater que ces positions sont réversibles…
 
D. Un militaire. Vieux et retraité. Le Général Stumm von Bordwehr.
Ulrich va souvent le rencontrer à la Bibliothèque Nationale. Le Général retraité assure Ulrich, un peu stupéfait, qu’un vrai bibliothécaire ne saurait se laisser aller à lire les livres dont il assure la gestion, sous peine de provoquer un invraisemblable désordre. Stumm est un homme de bon sens, il nous apparaît aussi comme naïf.
. Un militant révolutionnaire jeune et exalté : Hans Sepp.
 
E. Un hors-la-loi criminel et fou ( Moosbrugger) et un psychiatre vicieux : Meingast.
 
L’ouvrage est prolixe de ces paradoxes et des pensées monologuées d’Ulrich rapportées au discours indirect libre, véritables dissertations qui ont fait dire que l’HSQ était un essai raté, un essai transformé en roman un essai de roman. Philippe Jaccotet, traducteur de l’œuvre en français,(le seul pou l’instant) a employé ces mots ; puis l’HSQ est devenu selon une formule plus sympathique «  un roman philosophique » . Thomas Mann, contemporain et grand rival de Musil est rangé dans la même catégorie, alors que l’on a dit «  Thomas Mann ne se permet aucun dérapage dans la forme et Musil aucun dans la pensée ».
 
 
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Jeudi 2 mars 2006

51DM9Z8MAXL.-AA240-.jpg1-  Christa Wolf Le Corps même. Fayard (Littérature étrangère) trad. 2003.

 

 

 

Atteinte d’une péritonite, la narratrice reste dans un état grave quelques semaines et rêve qu’elle se promène dans les souterrains, les labyrinthes, et les sous-sols , à différentes époques, notamment la guerre qu’elle a connue enfant, seule, puis accompagnée de son infirmière anesthésiste, Kora. Telle Dante, conduite par Virgile, elle visite à sa manière les cercles de l’enfer. Souvent aussi, elle est consciente, et tente de survivre avec ce lourd handicap de n’être plus qu’un corps inerte. Elle métaphorise sa maladie, se demande pourquoi elle a été si longtemps sourde au mal qui l’abîmait, revit quelques épisodes de sa vie liés au destin du PC de la RDA( L’action date de 1980.)L’un de ses amis Urban qui soutenait une tendance dure est lâché par les autres, et disparaît au moment où elle tombe malade…

 

 

 

Le texte est complexe : sa manière unique d’utiliser tous les pronoms personnels pour se désigner, sans préférence, interfère avec la façon dont elle désigne son conjoint et les différentes infirmières et médecins, personnages importants de l’histoire. « Tu » c’est elle, son conjoint, où quelqu’un d’autre à qui elle s’adresse en pensée et qui peut être présent ou non. Elle joue avec les pronoms et nous laisse parfois volontairement ignorer à qui ou de qui elle parle. Les dialogues réels comme imaginaires, sont présentés avec un naturel savamment étudié, souvent sans guillemets, et l’on confond réel et imaginaire comme la malade le fait. Les conversations sur la mort, l’âme, le corps, sont également complexes, parce qu’elle utilise un vocabulaire mixte : philosophie, mythologie, propos qui relèvent de la »sagesse populaire », psychologie… on ne saisit pas d’emblée où cela nous entraîne. Bien entendu toutes ces difficultés sont bienvenues car elles témoignent de la richesse de cette écriture.

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 31 janvier 2006

Edition : SEUIL, Point Roman, 1963.

 Fils d'un magnat de l'industrie, Hans Schnier, 20ans, s'est fait clown pour se révolter contre son milieu, et le tourner en dérision. Il vit avec Marie qui est catholique. Les représentants de son groupe socioculturel manifestent leur hostilité à son égard et commencent à l'exclure. Elle décide de quitter Hans pour Küpfner, premier dignitaire de l'église catholique allemande.
A Bonn, Hans, qui ne veut pas d'une autre femme, la cherche. Il s'est blessé au genou, s'alcoolise dans sa chambre d'hôtel, téléphone à tous ceux qui ont connu Marie ? Ne recueillant qu'hostilité, pitié ou mépris. Grimé, il s'installe sur le quai de la gare : c'est pour croiser Marie qui rentre de voyage de noces.


     Le roman est un long monologue et un mono dialogue téléphonique. Hans se souvient de l'époque nazie, de l'engagement de ses parents au troisième Reich, du sacrifice de sa sœur Henrietta, vendue à la DCA allemande en 1945. En même temps qu'il évoque le passé, il fustige les industriels, pour qui seul le point de vue économique compte, Adenauer, les catholiques sclérosés par l'amour et la miséricorde, et les protestants avec leurs problèmes de conscience. Sa vision du mariage et des rôles homme femme, reste traditionnelle.

par Dominique Poursin publié dans : litt Langue allemande commentaires (0)    ajouter un commentaire
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