C’est une chanson qui annonce la fin du monde.
Un genre en soi très prisé à certaines époques troublées.
Sans vouloir remonter jusqu’à l’apocalypse j’ai trouvé plusieurs poème qui y ressemblent dans l’anthologie de la poésie baroque établie par Jean Rousset. ( voir l’article qui
suivra)
L’interprétation que j’ai faite admet un sens implicite, sûrement pas voulu par l’auteur et qui ne plaira pas à tout le monde. I don’t
give a damn !
Litanies des explosions atomiques et anatomiques
1) D’où viens-tu donc mon fils au regard bleu
D’où viens-tu si tard mon enfant trop curieux ?
J‘ai trébuché sur les flancs de douze monts brumeux
Traversé à toutes jambes six chemins tortueux
Exploré jusqu’au cœur les sept tristes forêts
Vu des océans morts aux vagues pétrifiées
Erré dans un cimetière de mille mètre carrés
(dans la gueule d’un cimetière…)
Et je sens je respire l’odeur de la pluie
Qui va tout emporter.
2) Mon fils qu’a t’il vu ton regard si bleu
Qu’as-tu donc vu mon petit trop curieux ?
J’ai vu des louves sauvages tout près d’un nouveau-né
Un chemin pavé d’or que personne n’empruntait
La sève d’une branche coupée en sang dégouliner
Une salle remplie d’hommes aux pioches ensanglantées
J’ai vu une échelle blanche que l’eau dissimulait
J’ai vu mes amis muets leurs langues on l’a coupée
J’ai vu d’autres enfants armés de fusils et d’épées
Et ces gouttes si lourdes si dures et le temps suspendu.
3) Qu’as-tu entendu mon fils à l’ouïe fine?
Qu’as-tu entendu mon petit sous la bruine?
J’entends le tonnerre annoncer la venue des bombes
J’entends rugir les vagues qui vont noyer le monde
Et les milliers d’appels que nul n’a écoutés
Ceux des cent un tambours leurs mains sont calcinées
L’un d’eux meurt de douleur les autres préfèrent en rire
J’entends le roi agoniser dans son délire
Et moi qui suis son fou devrai-je l’ensevelir
Ces nuages de rage prêts à fondre
Cet orage en moi es-ce un message?
4) Pourquoi ne puis-je croiser mon fils ton regard bleu?
Qui as-tu rencontré mon enfant trop curieux?
J’ai croisé un enfant tout près d’un poney mort
J’ai croisé un blanc qui fouette ses esclaves noirs
J’ai approché une femme les flammes dévorent son corps
J’ai reçu d’une jeune fille un arc-en ciel d'espoir
J’ai rencontré un homme que l’amour a blessé
J’ai vu aussi son frère que la haine a tué
Et cette pluie qu’il faut cracher
J’en ferais des mots empoisonnés
5) Où vas-tu encore mon fils au regard bleu
Que faire à présent mon petit trop curieux?
Je me cache au plus profond de la forêt la plus dense
Je retourne dans mon rêve avant que l’orage ne commence
Là où sont mes amis et ils ont les mains nues
Où dans le lit du fleuve le poison va couler
Où la maison dans la prairie n’est qu’un cachot immonde
Où je vois mon pays comme un amas de décombres
Où les traits du bourreau sont cachés à la vue
Où règne la colère où les âmes sont toutes vendues
Où noir c’est la couleur où zéro est le nombre
Et les mots me traversent et me font haleter
Debout sur la vague, avant que de sombrer
Saurais-je ce qu’est mon chant, je ne peut que balbutier
Mais toujours
j’aimerais
ce moment
où ma pluie va déferler.
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