Vendredi 15 décembre 2006
J’ai beaucoup aimé Match Point et eu l’impression que Woody Allen démarrait une nouvelle carrière inédite. Le sujet n’est pas neuf de l’arriviste prêt à tout pour parvenir à ses
fins. Mais cette histoire est filmée avec brio intelligence et sans un temps mort. Le héros, lorsqu’il se force à lire des classiques pour se cultiver s’intéresse à Crime et
Châtiment en se jurant que s’il doit aller jusqu’au crime pour réussir il saura échapper au châtiment. Pari tenu, et c’est plutôt diabolique. Sauf que le héros ne croit ni à Dieu ni au
Diable…
L’opéra de Verdi comme musique du film joue un rôle ambigu : il symbolise la réussite et la grande
bourgeoisie. Ni les grand bourgeois ni le héros du film ne s’y intéressent réellement (non plus qu’à aucune œuvre d’art), le film critique violemment l’hypocrisie et l’inculture de
ces gens. En nous faisant entendre cette musique en guise de commentaire du film, le cinéaste fait entendre la tragédie que, dans le film nul n’est capable d’éprouver, excepté la jeune femme,
victime de sa naïveté.
Enfin, j’aime beaucoup la scène de l’étreinte sous la pluie battante, esthétique inhabituelle chez Woody Allen mais
fort réussie. Scarlett Johansson saisit l’occasion dans ce film de montrer qu’elle a du tempérament.
par domiwind
publié dans :
Films américains
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