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Musique

Fleur



 













Vendredi 20 octobre 2006
C’est une chanson qui annonce la fin du monde.
Un genre en soi très prisé à certaines époques troublées.
Sans vouloir remonter jusqu’à l’apocalypse j’ai trouvé plusieurs poème qui y ressemblent dans l’anthologie de la poésie baroque établie par Jean Rousset. ( voir l’article qui suivra)
 
voir aussi mon article Die Unheimliche Stimme

L’interprétation que j’ai faite admet un sens implicite, sûrement pas voulu par l’auteur et qui ne plaira pas à tout le monde. I don’t give a damn !


Litanies des explosions atomiques et anatomiques

1) D’où viens-tu donc mon fils au regard bleu
D’où viens-tu si tard mon enfant trop curieux ?

J‘ai trébuché sur les flancs de douze monts brumeux
Traversé à toutes jambes six chemins tortueux
Exploré jusqu’au cœur les sept tristes forêts
Vu des océans morts aux vagues pétrifiées
Erré dans un cimetière de mille mètre carrés
(dans la gueule d’un cimetière…)
Et je sens je respire l’odeur de la pluie
Qui va tout emporter.



2) Mon fils qu’a t’il vu ton regard si bleu
Qu’as-tu donc vu mon petit trop curieux ?

J’ai vu des louves sauvages tout près d’un nouveau-né
Un chemin pavé d’or que personne n’empruntait
La sève d’une branche coupée en sang dégouliner
Une salle remplie d’hommes aux pioches ensanglantées
J’ai vu une échelle blanche que l’eau dissimulait
J’ai vu mes amis muets leurs langues on l’a coupée
J’ai vu d’autres enfants armés de fusils et d’épées
Et ces gouttes si lourdes si dures et le temps suspendu.



3) Qu’as-tu entendu mon fils à l’ouïe fine?
Qu’as-tu entendu mon petit sous la bruine?

J’entends le tonnerre annoncer la venue des bombes
J’entends rugir les vagues qui vont noyer le monde
Et les milliers d’appels que nul n’a écoutés
Ceux des cent un tambours leurs mains sont calcinées
L’un d’eux meurt de douleur les autres préfèrent en rire
J’entends le roi agoniser dans son délire
Et moi qui suis son fou devrai-je l’ensevelir
Ces nuages de rage prêts à fondre
Cet orage en moi es-ce un message?


4) Pourquoi ne puis-je croiser mon fils ton regard bleu?
Qui as-tu rencontré mon enfant trop curieux?

J’ai croisé un enfant tout près d’un poney mort
J’ai croisé un blanc qui fouette ses esclaves noirs
J’ai approché une femme les flammes dévorent son corps
J’ai reçu d’une jeune fille un arc-en ciel  d'espoir
J’ai rencontré un homme que l’amour a blessé
J’ai vu aussi son frère que la haine a tué
Et cette pluie qu’il faut cracher
J’en ferais des mots empoisonnés


5) Où vas-tu encore mon fils au regard bleu
Que faire à présent mon petit trop curieux?

Je me cache au plus profond de la forêt la plus dense
Je retourne dans mon rêve avant que l’orage ne commence
Là où sont mes amis et ils ont les mains nues
Où dans le lit du fleuve le poison va couler
Où la maison dans la prairie n’est qu’un cachot immonde
Où je vois mon pays comme un amas de décombres
Où les traits du bourreau sont cachés à la vue
Où règne la colère où les âmes sont toutes vendues
Où noir c’est la couleur où zéro est le nombre
Et les mots me traversent et me font haleter
Debout sur la vague, avant que de sombrer
Saurais-je ce qu’est mon chant, je ne peut que balbutier
Mais toujours
j’aimerais
ce moment
où ma pluie va déferler.

par domiwind publié dans : Dylan Chansons commentaires (0)    ajouter un commentaire
Dimanche 8 octobre 2006
Chanson de 1963, dernière pièce du disque " The Times They Are A-Changin' "
C'est une élégie.

Toujours ( sans repos) adieu

Tout l’argent que dans ma vie j’ai dépensé
Qu’il ait été bien ou mal acquis
Je l’ai laissé filer entre des mains amies
Pour jouir de l’instant plus violemment
Mais les luttes sont achevées
Nous nous sommes entretués
Et les règles du jeu sont périmées
(Ici le lecteur ardent et enthousiaste ce qui ne lui enlève ni sa concentration ni sa vigilance s’écrie » mais tout cela est faux ! « et grand est son courroux car « We Killed Each one” n’a jamais voulu dire nous nous sommes entretués il faudrait each other. Et que dire de « and the tables ‘full and over flowed rendues par « les règles du jeu sont périmées » ?
Rien, et si ça ne lui plait pas au lecteur je le préviens de ne pas aller plus loin. Car plus loin ce sera encore pire !)
Lorsqu’une voix au loin
Dit l’épisode prend fin
Je fais mes adieux prend la route et suis loin.


Chaque compagne qu’intimement j’ai connue
Nous nous sommes plu sur un malentendu
Chaque compagne que j’ai donc blessée
Me voulait séducteur ou marié
Mais pour rester amis
Il faut prendre le temps
De s’amender
Et d’affabuler
Et comme je suis pressé
Je me détourne du passé
Je dis adieu et reprend mon chemin.


Chaque adversaire que j’ai dû affronter
Ce fut le chaos à organiser
Et chaque cause pour laquelle j’ai lutté
J’y pense sans honte ni regret
Mais la nuit s’enfuit
Les grands voiles sont déchirés
Et mes yeux embrumés
Se sont dessillés
Et si je compte les heures
C’est que trop longtemps je demeure
Alors je dis adieu et la nuit prochaine je m’en vais.


Chaque pensée qui dans mon esprit se noue
Je deviendrais fou si je ne pouvais l’expulser
Mais faut-il s’exposer à une écoute étrangère
Je ne chante que pour m’accompagner
Mais le temps s’écoule
Et de ce flux je dépends
Et personne ne détient
Le mot de la fin.
Et si la ligne est coupée
Je n’ai pas terminé
Je ne fais mes adieux que jusqu’à la prochaine fois.


Une fausse horloge tente de régler ma vie
Elle m’égare me fait honte et me contraint
Des bavardages idiots me font perdre le fil
Et la poussière de la rumeur m’ensevelit
Mais ces propos sont futiles
Et ma flèche est tendue
Elle percera le cœur
Peu importe l’épaisseur.
Et je résisterai
Et tel je resterai
Et quand je dis adieu je n’en ai rien à foutre.

Texte anglais:
Oh all the money that in my whole life I did spend,
Be it mine right or wrongfully,
I let it slip gladly past the hands of my friends
To tie up the time most forcefully.
But the bottles are done,
We've killed each one
And the table's full and overflowed.
And the corner sign
Says it's closing time,
So I'll bid farewell and be down the road.

Oh ev'ry girl that ever I've touched,
I did not do it harmfully.
And ev'ry girl that ever I've hurt,
I did not do it knowin'ly.
But to remain as friends and make amends
You need the time and stay behind.
And since my feet are now fast
And point away from the past,
I'll bid farewell and be down the line.

Oh ev'ry foe that ever I faced,
The cause was there before we came.
And ev'ry cause that ever I fought,
I fought it full without regret or shame.
But the dark does die
As the curtain is drawn and somebody's eyes
Must meet the dawn.
And if I see the day
I'd only have to stay,
So I'll bid farewell in the night and be gone.

Oh, ev'ry thought that's strung a knot in my mind,
I might go insane if it couldn't be sprung.
But it's not to stand naked under unknowin' eyes,
It's for myself and my friends my stories are sung.
But the time ain't tall,
Yet on time you depend and no word is possessed
By no special friend.
And though the line is cut,
It ain't quite the end,
I'll just bid farewell till we meet again
Oh a false clock tries to tick out my time
To disgrace, distract, and bother me.
And the dirt of gossip blows into my face,
And the dust of rumors covers me.
But if the arrow is straight
And the point is slick,
It can pierce through dust no matter how thick.
So I'll make my stand
And remain as I am
And bid farewell and not give a damn.

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par domiwind publié dans : Dylan Chansons commentaires (1)    ajouter un commentaire
Jeudi 28 septembre 2006
Cette chanson que j'ai découverte en 1991 date de 1963 au plus. Elle figure dans le premier CD des Bootlegs série 1.

Mort d’un vagabond

Au tournant de la rue tout en bas du mur
Un homme est étendu dans une embrasure
Le visage retourné sur le sol froid et dur
Plusieurs nuits l’ont raidi dans la même posture
Rien qu’un vagabond, mort sur un seuil
Personne n’est là pour porter le deuil
Et nul ne peut le ramener chez lui
Et nul ne peut conter ce que fut sa vie.


Deux trois vieux journaux pour couvrir sa tête
Une marche fut son oreiller la rue sa couchette
Le visage sillonné de la route qu’il a faite
Son salaire dans sa main encore pleine de piécettes
C’était un vagabond, encore un de mort
On parle de paresse de malchance et du sort
Personne pour conter ce que fut sa vie
Soit on le plaint soit on le calomnie.


C’est quoi pour un homme de voir sa vie sombrer
D’en bas dans un trou, voir le monde entier
D’attendre l’avenir comme une bête qui va crever
De choir dans le caniveau de mourir ignoré?

C’était un vagabond encore un de mort
On accuse le vin la lâcheté le destin
Personne pour le connaître comme l’un des siens
On éprouve je ne sais quel vague remords.

(From the Bootlegs série 1)


Texte anglais

As I was out walking on a corner one day,
I spied an old hobo, in a doorway he lay.
His face was all grounded in the cold sidewalk floor
And I guess he'd been there for the whole night or more.

Only a hobo, but one more is gone
Leavin' nobody to sing his sad song
Leavin' nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone

A blanket of newspaper covered his head,
As the curb was his pillow, the street was his bed.
One look at his face showed the hard road he'd come
And a fistful of coins showed the money he bummed.

Only a hobo, but one more is gone
Leavin' nobody to sing his sad song
Leavin' nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone

Does it take much of a man to see his whole life go down,
To look up on the world from a hole in the ground,
To wait for your future like a horse that's gone lame,
To lie in the gutter and die with no name?

Only a hobo, but one more is gone
Leavin' nobody to sing his sad song
Leavin' nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone.
par domiwind publié dans : Dylan Chansons commentaires (1)    ajouter un commentaire
Jeudi 24 août 2006
  Lilie Rosemarie et le valet de coeur ( in Blood On The Tracks 1975).


Ce soir c’est relâche au Pallas et les mecs préparent un casse.
Le cabaret est calme encore mais dans le mur le perceuse fore
On a levé le couvre-feu, baissé la roulette de jeu
Et seuls les insensés n’ont pas encore quitté les lieux
Il ya là un drôle de joueur qu’on appelle le valet d’cœur.

Il traverse la salle du cabaret où chaque mur renvoie son reflet
Dit aux gens j’ai tout réglé et chacun se montre satisfait
Il s’avance vers un étranger, lui dit en souriant
A quelle heure ça commence ? J’espère qu’il y a des danses
Puis gagne l’angle avec lenteur, retourné comme le valet d ’cœur.

Dans les coulisses les filles jouent au poker dans l’escalier.
Lilie a deux reines, attend la troisième pour gagner.
Au dehors les rues s’emplissent la fenêtre est grande ouverte
Une brise légère vient à souffler on peut tla sentir naître.
Lilie change de couleur lorsqu’elle tire le valet d’cœur.
 

Big Jim c’est un tout petit roi, c’est l’homme le plus riche du secteur
Il fait son entrée habituelle si élégant et si charmeur
Avec ses reveolvers sa canne d’argent et pas une mèches rebelle
Il s’empare de tout ce qu’il veut pour vite le fiche à la poubelle
Mais seul un homme d’honneur serait l’rival du valet d’cœur.

Rosemarie c’est la reine on peut dire qu’elle est détrônée
Elle se glisse par la petite porte et se froisse comme une feuille morte.
Ses faux cils clignent elle se repeigne « Pardon chéri j’suis en retard »
Il la frôle sans la r’marquer il a l’air un peu hagard
Reste tout songeur à détailler le valet d’cœur.

Je l’ai déjà vu quelque part , Big Jim cherche à se rappeler
Ce pouvait être à Mexico sur une affiche dans un bistrot
Et la foule qui se pousse au guichet commence à pîétiner
Les lumières du bar à présent sont tamisées.
Un papillon plein d’ardeur se pose sur le valet d’cœur.

Lilie c’est la princesse, elle sort d’un drôle de conte de fesse
Sa peau est tendre comme un enfant ses sourires ont un éclat troublant
Elle a fui un foyer brisé, assume un étrange passé
Des truands à chaque coin d’vie l’ont prise selon leur envie
Mais le seul qui lui donne du bonheur n’est autre que l’valet d’cœur.

Le juge arrive incognito il s’invite à manger boit trop
La perceuse fore toujours le mur mais ici personne n’en a cure
On se passionne pour l’alliance de Jim qui brille au doigt d’Lilie
C’est lui encore la veut qui oserait changer le jeu ?
Personne sauf cet imposteur qu’on appelle le valet d’cœur.

Rosemarie est plus que saoule elle se mire dans la lame d’un couteau
Elle n’en paut plus des commérages, n’en peut plus de son mariage
Elle a fait plusieurs dépressions et tenté de se suicider
Elle voudrait faire une bonne action avant de récidiver
Soudain la voilà pleine de ferveur sa dernière carte c’est l’valet d’cœur.

Lilie se démaquille, enlève sa robe la jette au loin
Ta chance a tourné dit-elle fébrile mais je suis sûre que tu l’savais bien
Surtout ne touche pas le mur il est fraîchement repeint
J’aime que tu sois encore vivant tu as vraiment l’air d’un saint

Dehors on court avec fureur à la recherche du valet d’cœur.

En coulisse le manager qui squrveille tout de son fauteuil
Se dit qu’on joue une drôle de pièce rien n’échappe à son oeil de verre
Il appelle le juge en renfort mais le juge est ivre-mort
Tout comme l’acteur vedette déguisé en moine d’opérette
Ce soir il n’ya pas d’bon acteur exception faite du valet d’cœur.

Lilie enlace l’homme dont elle chérit toutes les caresses
Elle a enfin oublié l’autre celui qui la pourchasse sans cesse
« Tu m’as tellement manqué » ils éprouvent quelque volupté
Mais si près de ce bonheur règnent la jalousie la peur
Encore une nuit toujours la même dans la vie du valet d’cœur.

Nul ne sut rien dire des cicrconstances, ça arriva si vite
La  loge s’ouvre avec violence un révolver fait un déclic
Big Jim est sur le seuil je dirais pas du tout surpris
Rosemarie à ses côtés le regard fixe déterminé
Elle escorte Big Jim mais se penche sur le valet d’cœur.

Deux portes un peu plus loin les mecs traversent la cloison
Ils vident le coffre-fort on dit qu’ils se firent un beau butin
Dans la pénombre près d’la rivière, ils attendent assis à terre
Celui d’entre eux encore en ville qui règle ses affaires
Jamais ils ne commettent l’erreur de partir sans le valet d’cœur.

On dresse la potence le jour suivant, le ciel est noir et menaçant
Tué d’un coup d’couteau dans l’dos Big Jim gît sous une couverture, en sang.
Et Rosemarie qui est dans les fers elle ne cille même pas
Le juge est presque sobre il a un peu la gueule de bois
Sur la scène manque un seul acteur et c’est bien sûr le valet d’cœur.

Le cabaret est fermé pour travaux Une enseigne se balance au vent
Lilie a déjà retiré toute la teinture de sa chevelure
Souvent elle pense à son père qu’elle voit vraiment très peu
Elle pense à Rosemarie, à la loi, à ses rigueurs
Mais c’est le valet d’cœur, qu’elle appelle de tous ses voeux.

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Jeudi 15 juin 2006

The walls of Red Wing.( S'écoute dans les "Bootlegs vol. 1)

Adaptation possible :

Les Murs de Redwing

Oh ces temps de réclusion
I
ls me hantent si souvent
Ces mômes que nous étions
De douze à dix-sept ans
Enchaînés hors-la-loi
Rej’tés comme des parias
Pour je ne sais quel crime
Dans les murs de Redwing.

Dans la cour délabrée
Tu marches néantisé
T’as plus d’voix pour chanter
Plus d’idées pour penser
Et dans chaque nouveau pas
Tu cherches les airs d’autrefois
Tu trouves pas une rime
Dans les murs de Redwing.
 

La porte est bardée de fer
Les murs ceints d’barbelés
N’approche pas des barrières
Aux fils électrifiés
Et ne d’mande pas ton reste
Tu t’appelles numéro sept
Y’a pas d’nom qui te désigne
Derrière les murs de Red Wing

Et le voilà ton lot
Un séjour au cachot
Adieu la promenade
Le cinoche les ballades
Mais pas les instants
Qu’ils te surveillent menaçants
Quels supplices t‘imagines
Derrière les murs de Red Wing.

Il y a tant de gardiens
Aux sourires narquois
Qui arborent leurs gourdins
Comme des sceptres de rois
Ils essaient de te coincer
Derrière le tas de bois
Ta cervelle est en ruines
Dans les murs de Red Wing.

La nuit allonge ses ombres
Entre les barreaux sombres
Et le vent violent cogne
Les parois suintent et résonnent
Tant de nuits à te raidir
A feindre de dormir
L’aube arrive te ranime
Encore les murs de Redwing.

Lourdement la pluie martèle
Le toit d'la citadelle
Et les cris nocturnes t’effrayent
Font siffler tes oreilles
Un bruit sec, la clé du gardien
Répète le même refrain
Une autre nuit se termine
Dans les murs de Red Wing.


Certains vivent dans les nuages
D’une prison bien sage
Et d’autres se tirent de là
Pour devenir hommes de loi
Mais toi tu es résistant
Tu les attends au tournant
Les verras-tu en ruines
Les murs de Redwing ?

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