Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 00:53

la Passerelle 21 avril 2011

 


Dans l’Illinois, une année de la vie de Tassie, une étudiante de vingt ans à la recherche d'un job de baby sitter. C’est Sarah une femme de 45 ans, blonde peroxydée, amateur de musique classique qui l’emploie. Elle tient un restaurant de luxe,ce type d'établissement dans lequel vous pouvez commander des plats aux noms bizarres comme des titres de tableaux; vous vous demandez si c'est vraiment de la nourriture? et puis en définitive c'est tout simplement raffiné et excellent... sauf pour votre carte de crédit.

Sarah, on le sent tout de suite, est la carte maîtresse du récit. Un personnage complexe, à la fois intellectuelle, avec des penchants artistiques, excellente commerçante, souffrant de fréquentes sautes d'humeur, et d'égarements,

 

  Le bébé de Sarah n’est pas encore là! En fait, Sarah va acheter un bébé à une agence d’adoption ; celle-ci s’occupe de faire des transactions entre des »mères biologiques «  qui ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants, et des parents voulant s'en procurer rapidement.

Tassie assiste aux procédures pour l’adoption de Mary-Emma une petite métisse de deux ans. Cette enfant est confiée à Sarah pour six mois à l’essai, avant l’adoption définitive.

 

 Tassie est narratrice de cette année si particulière de son existence.  Il s’agit non seulement du devenir de la fillette dont elle s’occupe, mais de ses relations avec  Sarah et son mari qui participe à l’adoption.  La fillette est en butte à un racisme tantôt violent tantôt bien pensant, et Sarah convoque d’autres parents d’enfants métisses ou de couleur pour discuter.

Nous avons droit à de longues conversations lassantes car rien de neuf n’en sort.

Mary-Emma est une fillette très sympathique ; en dépit de son exsitence compliquée et instable, elle est curieusement bien équilibrée, toujours contente, et plus raisonnable que les adultes. Cela est-il vraisemblable ?J'aurais aimé que l'enfant soit plus revendicatrice.

Plus intéressant : les futurs parents de Mary-Emma ont un secret, qui va être révélé…

 

Moins bien : la vie de Tassie chez ses parents à la campagne. Son père est agriculteurs et s’occupe principalement de la culture de certaines variétés de pommes de terre. Sa mère est dépressive et son frère va s’engager en Afghanistan.  Tout cela n’est pas rendu de façon bien neuve… 

 

Un ensemble assez intéressant, pas très original, malgré de bonnes pages. J’ai passé toutes les conversations assommantes entre parents qui racontent leurs vies, ainsi que pas mal de pages relatives  à la  mère de Tassie, à son frère, aux obsèques de son frère, à ses réactions… je suis sévère, mais j’ai lu tellement de romans et quelques uns dont ces types d’événements et les pensées qui en résultent ont des accents plus justes …

Publié dans : Littérature Etats Unis et Canada - Voir les 5 commentaires
Ecrire un commentaire - Communauté : La littérature au féminin - Par Dominique Poursin
Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 00:26

portrait de femme2   10/18 690 pages.

     1er publication en 1881 c’est le dernier roman de la première période de James.

 


Je le trouve intéressant, parfois répétitif, avec  de merveilleux  passages que j’ai soulignés mais que je ne parviens pas à retrouver…

Isabelle Archer, orpheline, vit à Albany dans une maison spacieuse qui va bientôt être vendue par ses sœurs qui s’occupent des aspects pratiques de l’existence.  Elle vit seule, s’ennuie un peu, rêve de voir le monde, de voyager.

Arrive Mrs Touchett, Lydia, sa tante installée en Angleterre mais qui ne reste jamais longtemps en place ; Isabel plaît à sa tante, qui décide de s’occuper d’elle et l’emmène en Angleterre dans la propriété familiale de Gardencourt. Isabel y fait la connaissance de son oncle déjà malade, de son cousin Ralph, tuberculeux, de Lord Warburton  un ami de Ralph… tout le monde adore Isabel !

Elle a pour eux un charme particulier qui tient de ses manières assez libres (en paroles) de son sens de la répartie, de son langage brillamment impertinent. Et surtout, elle ne cherche pas à se marier, comme la plupart des jeunes filles de cette époque, elle donne l’impression » d’avoir des projets personnels », mais nul ne sait lesquels, cette ambiguïté plaît.

Isabel ressemble un peu au personnage de la Bête de la jungle, un homme persuadé d’avoir un destin, qu’elle doit découvrir.

Son soupirant américain Goodwood l’a suivie en Angleterre et lui fait une cour acharnée et assez agressive. Henrietta son amie journaliste, traverse aussi l’Atlantique, elle doit faire des articles sur le mode de vie anglais.

Isabel reçoit la demande en mariage de Lord Warburton qui est fort riche, puissant, et radical d’opinions.

Elle refuse ces deux prétendants (elle en aurait trois si Ralph n’était pas malade) elle veut vivre découvrir l’Europe, voyager, avant les chaînes du mariage. Le lecteur  croit comprendre aussi  qu’elle n’est pas amoureuse de ces messieurs, elle espère pouvoir se marier par amour.

A la mort de son oncle, elle hérite d’une belle fortune, grâce à son cousin.  Son train de vie va changer. Et les coureurs de dot attendent, ayant flairé la bonne fortune. Une Mme Merle lui fait du charme à l’aide de quelques notes frappées sur un piano ; à Florence cette dame lui fait  rencontrer Gilbert Osmond quadragénaire qui se pique de culture et d’art. On se doute qu’il en veut à son argent, mais Isabel éprouve enfin le sentiment amoureux ; elle va l’épouser.

Là,  je crois que je ne la comprends plus… et je ne suis pas la seule ! Son cousin, sa tante, son amie … ils sont nombreux à avoir saisi la supercherie, mais Isabel ne veut rien savoir.

Les charmes des ces merveilleuses villes italiennes (Florence mais aussi Rome) offrent un décor propice au développement du sentiment amoureux.  Décrites par James , elles donnent envie de s’y précipiter…

D’autre part, Isabel a une personnalité complexe, qui se dévoile peu à peu différente de ce que l’on avait cru au départ.

Préfère-t-elle donner sa main à un homme sans fortune, pour être sûre de le dominer ?

Eprouve-t-elle une sorte de culpabilité à avoir hérité de tant d’argent et se croit-elle tenue de le donner ?

Est-elle paralysée par l’admiration de son bienfaiteur de cousin, condamné à être  spectateur de la vie et surtout de celle d’Isabel qu’il observe incessamment?

 

Isabel ne peut souhaiter tant que cela la liberté et l’autonomie. L’exemple de son amie Henrietta , femme relativement libérée, qui travaille pour un journal, se met en ménage, se mariera plus tard, sûre de s’entendre durablement avec son ami, Isabel ne peut le suivre. Elle est très dépendante des hommes (et même d’une femme) qu’elle écoute beaucoup trop, qu’elle endure bien trop longtemps, car elle aime être courtisée, refuser les avances, et  se faire relancer.  Une tendance au masochisme  surgit aussi, entre les lignes, et ces jeux finissent mal…

Osmond se révèle un  tyran domestique, elle sera malheureuse. Ses anciens soupirants refont leurs apparitions à plusieurs reprises (en fait, ils la suivent partout, surtout l’homme d’affaire, le collant Goodwood, dont elle ne parvient pas à se débarrasser). Etonnant !

Dans ce gros roman riche, de nombreux personnages  dialoguent abondamment,  s’expriment entre les lignes et finissent par nous perdre.

Chaque lecteur interprète à sa manière les événements. Pour ma part j’y vois une suprême ironie de la part de l’auteur, d’avoir suscité l’impression que c’est le bienfaiteur qui fait le plus de mal.

 

Publié dans : Littérature Etats Unis et Canada - Voir les 4 commentaires
Ecrire un commentaire - Communauté : Lecture sans frontières - Par Dominique Poursin
Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 14:11

Le 1 Michel Simon et Serge Gainsbourg dans " Un sacré grand-père"trouvé par Dasola.
Le 2 non trouvé c'est une comédie française un film de 1982
3 vous avez reconnu Mastroanni mais avec qui et où?
4 Le jardin des Finzi Contini : le partenaire de Dominique Sanda est Fabbio Testi;
5 Amadeus c'est juste
6 Profession reporter trouvé par Eeguab
7 Film italien se situant à Paris en mai 68.
8 Une comédie française de 1996.
9 Melville les Enfants terribles
10 Macadam Cow-boy
11La Belle noiseuse
12 La Dentellière
13 Stromboli
14 C'est bien Laurence Olivier  avec Joan Fontaine titre du film?
15 Ce n'est pas Rashomon, mais c'est bien Kurosawa
16 L'Ange bleu
17 Un film de 2007, américain que j'ai chroniqué d'ailleurs.

Publié dans : Jeux et parodies - Voir les 4 commentaires
Ecrire un commentaire - Communauté : Movies story d'Anjelica - Par Dominique Poursin
Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 00:47


Minuit, 2011. 188 pages.

 

 

 

Prologue

Claire, une jeune femme de 24 ans remonte l’avenue Niel ( dix-septième arrondissement) en vélo pour rejoindre son ami Antoine, elle est excitée à l’idée d’aller au théâtre ce soir.

Le récit commence à la troisième personne, et glisse au monologue intérieur avec des bribes de dialogue s’intercalant sans que l’on s’en aperçoive tellement c’est bien agencé.

 

Claire se dépêche, pourtant elle n’aime pas Antoine avec qui elle ne partage pas grand-chose

 «Lui qui n’y va que pour me faire plaisir et bouge tout le temps ou s’endort… il est exactement comme papa… Vingt-cinq,  il peut attendre. J’irai seule au théâtre et je vais lui offrir son DVD de merde, tiens, grande et généreuse, si  si, je te l’offre, ça me fait plaisir, j’ai gagné au loto tu savais pas ? »


Claire a gagné un peu d’argent au loto, et sa grand-mère lui a fait la morale

 «  Elle qui roule sur l’or sans jamais avoir eu  à gagner un sou de sa vie, comme maman et toutes ces bonnes femmes qui ont tiré le gros lot rien qu’en… et moi, si j’épouse Antoine, si… mon gros lot, lui, mon… ? »

 

Pourtant, Claire est heureuse , elle rêve

offrant son visage au soleil, éblouie par quelque chose de beaucoup  plus grand que l’excitation de se rendre seule au théâtre le vendredi, comme si, sortant d’un bois, elle s’élançait en pédalant au milieu des champs de colza, la lumière et l’odeur et Claas l’attendant les bras ouverts au bout du chemin… Claas, près de la grange où enfin ce serait elle, son tour à elle, enfin…


Et c’est l’accident :

Il a freiné. Elle a senti la masse sombre et chaude se rapprocher et la frôler en grondant sur sa gauche : je tombe, grelots, Anne ma sœur Anne et Claas et Nathalie, maman et  Claas, maman, vrombissement aigu de son cri rouge, orange, bolide, fusée plongeant soudain dans du caoutchouc élastique, puis dur, noir, et tout fut silencieux.

 

Que va-t-il arriver à Claire ? Va-t-elle vivre ou mourir ?

Qui est ce Claas, tombeur de ces dames ?

Pourquoi  le papa de Claire est-il si nul ?

Pourquoi Claire croit-elle devoir faire un mariage d’argent de nos jours ?

 

 

Et voilà la « pièce rapportée » qui entre en scène : Elvire, la mère de Claire, bouleversée, qui voudrait bien se rendre au chevet de sa fille hospitalisée, mais sans rencontrer son mari, ce type arrogant hypocrite et vulgaire,  qui forcément s’y trouve aussi à l’hôpital. Les époux en conflit s’envoient des messages comme autant de flèches empoisonnées ; grâce au portable, Elvire évitera peut-être la confrontation.

Elvire dispose d’un appartement rue Bayen, qu’elle a acheté pour sa fille, elle s’y réfugie et, lorsque la panique la quitte momentanément, plonge dans les souvenirs:

 

Elle a épousé Frédéric vingt-cinq ans plus tôt « elle n’avait attentivement regardé l’homme qu’après avoir entendu le nom : Bohlander, qui, prononcé par Claas, semblait basculer doucement comme un rocking-chair, les accents se déplaçant vers l’avant, la première syllabe était longue, la deuxième lançait la dernière pour en faire un A juste entrouvert…Elvire Bohlander… des milliers de fois répétés avec la diction de Claas dans l’oreille, tandis que Frédéric poussait la balançoire plus haut, toujours plus haut, jusqu’à son père : Pierre Bohlander

«  C’est le nom et le père que j’épouse…ma bague, c’était celle de sa mère, il l’a donnée à Frédéric dans l’écrin original d’un joailler de Vienne...Je lui ai déjà parlé de toi, mon cousin allemand, mon frère, c’est ce que je dis aux gens maintenant pour te situer dans ma vie.

Simplement ça pendant dix ans, le regard aimant du père, une compréhension muette qui passai t aussi dans la voix


Entre Pierre le beau-père aimé à présent mort,  Frédéric le méchant mari, et Claas l’être merveilleux idolâtré, Elvire n’a pas eu la vie facile. Et Claire a été entraînée dans ce désordre.

Une écriture maîtrisée, agréable et souple, attentive aux détails, une exploitation judicieuse du langage familier, des passages poétiques,  un récit qui progresse vite et bien, de monologues angoissés butant sur les mots qui font peur,  en saynètes cruelles et tragi-comique.

On se demande jusqu’à quel point Elvire va devenir lucide ?

 

Publié dans : littérature de langue française - Voir les 1 commentaires
Ecrire un commentaire - Communauté : La littérature au féminin - Par Dominique Poursin
Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 18:00

Michel Simon et Serge Gainsbourg V

Marcello et Emma réconciliés mais le téléphone va sonneJardin des Finzi-Contini Micol et FabioMozart et Salieri
Jack Nicholson et Maria Schneider
 Innocents Eva Green et Michael Pitt
  Valéria Bruni-Tedeschi et Melvil Poupaud
 Elisabeth et Paul Les Enfants terribles Melville
 John Voigt et Dustin HoffmannFrenhofer et Marianne la Belle Noiseuse
  La Dentellière Pomme et François
 Ingrid Bergman et Antonio mariage forcé
 Laurence Olivier et Joan Fontaine Rebecca
 le Château de l'araignée Assaji et Whazishu
 le professseur Rath et Lola

vlcsnap-2011-08-26-13h03m32s88-copie-1

Publié dans : Jeux et parodies - Voir les 4 commentaires
Ecrire un commentaire - Communauté : Movies story d'Anjelica - Par Dominique Poursin
Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 00:00

( The Spinning Man) USA. Gallimard (série noire) 2005 Très bien.

 

Un professeur de philosophie spécialiste de  Wittgenstein est  accusé d’avoir enlevé une lycéenne de seize ans, Joyce Bonner.

 

Agé de 49 ans, le professeur  fait cours à Pearce University Pennsylvannie. Il a peu d’étudiants et aucun n’étudie sérieusement la philo. Ils prennent  cet enseignement pour compléter un cursus où il manque des points…Il faut dire que le professeur, très bel homme, que les étudiantes aiment à contempler, est assez ennuyeux à suivre pour des novices.

Il semble désespérément normal. En dépit de sa bonne mine, il ne se souvient pas d’avoir couché avec une étudiante ! Seule perversion connue : s’être mis un jour du rouge à lèvres de sa femme… Il s’occupe sérieusement de l’éducation de ses fils, des jumeaux unitellivins de 10 ans. Sa femme Ellen travaille  dans un institut  d’anthropologie et tente d’exploiter le potentiel intellectuel des chimpanzés…

 

Et pourtant le professeur se retrouve menotté un  soir et emmené au commissariat sous le regard médusé de ses garçons.

Il y a trois semaines que Joyce a disparu au parc d’Eastfield, et le  jour de la disparition on a vu sa voiture dans le par et lui-même en train de surveiller ou d’admirer le lac…

 

Petit à petit soupçons, et étranges coïncidences s’accumulent.  Le prof est aussi soupçonné par son épouse, il se retrouve isolé, ses fils perdent leurs amis, l’inspecteur Malloy ne le lâche pas, quitte à discuter sur Descartes et Wittgenstein pour tenter d’y voir clair. Le prof, lui, continue à réfléchir que peut-il être arrivé à la fille, comment se trouve-t-il impliqué ? Plus il réfléchit, plus il s’approche de la vérité, et plus il se met en position délicate…

 

Un délicieux roman d’enquête, plein de suspense, avec plusieurs personnages bien dessinés, pas  pour les amateurs d’action, mais intelligent et bien conduit

 

 

 

 

Publié dans : Polars USA - Voir les 3 commentaires
Ecrire un commentaire - Communauté : Culture Polar - Par Dominique Poursin
Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 10:54


Lettre à mon juge 1ere publication 1947

LP, 2001. 190 pages.

 


Le narrateur Charles Alavoine s’exprime à la première personne; je n’avais pas encore lu de Simenon en »je ».

Ce doit être assez rare...

 

Charles s’adresse à son juge d’instruction pour tenter de se faire comprendre.

Le lecteur prend connaissance de la lettre, ce sera lui le juge.

 

Va-t-on comprendre Charles, condamné pour avoir tué sa maîtresse, crime considéré comme passionnel, et qu’il déclare, lui, être prémédité ( ce qui n’exclut pas le geste passionnel).

 

Pour expliquer son geste, que nul n’a compris, Charles entreprend de raconter sa vie. Il a été élevé par sa mère, qui a toujours été à ses côtés, même lorsqu’il se maria avec Jeanne, puis avec Armande. Elle lui a donné le choix entre deux professions : curé ou médecin, il a choisi la seconde option.  Venu d’un milieu modeste, il est mal à l’aise avec ses collègues. Sa seconde femme Armande s’occupe si bien du foyer, qu’il sent  sa position aléatoire, et se désintéresse de ses enfants.

Un  jour, à Nantes où  l’appelait son travail, il rencontre Martine, laquelle vient vivre à La Roche- sur- Yon pour y être la secrétaire de Boquel, un magistrat alcoolique.

Ils passent la nuit ensemble dans un hôtel minable, saouls tous les deux.

«  Tandis que je lui tendais le verre en lui soutenant la tête, j’ai vu sur son ventre, une couture encore fraîche, une cicatrice d’un vilain rose qui le traversait verticalement »

«  Voyez-vous cette cicatrice-là pour moi médecin , c’était un peu ce qu’est pour vous, juge, un extrait de casier judiciaire ».

Mais Charles ne la plaint pas, ni ne lui demande ce qui est arrivé. Il estime avoir là une prostituée qu’il doit amener en quelque sorte sur le chemin de la Rédemption.

Peu attiré par Martine, il s’engage néanmoins avec elle dans une relation sadomasochiste, et ne tarde pas à quitter son domicile conjugal, s’installer ailleurs avec sa victime.

 

Lecture fort désagréable ! 

Pendant la première partie Charles m’est presque sympathique, on imagine que son crime va s’expliquer, qu'il a découvert que sa maîtresse le trompait... que sais-je? j'étais prête à l'absoudre...mais dès qu’il commence à relater les souffrances qu’il fait endurer à la pauvre Martine (il la prétend consentante, mais elle n’est pas là pour confirmer, et nous n’avons qu’un seul point de vue), on n’a plus envie de le suivre.

 

Ses protestations d’amour envers la victime, et ses manières de dire  je l’ai tué pour tuer la mauvaise Martine (la pécheresse) font vraiment horreur. Ce personnage est odieux, et  contrairement à ce qu’il dit, atteint de pathologie mentale. Il serait dangereux de le laisser sortir.

L'écriture de Simenon sèche et précise, sans fioritures, nous laisse éprouver toute l'indignation possible.

Charles lui non plus n'a pas réussi à se convaincre que son crime était dicté par l'amour, d'où son geste final.

Car le juge, c'est lui aussi.

 

 

 

Publié dans : littérature de langue française - Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire - Communauté : SOIF DE LIRE... - Par Dominique Poursin

Présentation

  • the never ending blog
  • Contact
  • : the never ending blog
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • : 01/01/2006
  • : Littérature photos Cinéma écriture Littérature

Liens

Derniers Commentaires

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Rechercher

Challenge Dickens

Syndication

  • Flux RSS des articles

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés