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UTILISER CHAQUE VOYELLE POUR COMPLETER CE MOT :

P-P-L-R-


      « Papelour, papenlair, papelure?

Papesse : Jeanne la papesse ! et Papin qui inventa la chaudière où ses sœurs ébouillantèrent leurs maîtresses !  

Papu, ;papulire, papucroire... Pépie ?

Il sortit son paquet et en détacha une cigarette. Des poils roux dépassaient du mince cylindre de papier  qui lui picotèrent la langue. Il hésita à se donner du feu. 

 Pip. Pip. Haendel, Estelle. Pipistrelle, pipeur, pipen laire... Pip et Estelle ne seront pas heureux. 

      -Attention, Jehan, regarde ta montre ! 

     Il en était à « po »...

Po. Popa, popart, bof ! popcorn : avec sa sœur ils avaient fait éclater des grains de maïs dans une casserole, admiré Les excroissances les boursouflures. Elle criait d’une façon un peu déplacée comme si elle voyait ça pour la première fois.... Le champ de maïs. Popeye ! Ce salaud. Le Popeye qui vous assène le monde d’une autre façon. Un assassin de petite taille  qui, avec l’épis de maïs, à défaut d’autre chose, faisait à Temple subir les derniers outrages. 

Le copain de Temple? un imbécile.

Et les autres ? ces drôles de paysans dépravés...  Si j’avais accompagné Temple, moi, je parie que rien ne lui serait arrivé. Il aurait vaincu le monstre!

 Jamais je ne me serais aventuré dans cette  bicoque de dingues pour vendre du whisky ou en acheter… Qu’est-ce que je fais ici ? 

Cesse donc !  Si tu te poses des questions, tu  es perdu !  

Po...pocatepetl ; n’est-ce pas le volcan qui  te cause ?  Lorsque tu grimpes sur son flanc, tu entends un grondement,  il te raconte ta vie et la sienne. Allonge-toi et  colle ton   oreille contre son ventre herbu et caillouteux.

Oui, je sais : ce n’est pas un nom propre que l’on me demande !  Ouf ! Pu, pupitre, pupille, pupil… Pfuitt ! j’arrête.



TROUVER DEUX MOTS QUI SE PRONONCENT PAREILLEMENT MAIS S’ECRIVENT DIFFEREMMENT ET SIGNIFIENT: 

Un élu/ Un parent.


 Deux ? Qui se ? Mais qui ?  Mais quoi ? C’est dingue ! se pro S’écri Pareil ? 

Au bout de quelques minutes de panique, il soupira de soulagement. Des homophones, quoi ! Ne peuvent-ils  pas s’exprimer simplement ? 

Et qui signifient ...?  Pourquoi deux ? Bon, élu et parent sont apparemment synonymes...

 Un élu, un parent. Le pauvre gosse fait de son parent un élu. Il n’a pas le choix !

Plus tard, il fera de son élu un parent. Sinon, aura-t-il le courage d'aller voter  encore pour lui? On ne s’en sort pas. 

Injuste ciel ! Jehan, relis l’énoncé. Qu’est-ce qu’on te demande ? 

Oui, oui ! Parent égale Maître. Le parent est un maître pour l’enfant. Qu’y puis-je ? 

« Ce sera une excellente occasion de reprendre confiance en toi, Jehan, lui avait dit son père. Tu te rendras compte de tes capacités. Objectivement. Rationnellement. Positivement.


« Il est temps de faire un bilan raisonnable de tes possibilités, avait ajouté sa grand-mère afin de  les travailler au mieux. »


La psychologue qui l’avait accueilli tout à l’heure patientait dans le bureau contigu. Il l’imaginait en train de déplacer des dossiers. La pile de dessous sur celle de dessus. Et que j’te  détache une feuille couverte de mots,  et que j’me penche et feigne de lire. Comme si la surveillait une invisible caméra. 

Et bien, pas moi ! 

Rempoche ton paquet, Jehan, cesse de humer ce tabac blond. Lis ton énoncé. Elle ne verra pas les volutes de fumée s’échapper de dessous la porte.

      Peut-être : mais il y a peu de chance qu’elle soit anosmique.

M’en fous ! … Un élu, un parent, un maître...


De précieuses minutes s’enfuirent avant qu’il ne s’avisât de son erreur. Parent et maître ne sont pas synonymes, même si dans sa famille les parents sont tous enseignants. Il s’agit seulement de consanguinité. 

Consangouin, consagouin. Ascendant ?Affilié ?


   Perplexe, il s’occupa de l’Elu : choisi, préféré. Chouchou. Président, sans doute ? Recteur, dirlo, gouverneur, Auguste, César, Alexandre, Pape, Tout-puissant, Roi-soleil, fürher, Dame de fer, Dame de Pique, damned !  Timonier, capitaine, pilote, Tintin… ne t’égare pas !

Reine-mère Petit père des peuples,  Big Brother, tonton Mackhout ? Ah, voilà des parents !


     Si tu ne trouve pas, passe à la suivante !


 

QUEL EST L’INTRUS ? 

H M X N A.


 A est ici la seule voyelle. H ,la seule de ces lettres qui s’écrit et ne se prononce pas. Subrepticement, elle se glisse entre deux lettres parfois pour les empêcher de s’accoupler : Tohu n’est pas tou? bohu n’est pas bou, bahut n’est pas baut. Cahin  et Caïn ma foi, tant pis !

Reste que H est une lettre intéressante…

Oui, et alors ? Qu’est-ce qu’on te demande ? 

M et N sont inséparables comme oiseaux dans cage. 

Un poisson se fit éjecter d’un aquarium, un  poisson rouge d’une belle couleur vieil or..  Etendu  au milieu d’une flaque sur le sol de ma chambre, privé d’eau, Max agonisait. Son jumeau Moritz gisait, ventre en l’air à la surface du bocal, entouré de ces petits grains pour eux comestibles et qui resteraient inemployés. La  frangine  avait jeté mon poisson parce que le sien était mort. Je suis devenu ce poisson…

 

Vraiment cela me touche ! Mais regarde ta montre ! 

 M et N sont liés par des sentiments opposés et rares. Qui mérite que tu l’aime mérite pareillement ta haine. N’honore pas n’importe qui de tes précieuses ressources. M et N sont frères. 

A, l’ouverture absolue et M, la fermeture  le sont aussi. 

X est la seule lettre qui possède deux sons. KS. KSS ! KSS ! Une sorte de baiser-serpent.


Pour résumer, j’ai trois lettres singulières et deux couples. Ça ne fait pas un seul intrus.

Changeons de stratégie : en retournant la cohorte  A devient une étrangère, M se change en W, les autres ne sont pas affectées. Et alors ?

A l’épreuve du miroir, N est la seule de ces lettres qui ne se reconnaît pas.


 

QUE VAUT LA MOITIE DU TRIPLE DE MAISON ?


    Maison compte six lettres, multiplions-les par trois, dix-huit, divisons par deux, neuf.

Il ne put chasser de son esprit la querelle familiale  périodique. :   Son père prétendait  avoir remboursé trois fois mémé  du prêt qu’elle leur  avait octroyé  pour l’achat de  leur maison. Et la vieille s’étranglait de colère : «  Vous êtes fou ! Je ne suis pas une usurière ! »

    C’est beaucoup trop simple, se dit-il. Eus égard aux questions précédentes en tout cas. Ah! je crois que le génie habite ma lampe: et me dit remplace chaque lettre par son rang dans l’alphabet. M=13 ; a=1 ; i= 9  etc… additionne-les et effectue les mêmes opérations que précédemment. Ça vous a tout de même une  autre touche. 

Horreur ! le triple est égal à deux cent treize ! Divisé par deux, il ne donnera qu’un foutu nombre décimal ! Je ne sortirais pas entier de là. 

Autrefois, je m’en tirais en arithmétique ! Surtout les problèmes de train. 

Je veux bien te croire ! L’Orient-Express, le 4h40 à Paddington, t’as deviné facilement. N’empêche que ta grand-mère te disait : assez, Jehan avec ta littérature de gare ! Sois plus ambitieux ! 

Je me suis scrupuleusement employé à lui obéïr. A présent, je me lance dans la littérature d’aéroport.  La « Mort dans les nuages » me tend les bras. 

Jehan ! Encore une fois ! Cesse de caresser cette cigarette. Oh ! Retire-la de tes lèvres, n’allume pas le briquet. Vois cette fumée opaque ! Qui ne s’en apercevrait ?

 

LAVE EST A VOLCAN CE QUE EAU EST A ?

Glace- montagne –vallée –cheminée -source.

 

Je sais qu’ils attendent source mais c’est inexact. Volcan est solide, lave est liquide. Source est toujours déjà liquide. L’eau ne coule pas de source.


DEUX MOTS QUI S’ECRIVENT DIFFEREMMENT ET.. ouais, toujours des homophones, ET SIGNIFIENT: 

Courage /entaille.


Cette-fois-ci, il ne se lassera pas égarer !Courage ! Cœur, couilles, sang-froid, sang-chaud, estomac,  bavoure, audace, rébellion, révolte, risque, vaillance, valeur, honneur, intrépidité, témérité, ténacité. Hardiesse. 

Pas de doute : question lexique, il assumait à présent. Un gros Robert tout entier généreusement s’offrait à lui.

  Entaille : coupure, blessure, morsure ; bistourure, scalpelisation, cicatroce. Marque. Incision, ex-, circon- 

Toujours rien... Raie, fente.

Encoche, estafilade. Trou ? Vide ?


Il ne rencontrait pas l’ombre d’un homophone.


Je ne te plains pas de t’être vilainement brûlé la main gauche à force de vouloir cacher l’objet du délit dans ta manche, qui d’ailleurs se troue lentement. Maintenant, ça sent le roussi. Eteins !


DANS CETTE SUITE DE LETTRES, OTEZ UN CHIFFRE , IL EN RESTE UN AUTRE.


D T R O E U I Z Z Z E E. S


ce sont des chiffres ce ne sont pas des lettres? Dois-je remplacer chaque lettre par son rang dans l’alphab…. Ça s’est révélé infructueux naguère. 

Avec le O on peut faire 0 ; avec le I on peut faire 1. Dois-je donner une réponse ? 

Ce sont des tests de provocation se dit Jehan. Comparables à ceux qu’on lui faisait parfois subir  à  l’hôpital pour détecter les produits auxquels il serait allergique. Pour lui les résultats s’avéraient toujours négatifs. Zéro ! Il résistait bien à la provocation.


Le zéro, tu te doutes un peu à qui il sera attribué, Jehan ?


 

Il  rendit son épreuve de tests à la psychologue, auréolé d’une odeur de brûlé et de tabac froid. Il avait presque tout raté dans les chiffres et les lettres, rien compris aux suites de chiffres, ni aux dominos. Restaient les figures géométriques et les oiseaux, plus amusants qui l’ont sauvé du zéro.


« Eh bien, dit la dame, ce n’est pas vraiment une catastrophe, mais…il faudra beaucoup vous entraîner. Ces tests sont démocratiques, comprenez-vous ? Ils sont conçus pour que même les individus dépourvus de culture et handicapés par un milieu social défavorisé puissent y répondre, grâce aux apprentissages techniques qui, eux, leur sont accessibles car ils les acquièrent à l’école. Ces opérations qu’on vous soumet sollicitent les centres logiques, l’intuition, l’inventivité, les capacités d’initiative, la souplesse de l’esprit. Voilà des aptitudes qui vous font presque entièrement défaut.. Pourquoi ? Parce que votre famille vous a renseigné sur trop de domaines sans vous laisser procéder à des investigations personnelles. Parce que vous avez méprisé la technique et vous êtes contenté d’un petit vernis culturel… A quoi vous sert de connaître le mot «  homophone », si vous ne savez pas les repérer ? ».

 


Elle commenta l’obstacle infranchissable rencontré par Jehan à la première question : Croyait-il n’être pas populaire en classe ? Le regrettait-il ? Visiblement il n’aimait pas ce mot ! Et s’il craignait le peuple ?


  Jehan répondit que la popularité se paie,  même dans un groupe comme la classe. Si vous êtes unanimement  apprécié, on vous demande beaucoup de services, on vous saoule de bavardages, on vous prend votre temps. On : toujours « on. »  Vous ne pouvez pas choisir vos fréquentations. Au  plaisir initial de se croire indispensable, craint, aimé, succède très vite l’asphyxie causée par  l’asservissement. A un haut niveau, ce devait être pire à son avis.


Quant au peuple, c’était  un magma douteux que l’on invoque à des fins d’intoxication communautaire.  Ne parlait-on pas de classes sociales à présent pour y voir plus clair ?


La dame le diagnostiqua égocentrique, un  défaut qui n’empêchait pas de réussir ses tests, encore moins sa vie. Il devait s’entraîner … à ces petits exercices, que sont les tests. Les plus paresseux se rendent vite compte  de leur charge ludique et y prennent goût. Les capacités s’augmentent, l’esprit s’assouplit, l’intelligence  s’affine. 

  Jehan s’interrogea en aparté : était-il vraiment paresseux ? Il lisait beaucoup, dessinait encore plus, s’exerçait à la guitare, au gymnase, nageait, plongeait, irriguait… Si ça le travaillait, il n’était pas non plus en repos… 

Mais j’oubliais, fit-elle plus doucement, que vous êtes né prématurément. Elle soupira. Je verrais vos parents. 

« Avez-vous compris un peu ce que je viens de vous dire ? » s’enquit-elle soudain avec cette fois un zeste de compassion.


Cœur, hardiesse, bravoure, rébellion ? Jehan n’en fit pas preuve. Politesse, non plus. Il se retira sans un bruit, refermant la porte derrière lui à grand fracas, la gorge contractée. Avant d’aborder l’escalier, il alluma une cigarette.
Bien sûr, se dit-il, certains clament haut et fort leur répugnance à l’égard de ces repérages de capacités intellectuelles. Nombreux sont ceux qui tonnent contre.
Mais ces mêmes personnes, voulant justifier la valeur d’Untel, mise en doute, ou inversement souligner leur admiration pour Untelautre, se servent du même argument s’il est avéré. Ils vous lancent :
« Il a un quotient intellectuel de cent cinquante ( au pire…). D’où son problème. D’où sa réussite. »Tout le monde y croit.


 

 

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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /2009 00:04
- Communauté : Les lectures de Florinette - Par dominique Poursin

   Escortée de deux haut de forme, inquiétants et muets, qui se sont joints à moi à l’arrêt du bus, si sérieux et si droits que je ne peux les prendre pour des dragueurs, je me dépêche vers ma destination n’osant leur demander la raison de leur présence, ni leur dire de me lâcher.


Je me cherche laborieusement une explication : à présent il y aurait des mesures sécuritaires telles que des femmes de mon genre, non je veux dire des femmes tout court, (toutes courtes) ont droit à un accompagnement dès qu’elles circulent la nuit tombée.


J’ai reçu une lettre me disant de me rendre à une curieuse adresse. Je me dirige vers une auberge ; ou un hôtel. Sur la façade est écrit en grosses lettres « Hostellerie Overnight »

Je suis invitée à l’émission « Du jour au lendemain », et je m’étonne d’être conviée dans un hôtel avec une inscription qui n’est pas la bonne : tu ne dois pas le montrer, bâillonne ta pensée ; je ne vais pas faire la difficile : on m’a désignée alors qu’aucun des mes manuscrits n’a jamais été publié, ni exploré ; ce doit être une erreur…Tu ne dois pas le montrer ; fais comme si c’était naturel.

C’est un hôtel petitement constellé.

A la réception, se trouve Alain Veinstein. A tout le moins je pense que c’est lui ; grand maigre avec une profusion de boucles couleur de feuilles mortes. Il porte un pullover à col V mangé aux mites en deux endroits et une chemise fleurie qui en dépasse. Bordeaux à fleurs jaunes. Des ajoncs.

Etonnant tout de même, ce vêtement, ça n’a pas de sens, et recevoir les débutants dans un… un quoi au juste ?

tu ne dois pas poser de questions ! C’est ta seule chance.

Personne ne l’aide à tenir l’hôtel.

L’atmosphère est gaie. A.V. écrit des mots sur une feuille de papier quadrillée, je hoche la tête en signe d’assentiment sans avoir rien pu lire tant ma fièvre est aphtreuse.

Je lui dis :« Vous êtes bien Alain Vahinénchtailln ? Vaillene chtailln« J'essaie de prononcer à l’allemande ; je m'embrouille...

Il corrige en secouant la tête : « Ven(e)stène. »

Je me dis que c’est bien lui : cette voix m’est familière que je reconnais aisément à cause du nombre incalculable de nuits magnétiques et de jouraulendemains que je me suis octroyées depuis une vingtaine d’années dans le secret de mon baladeur.

« Pourquoi ? " Dis-je, soudainement déçue. "Pourquoi Ven(e)sténe?"

- Ben, me dit-il, voyez-vous, Lustiger égale lustigé et non pas loustiguerre.

- C’est périmé, dis-je maintenant c’est Vingt-trois. Vingt-deux les flics, vingt-trois les curés"
.

Ai-je marqué un point ? Il n’y pas de réponse.

"Vous n’avez pas l’air de vous rendre compte, poursuit-il, que Einstein et Veinstein, c’est presque le même. Ne devrais-je pas me protèger contre cette influence ?"

Moi, je suis embarrassée, je me demande si c’est du lard ou du cochon. D’abord, évite de penser !

"je suis bien contente d’être invitée à votre émission, fis-je la jouant polie et insipide. Surtout que mon livre n’est pas publié.

- Oui, dit-il, c’est la trêve de noël. Vous aurez le droit d’en parler à l’antenne ; une demi heure au moins, comme les écrivains que je reçois ordinairement. Il ne reste qu’un obstacle à franchir : vous devez prononcer correctement ce nom qui est écrit sur l’ardoise :

THOREAU.

Ah me dis-je, presque soulagée Oui je sais ! Henry David … auteur de la Vie dans les bois.

Pas ça qu’on te demande ! Tout le monde sait que tu passes ton temps à tenter de montrer ta science et ça emmerde les gens surtout les hommes.

Alors je fais un bilan de tout ce que j’ai entendu comme manière de prononcer ; ça me fascine tant il y a de variantes !

D’abord le rustre « toro », avec le premier « e » ouvert et le second fermé, ou l’inverse.

« Zeuro, ou dzeuro, ou teuro, avec un « th » diversement abîmé dans l’s ou le Z, proche de Zéro le pauvre... quand ce n’est pas Zoro, tout bêtement.

Mais aussi soreuho, avec un r vaguement roulé parfois, ou sowo (prononcé sorrow) : le chagrin de Zoro !

Et le « tseurwo », qui est l’une des variantes préférées en français, une manière de petit aboiement si cocasse…

Tso houeu, et son petit parfum oriental, est prisé aussi.

Ensuite, dans le contourné, on n’hésite pas toujours devant : z/soriou ; z/sorio ; tsoriou ; s/zeuriou. Préférence pour le « sss » au démarrage.

Puis vient l’heure de faire mon choix.
J’ai une préférence pour « Seuriou ».
Ma bouche profère et mon  cœur bat.

« Où allez-vous me chercher ça ? fait mon hôte, amusé. Je dis « toro »; comme tout le monde !

Vous avez perdu... »

Al V. Stein me raccompagne jusqu’à la porte.

déjà je rumine que c'est vrai, Michel Cournot à l'émission, autrefois, avait dit " Toma Bernar" et non "tomass bernardtt" ça m'avait frappée ce " franco-français".

Je retrouve les deux messieurs chapeautés. L’un d’entre eux me souffle à l’oreille « The solution can’t be found overnight ».
-Qui êtes-vous ? fais-je , déroutée

-Baron de Carolusse, prince d'Olérone, duc de Brabannte, pô vô seuvi'...

Je ne réponds pas, et reprends le chemin qui mène à l’arrêt d’autobus, sachant que je ne pourrais pas revenir chez moi.


 
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /2009 17:24
- Communauté : Les lectures de Florinette - Par Dominique Poursin

i-bananier-acuminata-belgique.jpg  

Une petite fille blonde, les cheveux séparés en larges couettes qui giclaient de chaque côté du visage, dodelinait rêveusement assise sur trois lattes de bois accrochées à deux cordes que supportait une barre de fer horizontale qui étayait la tonnelle. La balançoire oscillait dans une trouée entre deux treillis de fils entrelacés. Francine avait six ans passés. Jamais plus elle ne s’élançait aussi haut qu’elle l’aurait souhaité sans faire trembler et grincer la barre. Elle devait plier les jambes à l’horizontale sous le siège pour ne pas racler le sol. L'instrument avait perdu ses capacités ludiques à mesure que l’utilisatrice grandissait. Mais ses grands-parents ne semblaient pas s’en apercevoir.
        Dans sa main droite, l’enfant tenait une banane que sa grand-mère lui avait donnée pour le goûter. Le fruit était à demi débarrassé de son enveloppe dont trois pelures jaillissaient comme des pétales autour de la substance comestible ivoire qui se dressait fièrement au centre, suivant les lentes évolutions du mouvement de bascule. C’est du moins ce que croyait Francine mais lorsqu’elle porta son regard sur le fruit qu’elle avait en main, elle ne vit qu’un moignon de chair qui dépassait à peine des pelures retombées. Eperdue, elle sauta à terre, en quête de la partie supérieure du fruit, scruta l’espace de terre battue en dessous de la balançoire, là où ses pieds chaussés de sandales heurtaient si souvent le sol, et crut voir une abjecte bouillie qui se mêlait à de la glaise mouillée. Secouée de sanglots, elle franchit le carré de pelouse, puis l’espace gravillonné qui la forçait à ralentir l’allure, atteignit la véranda, et y trouva sa grand-mère à qui elle débita un flot de paroles confuses entrecoupées de gémissements convulsifs à propos d’une banane sectionnée à laquelle elle ne toucherait plus désormais et dont elle produisit le tronçon. restant. L ‘aïeule s’esclaffa et lui dit, croyant la consoler, que ses pleurs étaient inutiles: des bananes, on n’en manquait pas ! Elle pouvait lui en offrir une, deux, trois, et même dix ! »
     Francine secoua la tête. Cette banane serait sa dernière. Elle le savait.
     Sa grand-mère ne s’avouait pas vaincue.
 « Ce matin, au Marché, ton grand-père a acheté des frécinettes, si tu veux y goûter.
    - Des ? …
    Lorsque Francine revint aux environs de la balançoire, elle épluchait du regard trois bananes naines d’un vert vif que l’aïeul avait rapportées du Marché. C’était de jolis fruits agréablement sucrés qui venaient d’un pays lointain, où le soleil brillait toute la journée jusqu’à minuit, où la pluie était plus chaude que la douche tiède dans la salle de bain, où l’on cueillait des nénuphars et des lotus bleus, où des alligators se vautraient dans des marécages, où l’on entendait jouer du tam-tam et du bongo, où les grandes filles dansaient toute la journée avec des fleurs blanches piquées dans les cheveux, où les petites filles mendiaient dans les rues…
     Francine savait gré à sa grand-mère de ne pas l’avoir sermonnée ou menacée d’être privée de goûter comme l’eût fait sa mère. Toutefois, son chagrin ne pouvait cesser avec l’octroi d’une nouvelle banane même exotique. Jamais plus elle ne supporterait d’évoquer la première, hardiment érigée au milieu de son éventail de pelures. Elle n’oublierait pas non plus l’horreur ressentie à la vue de cette informe bouillie terreuse, restes méconnaissables du fruit rompu et tombé à terre qu’elle avait elle-même foulé aux pieds après la chute. Elle n’accepta plus que les bananes naines. Pour divertir les adultes sa grand-mère racontait périodiquement l’énorme chagrin si peu en rapport avec le menu incident. La fillette reçut en souvenir le surnom de Frécinette. Elle porta vaillamment son sobriquet et osa parler d’une balançoire neuve. Un an plus tard, son grand-père fit installer un petit portique, duquel pendait une échelle de corde, une nouvelle balançoire, et un trapèze. Le même jour, sa mère revenait de la clinique avec deux bébés braillards dont on espérait faire des acrobates.
    Frécinette commençait à escalader le trapèze, et à s’y maintenir d’aplomb, lorsque sa grand-mère l’appela à l’aide : il fallait donner le biberon aux deux jumeaux et « ta maman n’est pas là, ce soir »
«  Où est-elle ? s’enquit Frécinette 
 - Elle est partie se marier.
 - Comme les princesses ?
   La grand-mère se troubla. « Pas tout à fait. Elle épouse un monsieur plus âgé qu’un prince. Mais beaucoup plus raisonnable !
 - Elle se marie avec grand-père, alors ?
 - Voyons ! Que dis-tu là ! C’est moi que ton grand-père a épousée, dit l’aïeule en se tapotant plusieurs fois la poitrine comme si elle cherchait à éructer.
   Qui sa mère pouvait-elle bien épouser ? se disait Frécinette, complètement perdue. Quel parti serait meilleur que son grand-père ? Il s’occupait de la maison, du jardin, de la voiture, recevait de l’argent tous les mois. C’était l’homme. La mère de Frécinette arrivait tous les samedis par le train, et repartait lundi matin. Depuis que son ventre avait poussé, et les nourrissons fait leur apparition, elle ne quittait plus les lieux. Ce n’était pas forcément une chance. Aujourd’hui, elle exagérait ! Peut-être sa grand-mère, atteinte d’une légère surdité, avait-elle mal compris : sa mère et son grand-père étaient partis à une réception entre adultes et ils n’avaient rien fait d’autre que discuter, boire et manger. Pourtant, le lendemain, Frécinette fut présentée à un autre monsieur bien plus petit que son grand-père, ventru, obséquieux, à la voix de banane écrasée. Les bajoues dégringolaient lâchement du visage. On la somma de l’appeler papa.
   Frécinette se sauva et gagna le trapèze où elle se jucha. Elle n’en descendrait plus.
 
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 00:10
- Communauté : blog culture - Par dominique Poursin


 La lettre  venait des   services du recyclage des agents non-titulaires en passe de ré-admission à une virtualité d'emploi.


Ma convocation a été acceptée par le préposé siégeant à l'accueil, lequel a confirmé que j'étais bien attendue au premier étage, troisième porte à droite.

C'était une pièce nantie d'un bureau encombré de toutes sortes de dossiers, la chaise de l'éventuel occupant était vide. Sur  l'écran de l'ordinateur, des photographies de loups défilaient en boucle.   


 Je suis restée  debout pendant des heures ; j'ai attendu. Si longtemps que je ne sais plus ce que je suis venue faire. Je connaissais les images de loups par cœur. Des blancs, des gris, des beige,  un endormi, trois qui montraient leurs crocs, deux qui s'éloignaient dans une forêt, de la neige parfois, du feuillage, souvent, un rocher bien sûr... des loups comme on en voit partout, quoi... !


  Une femme est entrée. Elle portait un tablier en tissu à fleurs et à bretelles sur son vêtement.

C'était peut-être une domestique, mais la coiffure trop apprêtée me semblait-t-il. Du doigt, elle me désigna un réveil  rond posé sur le bureau, un réveil presque assez joli pour l'appeler une pendulette.

« Avant quatre-heure et demie, dit-elle.

Surprise.

« La lettre doit partir avant quatre heure et demie.

-         Que dois-je écrire ? J'ai seulement une enveloppe.

-          

Elle me montre  une photo représentant une secrétaire à  chignon haut placé penchée sur son bureau  avec un degré de déclivité important qui suggère une application extraordinaire ; les écoliers font parfois de même.

-Vous devez écrire une lettre qui  partira avant quatre heures et demie. C'est tout.

Elle m'invite à m'asseoir au bureau et quitte la pièce.


  Je n'ai personne à qui écrire, et pas de papier à lettres. Il me faudrait aussi une adresse. Ne pouvant obtenir cela, je reste assise à ne rien faire. Me demandant si c'est du lard ou du cochon. Si je suis embauchée quelque part et dans ce cas je vais me faire licencier pour inactivité : le fait que nul ne m'ait donné la moindre tâche à effectuer n'est pas une excuse je le sais : on doit s'affairer lorsque nul impératif ne vous point, c'est le tour de force du travail de bureau, et de n'importe quelle activité professionnelle.

Mais il est possible que je ne sois pas du tout embauchée ; je suis peut-être venue pour régler une vieille affaire

Le texte de la convocation n'en disait rien,  ne me rappelait aucune affaire en cours...


 L'employée de tout à l'heure, revient, l'air conforme  à un chef, je le vois à son sourire pincé faussement accueillant, la main qui ne se tend pas, un bracelet un peu épais qui bouge lentement autour d'un poignet énergique, un maquillage  efficace, une coiffure sans âge.  


Elle me demande la place, fait un geste vague dans quoi j'interprète qu'éventuellement je pourrais aussi prendre place, mais où donc  attrape un stylo bille de mauvaise qualité  dont l'encre a déjà quelque peu fui, pose devant elle une page ordinaire quadrillée arrachée assez proprement (semble t'il à un bloc bon marché), et questionne : 

Pourquoi n'a-t-on pas voulu de vous comme professeur ? »

Cherchant une réponse je me dis « parce que c'est une corp-une corporation. » Je me répète corporation en hésitant sur les mots que celui-là contient corps , porc, pore ,portion et ration ...

A voix haute je trouve  enfin mes mots : «  dans un corps déjà constitué, c'est un peu délicat de se faire admettre. »

La preuve, c'est qu'aucune âme ne vient dans un corps qu'il ne connaît pas, pensé-je... mais cela se conteste.

La  secrétaire, directrice, ou seulement adjointe (adjointe lui conviendrait assez bien mais  deviner à quel service, elle est ainsi  rattachée, voilà qui n'est pas aisé à résoudre).

-         Et la lettre ? lui dis-je, à voix basse ; celle que je dois écrire avant quatre heure et demie ?



Très surprise, cette personne déclare que je n'ai pas à toucher aux fournitures. Des lettres ! Nul n'en écrit plus. On se sert de la messagerie. Si l'on m'a induite en erreur ; elle n'en peut mais. Elle transmettra les informations me concernant à qui de droit. Ne me retient pas.


Je me demande comment font les autres employés.  Soudain, je vois que la salle est bien plus grande que je ne croyais, c'est le problème quand il vous faut des heures pour oser regarder au loin... et un grand nombre de tables sont occupées par des gens qui fabriquent des personnages avec des matériaux divers, du plâtre, du mastic, ou  du bois. Certains se servent d'instruments, couteaux, truelles, grattoirs... Je n'ose pas les interrompre dans leurs activités raisonnablement ludiques mais peut-être un peu puériles.

 Quelqu'un lève la tête, avec un sourire épanoui.

-         Tiens ? bonjour !

-         Oui ?

-          Vous venez pour réparer le distributeur de boisson ?


Pour le coup, je crois qu'il est temps de partir.

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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /2008 11:00
- Communauté : SOIF DE LIRE... - Par Dominique Poursin

   Par un bruineux crépuscule d’automne, que rien, à première vue, ne devait distinguer d’un de ses frères maussades, Hélène entra au BHV, et gagna le rayon des livres où elle avait ses habitudes, lesquelles consistaient à «  emprunter » deux ou trois volumes par semaines, et à remettre les produits du précédent larcin à leurs places respectives, non par remords, mais afin que sa mère, qui, sans relâche, fouillait ses affaires, restât bredouille, et que des objets aussi précieux que des livres, ne fussent point livrés aux appréciations profanes, ni ne dussent finir à l’abandon faute d’un asile convenable. Ces opérations prenaient du temps car elle tenait obstinément à les remettre les ouvrages à l’endroit exact où elle les avait dérobés.

Même par temps revêche, même sous la pluie battante, elle aimait à pérégriner le soir après la classe, contente d’arpenter les environs du lycée où elle venait d’être admise en seconde littéraire : Ses cousines avaient toutes quitté l’école en cinquième.

 

 Hélène était assoiffée de savoir : elle ne volait que des livres, de bonnes éditions munies d’un appareil critique. Elle ne répugnait pas non plus aux illustrations des Petits Classiques de l’Art, faciles à dissimuler. Toutefois, son tempérament et son âge la portaient aussi vers des aventures plus frivoles.

   Ainsi ne fut-elle pas mécontente lorsque au sortir du magasin, à peine le crachin épais recommençait-il à la transir, qu’un individu l’aborda. Elle se crut l’objet d’une mâle convoitise. Il était grand, mince, d’aspect agréable, vêtu   d’une gabardine sur un col roulé vert olive assorti lui sembla-il à ses yeux et ses lèvres fines esquissaient un sourire singulier tandis qu’elle s’entendait dire : « Jeune fille, venez avec moi ».

    Il insista quand elle haussa les épaules en détournant la tête, la mine offensée, hésitant toutefois à presser le pas car c’était la toute première fois qu’un homme encore jeune, mais déjà mature et un peu attrayant l’entreprenait.

 « C’est sérieux, vous allez me suivre ! »

 « Pour qui vous prenez-vous ? » rétorqua-elle. Au même instant, il la saisit par le bras et elle comprit. A la déception succéda   le sentiment d’irréalité d’être séance tenante officiellement hors-la-loi. En outre, elle se livrait à ce trafic depuis si longtemps, qu’elle se croyait habile autant que discrète et ne pensait plus guère à la surveillance.

   Au commissariat, les agents vidèrent son sac de classe et déposèrent sur une table le Théâtre de Pirandello, sur qui elle avait jeté son dévolu ces temps-ci, les Personnages en quête d’auteurs, la Vérité qui changeait de visage au gré des besoins et des souhaits, et même des ouvrages qu’elle n’avait pas dérobés: « Crime et châtiment »  dont elle ne se séparait pas, « l’Assommoir », que bien sûr elle étudiait en français, divers manuels de classe et la biographie de « Che Guevara » par Jean Lacouture qu’elle voulait juste remettre en rayon…la plupart des livres qu’on sortit du sac, étaient soit des «  poches »soit des livres plus onéreux mais aucun n’était relié. Certains agents lui posèrent des questions : Qu’est-ce qu’une jeune fille de son âge pouvait bien vouloir faire avec ces livres ? Ce n’étaient pas des romans pour les gamines ni pour les jeunes filles. Même pas, supposaient-ils, pour les lycéennes qui étudient studieusement leur latin. En outre, ils ne valaient pas cher à la revente… Les policiers en vinrent à la conclusion qu’elle était kleptomane, que le besoin de voler l’emportait sur l’intérêt effectif du larcin et même sur l’aspect extérieur des objets dérobés.

   Tandis qu’on appelait la famille, lasse de ce contretemps, elle s’éclipsa en pensée et entama une cogitation sur Crime et Châtiment, ouvrage suspecté mais honnêtement acquis. Etait-ce pour justifier son crime un tantinet crapuleux, que Raskolnikov inventait sa théorie selon laquelle des personnes d’intelligence supérieure étaient au-dessus des lois ou à l’inverse, commettait-il des forfaits pour expérimenter cette théorie ? Dans le premier cas, c’était un pauvre type, dans le second, un fou.

    Son père arriva. Grand, mince, anguleux, bien vêtu, agitant vivement sa cravate à pois, et fleurant une eau de toilette qui puait un brin, il salua ces messieurs avec une courtoisie qu’il voulait moqueuse et enroba sa progéniture d’un sourire de miel. 

    Il était représentant (son secteur était précisément la librairie ) pour le compte d’une société assez florissante, toutefois sa situation financière personnelle variait, dépendant de ses succès auprès de futurs clients ( presque toujours des clientes), recrutés par téléphone auquel il devait faire signer des contrats qui les contraignaient à acheter plusieurs livres par an et à accepter la « sélection du mois » qui leur était automatiquement expédiée si elles ne renvoyaient pas à temps leur coupon mensuel.

 Sa journée avait été mauvaise, des claquements de porte, des injures, et des aboiements agressifs humains et canins l’avaient persuadé de réintégrer l’appartement familial au milieu de l’après-midi. Le coup de téléphone du commissariat l’avait fait voler au secours d’Hélène, son unique enfant, qu’il imagina aussitôt tripotée par une horde de brutes vulgaires et obscènes, autrement dit des gendarmes. A y bien réfléchir, il se dit qu’Hélène, fine mais bien bâtie, vive, farouche, et quelque peu violente leur donnerait du fil à retordre. Puis, il soupira : elle s’était fourvoyée à chaparder des livres : leur petit trois-pièce en était saturé !

Hélène n’y touchait pas : les livres pratiques, les romans normaux et le «  développement personnel » lui faisaient horreur depuis quelque temps. Ses professeurs lui avaient fait la leçon.

 

     «  La télé siffle et l’écran est sillonné de zébrures. Je tournais en rond.» lui expliqua-t-il dès qu’il entra. « Cela me fait plaisir de te voir ma chérie. » Il observait à présent les flics d’un regard soupçonneux, demanda en aparté à Hélène s’ils ne lui avaient pas manqué de respect ?

      Elle détourna la tête. Lui qu’elle avait un jour giflé lorsqu’il lui avait pincé les fesses, lui qui conservait envers elle des manières veloutées, des façons ambiguës, lui, s’enquérir de la vertu des flics !

      Après que son père eût sermonné les agents qui ripostèrent et voulurent lui donner des avis du reste assez flous sur la façon d’éduquer sa fille, ils sortirent tous deux affronter l’averse. La grande aile noire de l’immense parapluie paternel jaillit soudain au-dessus de la tête d’Hélène. Le père décida qu’on irait tout droit dans un estaminet proche du grand magasin attendre que la pluie régresse.. Attablés devant une bière blonde et un chocolat chaud, ils reprirent leur entretien. Il  s’avoua navré que les livres qu’il vendait, ne puissent plus convenir à sa fille : la société ne fournissait pas d’ œuvres littéraires ni de biographies de révolutionnaires prestigieux …mais tu iras loin ! Je suis fier de toi.

Dans sa grande mansuétude, il souhaita lui donner un peu d’argent qu’elle refusa. Accepter, sans témoin, le plus petit sou de son père, lui semblait équivoque au moins depuis qu’elle était pubère. Alors, il s’emporta : « Crois-tu qu’on va aller te chercher au commissariat tous les soirs ? Suppose que je dise à ta mère  que tu es une voleuse ?  » Et le discours sur l’honnêteté « qui n’avait jamais manqué à personne dans cette famille modèle avant que l’adolescente ne vienne les couvrir de honte »… se déversa sur Hélène avec la même abondance que la pluie qui, au-dehors redoublait d’intensité.

 
 
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Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /2007 21:09
- Par Dominique Poursin

 On pose une question, à une partie de Trivial Poursuit Senior Super Méga Plus :

 « Dans quel roman, le héros ou l'héroïne jette-t-il ou elle, des pièces d'argent dans la Serpentine ? »

 J'ai composé en hâte le numéro indiqué par l'animateur. Surprise ! pas de musiquette, pas d'encombrement de la ligne, non ...

«  Je sss..ais pour la question », dis-je d'une voix trébuchante.


C'est dans Evelyn Waugh ! Heu... c'est dans Mrs Dalloway ! C'est le fou ou sa malheureuse jeune femme ! C'est cette sotte de Clarissa ! Heu... tout le monde le fait ! C'est au premier de l'an !  C'est pour porter chance ! C'est n'importe qui, partout nulle part !

Ces réponses ne sont pas très éclairantes...et pourtant...

  J'ai gagné un séjour à Londres ! Mais pas l'argent pour m'y rendre...

Ne vous en faites pas me dit l'animateur, on va arranger ça...

Vous êtes sur le quai de seine, mais sur la rive d'en face, ce n'est pas Achères. Au milieu de la seine, c'est déjà la Tamise. Vous le sentez bien : ça vous a un petit relent océanique que l'on ne sent que là-bas...


   Je hume un air vif et ardent venant de là-bas et derrière le fleuve je vois des lumières qui ne trompent pas, celles de la City. 

Il a raison...

En face, j'aperçois aussi une haute montée assez abrupte plantée de touffes d'herbes vivaces. Je brûle de l'escalader. A mi-chemin l'on distingue des maisons, qui me paraissent véritablement londoniennes.

Il ne reste qu'à attendre le passage du bac...

  Les frissons me prennent, je suis dans Hyde Park, des canards s'envolent, je mange une

pâtisserie à la buvette, je bois du thé mordoré.

 Le vent se lève, mais je suis seule et libre : je ne rentrerais pas. Je ne jetterai pas non plus des sous dans l'eau.

La moindre piécette m'est précieuse, je ne la perdrais pas.


 Mais je dois remettre ma promenade à une autre fois, car il est tard, monsieur, il faut que je rentre chez moi.

Peu importe puisque c'est si facile de passer en Angleterre...




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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /2007 21:57
- Par Dominique Poursin
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