16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 11:03


Actes-sud ( Babel) 2000, 566 pages.

 

Bob Dubois réparateur de chaudière dans une petite ville du New Hampshire, laisse éclater sa rage à la veille de Noël 1979. Il n'en peut plus d'être ouvrier et de gagner un salaire de misère, même en faisant des heures supplémentaires la nuit.

Là-bas, en Floride, son frère Eddie et son pote Avery font «  des affaires », mènent la « grande vie », eux qui sont débrouillards... ils ont  promis à Bob un avenir riant.

En dépit de ses nombreuses qualités humaines, Bob est assez violent, et  sa femme n'a d'autre choix que d'accepter de tout quitter et de partir en Floride avec leurs deux fillettes.

Au paradis des moustiques et des escrocs, il ne devient pas, comme il le croyait, un self-made--man, un homme d'affaire aisé. A l'imitation de ses acolytes, il doit se lancer dans des opérations de petite et moyenne délinquance, dont il se sort mal, n'ayant pas l'âme d'une canaille, et aucune aptitude pour la malversation.


Pendant ce temps, en Haïti, l'autre héroïne, Vanise, une jeune femme pauvre, vit dans une hutte, à la merci du chef du village qui lui a fait un enfant et la délaisse déjà.

Un jour, elle  doit s'enfuir avec son neveu, son bébé, et un peu d'argent qu'elle cachait sous un matelas. En proie à la disette, ils ont volé un jambon, et sont menacés de mort.

Le bateau qu'ils ont pris doit les débarquer en Amérique, où elle a un frère,  mais on les lâche sur la minuscule île de Caicos, très loin de la Floride. Vanise n'a plus de ressources, doit travailler dur et vendre son corps, juste pour survivre avec les enfants, en espérant qu'un autre bateau l'emmène un peu plus loin...


Contées en alternance, ces deux histoires vont faire se rejoindre Bob Dubois et Vanise, au terme d'un éprouvant périple d'un peu plus d'un an...

 

Le roman est très touffu, riche, réaliste et poétique en même temps. La description de cérémonies Vaudou, les mises en perspectives du narrateur à  grands renfort de considérations cosmiques ne me convainquent qu'à moitié. En revanche, les deux histoires sont d'une grande intensité, et témoignent d'une lucidité implacable.

Le roman est pourvu d'une invocation en guise de prologue, et d'un envoi au terme du récit, comme dans les ballades. Ces deux textes sont très beaux.

Les deux personnages, victimes de l'exploitation de l'homme par l'homme, y sont magnifiés.


La dernière phrase du livre «  va mon livre, va détruire le monde tel qu'il est »  beaucoup d'illusions sont en effet détruites par ce roman.

 

Titre original «  Continental Drift », 1985.


Ce roman de Banks malgré ses longueurs m'a plu davantage que " De beaux lendemains".

Ma préférence va , sans conteste au recueil de nouvelles " l'Ange sur le toit".

 

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Published by Dominique Poursin - dans Lectures romans, nouvelles
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commentaires

keisha 16/04/2009

J'ai encore plus envie de le lire, ce livre, après ton billet. Car Banks fait partie de mes auteurs favoris.

Julien 17/04/2009

J'aime beacoup l'écriture de Banks également. Quand il ne situe pas son intrigue dans les Adirondacks, il va faire un petit tour du côté des Caraïbes on dirait ! Il aime bien situer ses histoires en Jamaïque. Avec Haïti, cela change un peu ;)

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