Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 00:48

  Nature morte9

 

 

 

Flammarion, 2000. 550 pages environ

 

Suite de La Vierge dans le jardin


Titre :  Still Life... le roman cherche à appréhender l’être humain en vie dans son rapport à la mort, et de façon générales les diverses manières dont les organismes vivants s’acheminent vers la mort, ( il sera question d’Au delà du principe de plaisir et d’autres travaux sur le sujet) sur la façon de rendre par le langage les « choses » que les peintres traduisent dans leurs toiles, choses mortes, inanimées, vivantes.  Interrogations littéraires et philosophiques qui s’entremêlent assez habilement avec l’intrigue : Nous partageons l’existence  des trois enfants Potter et du dramaturge Alexander de 1954 à 1956.


Stéphanie  est restée à Blesford. Epouse de Daniel Orton, pasteur de la paroisse (le mariage a eu lieu dans le premier tome), elle est maintenant enceinte et doit quitter son emploi d’enseignante. Dans les années 50 une femme même instruite ( et licenciée de Cambridge tout de même !!!) peut ( et doit ?) devenir une femme au foyer à 25 ans. Cependant, Stephanie a l’impression d’avoir choisi et elle aime Daniel. Les pages consacrées à la grossesse et à la naissance de son premier bébé sont d’une grande justesse. « J’ai sombré dans le biologique » aime-t-elle à se répéter. Frustration, humiliation, mais aussi grand bonheur, lumière (voire davantage : le bébé corps glorieux…) et vie quotidienne décevante. La belle-mère odieuse, un personnage secondaire fort bien rendu qui nous fait rire (jaune) et nous horrifie, le frère Marcus et ses troubles psychologiques à la maison, et cette façon qu’a Stéphanie pour se défendre de cette peste, d’accueillir chez elle toute la misère du monde de Blesford …. Avec Daniel des hauts et des bas, ce jeune couple a quelquefois l’air d’avoir quarante ans ! Le combat de Stephanie pour pouvoir encore lire et penser… un nouveau pasteur Giddeon un  peu trop zélé …


Marcus. Si pour Steph ça va de plus en plus mal, pour Marcus ça semble s’arranger un peu. Il fréquente le camp de jeunes chrétiens de Giddeon, et si Giddeon est nocif pour certains adolescents, comme Marcus sait prendre ses distances, il en tire profit. Il se fait deux amies, s’intéresse aux mœurs des fourmis et autres petits animaux. Chez lui le fantasme, le sérieux scientifique, et le goût de l’investigation font bon ménage. Chez Stéphanie, il endure des moments pénibles et s’en tire…


Frederica se positionne de plus en plus comme la véritable héroïne du roman. D’abord jeune fille au pair en Camargue, elle y rencontre Alexander, qui, au mas Cabestainh écrit une nouvelle pièce sur les amours contrariées et tragiques d’une dame du Moyen Age pour le seigneur de Cabestan, son amant dont le cœur lui est servi sur un plateau… en même temps Alexander travaille sur la correspondance de Théo et Van Gogh, et prépare une pièce sur le conflit entre Gauguin et Van Gogh «  La Chaise jaune ». Il s’interroge : comment rendre les choses en peinture et par le langage quelle est la différence ? Frederica l’écoute parler de ses recherches. Elle voudrait bien qu’il arrive autre chose...

Bientôt la voilà étudiante à Cambridge, assistant à la vie intellectuelle de l’époque, s’en imprégnant : reviennent comme leitmotivs : La Chaise jaune d’Alexander, La racine de marronnier que Sartre n’arrive pas à mettre en mots dans la Nausée, la mouvement des « jeunes gens en colère » de Kingsley Amis son « Jim la chance », le Van Gogh des mangeurs de pommes de terre et celui du Faucheur le traitement de la lumière, l’absente mallarméenne de tout bouquet  … Frederica fait des rencontres : un  étudiant, Alan, qu’elle appelle le Caméléon, trop sympathique pour être autre chose qu’un ami, Alexander avec qui toujours rien n’arrive, un professeur spécialiste de Mallarmé, juif austère, dont elle est amoureuse, il est intelligent et tellement beau ! Mais au toucher, elle a comme des surprises, et finalement sort avec Nigel Shreiver, dont on ne sait trop quoi penser sinon qu’il danse assez bien.  On aime assez le hollandais « polymathe ». En même temps Frederica s’interroge sur son avenir : elle ne veut pas enseigner somme son père et Stephanie, elle pense que se marier sera inévitable. Le moins pire serait d’épouser un professeur d’université…

 


Pour ceux qui ont lu le roman :

Je trouve que Byatt des débarrasse un peu cavalièrement de Stephanie. N’avait-elle plus rien à en dire ? Je m’étais attachée à elle, et suis fâchée que Daniel reste seul en scène, ce personnage m’ennuie, ses pérégrinations de la fin ne m’intéressent pas, je les ai lues en diagonales.

Néanmoins, je lirai le livre suivant…

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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 23:35

 

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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 00:20


Gallimard, 298 pages.


J’ai déjà chroniqué la première nouvelle «  Gibier d’élevage » lue en Folio 2. Une œuvre de jeunesse de l’auteur, très classique, facile à lire, bien qu’extrêmement perturbante. Je ne vais pas la publier à nouveau, il suffira de cliquer sur le lien. Dans ce premier récit, où un jeune garçon, est fasciné par un prisonnier noir capturé pendant « la guerre », par les gens de son village, ou plutôt de sa tribu, car ils vivent de façon très archaïque, il y avait déjà de la brutalité et une sauvagerie sans concession…

Le second récit «  Dites-nous comment survivre à notre folie » est encore plus éprouvant à la lecture.

C’est l’histoire d’un homme qui vient d’être père pour la première fois, et son enfant souffre  de graves  handicaps mentaux et physiques. Sa réaction est de se rapprocher de cet être, en profonde empathie, réussir à éprouver ce qu’il éprouve, bien qu’il ne le sache pas réellement, car le petit à quatre ans, ne réussit qu’à répéter les phrases qu’on lui adresse, sans rien manifester de personnel. Au moins le père parvient-il à éprouver en partie les mêmes souffrances physiques, notamment lors d’un funeste examen ophtalmologique destiné à mesurer l’acuité visuelle de l’enfant. « Destiné… », en principe, car il est vécu par le père et le fils, comme une grave persécution.Je vous recommande tout spécialement ce docteur à face de mante religieuse, qui sort l'oeil de l'orbite....

Le père éprouve aussi le besoin de jouer un rôle protecteur ; maintenant il fait chambre à part avec sa femme, pour pouvoir tenir la main de l’enfant bien serrée dans la sienne toute la nuit. Il l’emmène, tous les jours, manger un bol de bouillon d’os avec des nouilles et un Pepsi-cola. Père et enfant sont devenus obèses ensemble, se promènent ensemble, ne se quittent pas.  L’homme feint la complicité avec le petit, lui parle beaucoup, avec l’idée que feindre cette complicité et faire comme si le petit comprenait, provoquera un éveil chez lui.

Cependant il se demande si c’est son fils qui a besoin de lui ou l’inverse ? «  La menotte de l’enfant lui servait de défense contre les autres gens ; et lui, qui, lorsqu’il sortait seul, devait prendre des tranquillisants s’en trouvait métamorphosé en ce type d’extraverti. Il lui suffisait de serrer dans sa main celle de son fils pour se sentir délivré, même au milieu de la foule… »

Cependant l'homme se fait agresser avec son fils et se reconnaît impuissant .Il devra se résigner à moins s’occuper de cet enfant. Alors, il reprend ses travaux d’écriture, une biographie de son père. Il voudrait éclaircir certaines zones d’ombre de la vie de ce géniteur, et entre en conflit avec sa mère…. Là aussi, il devra se résigner à perdre ses illusions…  La nouvelle montre un cheminement vers la lucidité et une plus grande indépendance d’esprit.


On apprécie que le récit soit à la fois très réaliste, très précis dans les descriptions, comportant un grand nombre de sensations physiques, d’expériences concrètes, de la vie quotidienne, dans ce qu’elle a de cruel surtout, et d’un niveau de pensée très élaboré.  Les conflits présentés sont abordés avec une grande justesse.


Dans « Agwîî le monstre des nuages », un autre homme jeune a aussi eu un bébé présentant une anomalie mais le père l’a fait euthanasier, et a fui le foyer conjugal. Il a donc  agi d’une façon très différente  du premier. Mais, peu après, il est victime d’une hallucination : un énorme bébé venu du ciel vient se poser près de lui dès qu’il sort dans la rue ou se tient près d’une fenêtre, et avec qui il discute. Il l’appelle Agwîî, parce que ce son est le seul que le bébé ait eu le temps de prononcer. Il correspond sans doute à notre «  arheu », sinon à l’expression d’un cri. En somme, la victime s’est vengée, et le fantôme le hante.

Le narrateur du récit, un jeune étudiant, est rémunéré pour accompagner dans ses sorties l’homme devenu partiellement fou. Le récit balance entre hyperréalisme et poésie : l’homme tourmenté par le bébé fantôme explique son point de vue à l’étudiant : le ciel est peuplé des créatures que nous avons perdues, de sorte que l’étudiant en vient à aimer le « monstre » et presque à ressentir son existence, alors même qu’il se demande si l’homme ne joue pas la folie…

La quatrième nouvelle "le jour où il daignera essuyer nos larmes" porte également sur les relations père-fils dans ce qu’elles ont de plus dramatiques et primitives. Mais il ne s'agit pas seulement du père biologique, mais d'une autorité supérieure...

Le héros de l’histoire est encore plus tourmenté que les précédents. Il ne quitte plus son lit, se croyant atteint d’un cancer du foie. Il en ressent les effets avec terreur mais hélas, non sans jouissance, de sorte qu’il n’en sort pas.

Les affections du foie sont relatives à la bile noire, soit la mélancolie, et c’est peut-être là le mal véritable de cet homme. Quoi qu’il en soit, il se prépare à la mort, appareillé de lunettes de plongées vertes, servant à altérer sa vue. Les mêmes lunettes que portait l’Autre…

  Il fait à une infirmière censée être son exécutrice testamentaire, le récit de sa vie, cherchant à se souvenir des « happy days ». Hélas les réminiscences qui lui viennent, qu’il s’arrache devrait-on dire, avec l’aide de l’infirmière qui le questionne, sont tout sauf heureuses.   Le narrateur mêle les sensations actuelles du héros et ses réminiscences, cris et narrations, scènes dramatiques, tout s’enchevêtre, de sorte qu’il parfois difficile de saisir ce qui est arrivé dans le passé.

Au bout d’un moment, on se rend compte que celui-là qui, dans le récit est désigné sous le nom de l’Autre, est le père. On saura que le héros a perdu son père à la guerre, tué devant ses yeux, que ce même père avait fait assassiner un autre fils, déserteur, et que la mère n’est pas innocente aux yeux du malade.

 

Ces relations affolantes d’amour-haine entre père et fils font penser à Kafka : fils blessé physiquement et moralement, mutilé, rendu à l’état d’animal, tué même, victime du père bestial et cruel, lutte à mort entre les deux, fausses réconciliations, étrangeté des situations, déréliction à toutes les pages, tendance à la claustration, les deux univers sont assez proches.  

Après lectures des nouvelles, on prendra connaissance de la préface, qui replace les nouvelles dans leur contexte historique elles furent écrites à des époques différentes et correspondent à des moments particuliers de l’histoire personnelle de l’auteur. Mais ne pas s’attendre non plus à de grands éclaircissements.

Et si vous êtes comme moi, vous ferez des cauchemars….

 

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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 00:54

les Neuf dragons

Seuil, mai 2011.405 pages.


Harry Bosch est appelé dans une épicerie chinoise : Mr Li qui la tenait vient de mourir assassiné , à son comptoir. A force de repasser des vidéos datant de plusieurs jours avant le meurtre, Harry va s’apercevoir que Mr Li recevait la visite d’un individu qui le rançonnait… L’inspecteur Chu, qui s’occupe des problèmes de police asiatiques, lui parle des «  triades », une organisation complexe et illégale, survivance d’une ancienne dette des Chinois. Naturellement, cette organisation ancestrale est devenue corrompue.


L’homme qui rançonnait Li, un certain   Chang, est passé chez le fils de Mr Li, Robert, pour le rançonner à son tour, et a prit la fuite.

Appréhendé, il ne veut rien dire.

Harry a  une fille de 13 ans, qui vit à Hong-Kong avec sa mère Eleanor ( rencontrée si je me rappelle il y  a longtemps de cela dans les Egouts de Los Angeles). Depuis lors, Harry a eu de multiples aventures, mais Madeline, fruit de ses entrailles, il la voit de temps à autre, correspond avec elle, et ils s’entendent plutôt bien.

Horreur!  Après avoir « serré » le suspect Cheng, Harry reçoit une vidéo provenant du portable de Madeline : elle y apparaît ligotée et bâillonnée dans une pièce sordide, quelque part à Hong-Kong.

Peu avant, Harry a reçu des menaces…


Voilà un Connelly de facture classique, très efficace, sans temps mort, vraiment un bon polar.

 

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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 00:52

Une année studieuse 159194

C’est l’année 66-67 ; Anne a 19 ans, elle doit passer son oral de bac en septembre 66 et persuade Francis Jeanson de lui donner des cours de philo, pendant les vacances. Elle a aussi écrit à Godard aux Cahiers pour lui dire qu’elle aimait ses films «  et l’homme qui les avait tournés ». Elle a déjà tourné elle-même avec Bresson «  Au hasard Balthasar », l’an passé.

Godard et elle se sont croisés sans se rencontrer vraiment. Ils sont chacun tombés amoureux d’une image, d’une représentation fantasmatique de l’autre…

Cela ne va pas nuire à la rencontre réelle.  La réalité rejoint la fiction.

On assiste alors à cette idylle, pendant un an, une année qui sera bien peu studieuse, en fait !

Anne a des problèmes avec sa mère et son grand-père (François Mauriac) pour faire accepter sa liaison avec Godard, se faire procurer la pilule etc.…

La famille finira par accepter le cinéaste et la différence d’âge (16 ans) avec Anne, car même s’il est très différent d’eux comme famille de pensée, il est de la même classe sociale, ce qui est très important. Ils ont aussi vécu dans des lieux identiques, durant leur enfance (notamment la Suisse).

On aime cette lecture qui se fait rapidement (le récit est simple, sans apprêt, agréable, souvent humoristique) mais dans la seconde partie, Anne et Jean-Luc attaquent une existence très mondaine, tourbillonnante, moins intéressante qu’au début. Ils se sont mariés, ce qu’Anne ne voulait pas, car elle n’a que vingt ans, et ne compte pas passer toute son existence avec cet homme.

A propos du tournage de la Chinoise, Anne ne comprend vraiment pas l’engouement de Godard pour Mao (non plus que les autres jeunes gens qui tournent avec elle), ni la signification du maoïsme.  Ils trouvent les préceptes de Mao assez tartes. Mais cela semble n’avoir qu’une importance moindre. L’important est de tourner !! Le Godard que l’on découvre est complètement immature, facétieux, sentimental, utopique, bien que son intelligence et sa culture (disons son habitude de parler par citations, son sens de la formule brillante,  et son art de mêler littérature et cinéma à la vie courante) soit fort séduisante pour une jeune fille, de 19-20 ans, encore scolarisée et avide d’apprendre. Et l’on comprend qu’Anne s’en laisse conter.

On est bien loin du Godard des « Histoires du cinéma », mais assez proche d’un personnage comme celui de Ferdinand -Pierrot le fou.

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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 00:39

Justine-0

 

 

LP, 1959, 417 pages.


1er tome du célèbre «  Quatuor d’Alexandrie ». Livre trouvé dans le studio, à Rome, alors que je n’avais plus de lectures. Un vieux « poche », édition de 1959. Je l’ai emporté, d'autant plus que je voulais lire cette oeuvre un jour ou l'autre.

 

Dans l'ensemble, c'est une déception...

 

Le narrateur, Darley, originaire d’Irlande, se trouve vivre seul avec « l’enfant de Melissa » qui est morte.

Il va nous raconter son passé tourmenté à Alexandrie, avec Mélissa, qui fut sa maîtresse. C’était une chanteuse de cabaret gentille et jolie qui lui a plu parce qu’un vieux protecteur la poursuivait, et que, de toute manière, elle vivait plus ou moins de ses charmes. Bien obligée d’ailleurs… Les autres personnages principaux sont Nessim, un homme d’affaires très riche, qui fait de l’argent sans trop se fatiguer, un homme vraiment très doué, qui intrigue aussi en politique ( mais Darley ne sait trop ce qu'il cherche à faire...) et Justine, une jeune juive égyptienne, maîtresse de Nessim, qui va bientôt devenir aussi celle du narrateur. On dit qu’elle est nymphomane et plus ou moins frigide, ayant beaucoup pâti des hommes dans sa prime jeunesse. Un autre personnage important est  Balthasar, qui dirige une secte gnostique. Justine s’intéresse beaucoup à la cabbale.

Justine fascine un peu tout le monde, même les femmes. Pour le narrateur, «  c’est l’incarnation de la Femme ». Mais après avoir brillé de mille feux, dit une amie de Darley,« elle est partie en Israël vivre dans un kibboutz … « et est devenue« cette petite paysanne boulotte, qui se coupe les cheveux elle-même car elle a plein de queues de rats dans le cou ».

A mon avis, c’est ce qui pouvait arriver de mieux à cette pauvre femme fatale. Etre enfin délivrée de la séduction...


l'auteur est un fameux écrivain. Son inspiration est quelquefois proche de Baudelaire. Cependant, c’est à Constantin Cavafy, son poète préféré, qu’il se réfère. Descriptions urbaines et maritimes sont très valables quoique souvent un peu trop «  lyriques «  à mon goût.


Pour raconter ce difficile passé dont aucun personnage ne sort indemne, Darley rapporte des conversations, des lettres, des récits de réceptions, de courses-poursuites, des agonies (car on meurt beaucoup et on souffre), dans un apparent désordre, au gré de ses souvenirs. Les récits longs alternent avec les flashes intenses mais qui ne font qu'épaissir la part de mystère de ces êtres.  

Le narrateur veut comprendre Justine, et cite longuement «  Mœurs », le roman d’un autre écrivain que lui, qui fut l’amant de Justine et a décrit leur relation dans cette œuvre. Il cite aussi « le journal « de Justine. Lorsqu’un écrivain utilise le procédé de faire citer à son narrateur des documents d’autres que lui, il devrait s’arranger pour que ces autres voix soient différentes de celles du narrateur. Et ce n’est pas le cas ici…


 L’intrigue consiste en rivalités amoureuses diverses, souvent dramatiques. Mais Darley soupçonne Nessim et Justine d’agir pour d’autres buts, qu’il ne saisit pas vraiment. Justine, qui collectionne les amants, on ne sait pas trop ce qu’elle veut, et bien certainement, elle n’aime aucun d’entre eux. D’autres révélations devraient venir du livre suivant, mais je n’irai pas  jusque là.

En dépit du talent de l’écrivain, je me suis ennuyée à lire ce livre. Les personnages ne m’ont pas plu, et je n’ai pas été non plus sensible à la magie de la ville d’Alexandrie…

Publié dans : Littérature Angleterre et Ecosse - Voir les 1 commentaires
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 00:37


le sang des pierres 8

 

Peter vient d’hériter d’une maison sur l’île d’Öland. Il la connaissait bien, et compte s’y installer au printemps et en été. Divorcé, il y emmène ses deux enfants adolescents, Nilla et Jessup pour les vacances de Pâques.  Mais Nilla tombe malade, et Peter reçoit des appels angoissés de son vieux père, Jerry.

Jerry, qui a beaucoup gagné et perdu dans l’industrie du porno, voit son studio incendié avec dedans deux victimes inidentifiables. Il est en danger, et depuis son accident cérébral ne peut plus bien s’exprimer. Peter, que les activités et l’absence de morale de son père dégoûte, a toutefois promis à sa mère, à présent décédée, de s’occuper de lui. Il enquête sur les ennemis possibles de Jerry.

En attendant, sa voisine Vendela, réunit tous ses voisins chez elle, pour faire connaissance. Il y a Max, l’époux de Vendela, investi dans les livres de « développement personnel »( que sa femme écrit pour lui), autoritaire, un personnage antipathique que l’on soupçonne de bien des choses…

Fuyant la maison de retraite trop lugubre, le vieux Gerlof est revenu chez lui pour y finir ses jours au printemps de ses 83 ans. Comme on le comprend !

Mais le soir de la fête, les invités ne s’entendent pas si bien, et le vieux Jerry va faire un scandale…

Bon début. Les deux personnages de Peter et Vendela de retour sur l’île d’Öland qu’ils ont chacun des raisons d’apprécier, plaisent. Les elfes et les trolls auxquels croit Vendela nous font sourire, mais cette femme, à la fois puérile et d’une intelligence aiguë, reste un personnage de bonne envergure. On s’intéresse à son passé malheureux sur l’île, aux sentiments intenses qu’elle lui porte. L’intrigue est bien menée.

La fin est un peu décevante, il me semble. Trop attendue.

 


Suite pour ceux qui ont lu le livre.


Certaines caractéristiques de l’intrigue sont tirées par les cheveux ; La création de Jan-Erik le demi-frère de Vendela, me semble de trop. On n’a pas besoin de ce personnage pour que les offrandes de Vendela disparaissent !! N’importe qui passant par là aurait pu s’emparer de ces bijoux pour les garder ou les revendre, et le lecteur n’a pas vraiment envie de savoir qui et pourquoi.

Peter a suffisamment de malheurs avec les affaires de son père, sans qu’on en rajoute, avec la grave et rare maladie de sa fille. Des problèmes psychologiques, ou une affection plus banale aurait suffi.

L’ensemble reste agréable, j’ai préféré cependant les deux précédents romans.

 

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