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Mercredi 1 juillet 2009

Stock ( Cosmopolite), 1998, 601 pages.


D'après «  We Were The Mulvaney » , 1996.


l'histoire de cette famille nous est contée par le plus jeune d'entre eux Judd, né en 1963.

En 1993, il a trente ans et réussit à dvenir rédacteur en chef d'un périodique local relativement important de la ville où vécurent les Mulvaney à Mont-Ephraïm dans l'état de New-York.


A la première personne, il raconte, tantôt ce qu'il a vécu, tantôt ce qui lui a été rapporté, tantôt ce qu'il imagine comme vraisemblable d'après ce qu'il sait, de façon à reconstituer un récit linéaire.

«  Ce document n'est pas une confession.... j'y verrai plutôt un album de famille.... fait de souvenirs, de conjectures, de nostalgies, et c'est l'œuvre d'une vie, peut-être grande, et la seule œuvre de notre vie ».


Le ton est assez ironique dans les débuts devient plus grave ensuite, sans jamais se départir d'un léger détachement. Le plus jeune des Mulvaney peut parler de l'épreuve vécue par sa famille, car il y fut, de part son jeune âge, moins impliqué que ses frères et sœur, quoique ayant plus tard, accepté de jouer un rôle important.


Les Mulvaney sont une famille de la bourgeoisie provinciale installée à High Point Farm, une vaste propriété proche de Mont-Ephraïm dans l'état de New-York. Ils possèdent des vaches, des chevaux( chacun a le sien), des chèvres, des chiens, des chats, et des oiseaux.

Ils se servent des bêtes pour faire les intermédiaires dans leurs échanges entre eux. On s'adresse à un animal pour lui demander si Untel ( aimerait ceci, ou lui dire ses impressions à propos d' Untel, ce dernier doit se reconnaître et répondre.

Cela paraît soit amusant, soit un peu étrange... et me met mal à l'aise.



La mère de famille, Corinne, aime chiner dans les brocantes et ramène toute sorte d'objets inutiles qui ravissent les enfants ou exaspèrent le père. Le père Michael a été lâché par sa famille et une revanche à prendre sur la vie. Il est devenu directeur d'une entreprise de revêtements pour toitures et a réussi à devenir membre d'un club privé de personnes snobs et arrivistes; il a l'impression d'être une sommité.

Corinne et Michael s'aiment. Ils sont un peu exhibitionnistes et se bécotent devant leur enfants, et en public comme s'ils avaient quelque chose à prouver!

Corinne aime son mari même dans le mariage. Son secret? Jouer à s'imaginer qu'ils ne sont pas mariés.

«  lorsque papa et maman se rencontraient en public, même s'ils ne s'étaient quittés que quelques heures et que ce fut à l'école, le jour du matche de foot, au milieu d'une centaine de personnes,, papa accueillait maman avec un grand sourire, un « bon jour chérie! » et lui baisait tendrement la main : même Marianne rentrait sous terre; tellement c'était gênant.

Une des amies de maman lui demande un jour si elle et son mari avaient un secret, et maman répondit à voix basse: «  Oh, cet homme n'est pas mon mari. Nous faisons juste un essai ».



Par petites touches, on nous fait saisir le malaise qui règne dans cette famille ; les personnages sont un peu agaçants mais sympathiques en même temps, fragiles et moins adaptés à la communauté qu'on ne pourrait le croire.




En 1976, lorsque survient la catastrophe, les Mulvaney ont quatre enfants: Michaël 22 ans, Patrick 18 ans ( scientifique, passionné par Darwin), Marianne 17 ans «  belle, parfaite, merveilleuse et très comme il faut, et notre narrateur 13 ans.


Marianne se fait violer au bal de la saint-Valentin par un lycéen plus âgé qui la fait boir et lui raconte qu'il vaut se convertir et qu'elle seule peut le sauver. Marianne est très pieuse, à l'image de sa mère, et même chez les hommes on fait sa prière, à l'exception de Patrick. Cela peut étonner chez des jeunes en 1976, mais nous sommes dans une communauté américaine de petite bourgeoisie, dont l'auteur décrit bien les travers, les hypocrisies, les obsessions. Du jour au lendemain, les Mulvaney sont bannis . Une descente en enfer les attend. En temps que lecteur, je n'ai pas été surprise par la réaction des prétendus «  amis » des Mulvaney mais choquée par l'attitude du père de Marianne, qui la répudie, et encore plus par sa mère, qui se range à l'avis de son mari et expédie sa fille chez une vague parente. A 17 ans, Marianne est livrée à elle-même, ne pouvant faire ses études, allant de place en place, servante, bonne à tout faire, rongée de culpabilité, cherchant à expier son « péché »...! Seul Patrick, son frère, s'émeut de ce traitement infâme, et va chercher à la venger...


J'ai été surprise par le happy end de l'épilogue, la réconciliation de Marianne avec un destin de « femme », tel qu'on l'entend dans cette société-là, ne me paraissait pas trop vraisemblable. Bien sûr qu'elle n'aurait pas dû non plus pardonner à sa mère : on voit à quel point les être humains peuvent être formatés!

La mère a élevé sa fille dans une atmosphère de pudibonderie, de non-dits, et l'a entourée d'animaux, et de croyances en l'innocence. Ni elle ni son mari ne feront jamais leur autocritique!


le mariage heureux et productif de l'aîné, et l'apparition hâtive de nouveaux personnages qu'on n'a pas le temps de connaitre à la fin, ne convainquent pas forcément. Cependant, nous comprenons que le plus jeune des Mulvaney tenait à montrer de quelle manière sa famille survit.




Pour ma première participation au blogoclub de lecture, j'ai apprécié ce roman familial de Oates, son observation aiguë des mœurs de son époque, et les qualités de la narration, même si je n'ai pas compris entièrement ce qu'elle voulait nous dire.

Par exemple, je ne saisis pas le sens de la phrase de Walt Whitman mise en exergue du roman. Elle pourrait avoir été choisie par le narrateur en hommage à son frère Patrick ?«  je me lègue à la terre pour pouvoir renaître de l'herbe que j'aime/ Si tu veux me revoir, cherche -moi sous la semelle de tes souliers.... »


J'ai hâte de lire les autres contributions, d'autres lectures seront les bienvenues pour moi!


je vou propose de lire l'article de Cléanthe qui interroge le texte intelligemment .

Par Dominique Poursin - Publié dans : littérature anglophone - Voir les 2 commentaires - Recommander
Communauté : Les lectures de Florinette - Ecrire un commentaire
Samedi 27 juin 2009

Sa majesté des mouches... 


Il n'y a pas de fille dans le roman.


Lorsque Jack devient chasseur, il ne ramène le gibier à aucune femme, et aucun père ne le félicite. Les partisans de la civilisation (Ralph et Piggy) entretiennent le feu de l'espoir, celui qui sert de langage, mais les amis du jeune chasseur se comportent comme s'ils avaient inventé le feu, et Ralph et Piggy comme s'ils l'avaient volé.


D'ailleurs c'est le feu, qui, en incendiant l'île, finira par donner l'alerte, le feu devenu une parole gigantesque, un appel au secours et une destruction.


Les enfants sont orphelins ; la mère, c'est cette truie dont ils viennent adorer la tête,déjà pourrissante,  et que l'on appelle Lord Of The Flies (il s'agit d'une femelle dans la version française mais en anglais c'est " Lord" ), et qui donne son titre dérisoire au roman.


Simon, le gamin contemplatif et inquiet, se demande si elle vit.

C'est lui aussi qui découvre que la bête effrayante, le fantôme sur la montagne, ce n'est que les restes d'un des pilotes de l'avion, engoncé dans son parachute et qui se ballotte au gré du vent , alors que son parachute est pris dans un arbre.

Ce parachutiste symbolise tout ce qui reste du père...

Simon est le premier des enfants à être éliminé.


Piggy le second parce qu'il réfléchit. Il n'a pas de nom, juste un pseudonyme, et ce pseudo évoque fâcheusement l'animal tué.


Ralph pourrait être éliminé parce qu'il sait parler. Son meeting avec le coquillage «  la conque » qui leur sert de micro est digne d'un petit moïse au Sinaï.


Finalement, je trouve que ce roman qui m'avait frappée il y a très longtemps ( et dont j'avais " récupéré" les personnages pour en faire des histoires de mon cru) a résisté au temps.

Je l'aime encore!


Si je vous disais que j'étais très attachée à ces garçons vous ne me croiriez pas et pourtant...


Par Dominique Poursin - Publié dans : littérature anglophone - Voir les 10 commentaires - Recommander
Communauté : Les lectures de Florinette - Ecrire un commentaire
Jeudi 25 juin 2009
Amoz-caveau-G.jpg Claude Amoz : le Caveau . Editions Hors Commerce, 1997
 
 En renvoyant un coupon publicitaire par la poste, Antoine Worbe a gagné un séjour viticole dans un petit village en Saône et Loire.
C’est un chômeur qu’on a viré d‘un emploi de petite comptabilité parce qu’il s’ennuyait et buvait un peu trop. Son frère chez qui il loge en attendant mieux, se réjouit de s’en débarrasser pour une semaine. Aussitôt rendu chez les Renaison qui l’hébergent, Antoine repère des anomalies : le maître de maison, Georges, qui se veut séducteur et déclame de la mauvaise poésie, son fils Bernard qui semble le craindre, la jeune femme de ce dernier, Line, une « grosse rousse à l’air renfrogné », son bébé qu’elle « regarde bizarrement », leur façon de l’observer avec insistance. Ne voulant pas révéler son état de chômeur, Antoine, sans l’avoir prémédité, se présente comme un policier, ce qui paraît inquiéter tout le monde.
La nuit, il entend des gémissements de femme : quelqu’un serait-il séquestré dans la cave  à vin, sinistrement dénommée caveau par Georges qui la lui fait visiter ?
Quel est le rôle joué par Jean, le plus jeune des deux fils, handicapé mental ?
Un an et demi auparavant, une jeune fille Marine, venue faire les vendanges, a disparu après la fête. C’est pour Antoine, une situation inédite. D’habitude, il ne rencontre d’énigmes que dans son propre passé qu’il ressasse avec obstination. A l’âge de huit ans, il fur envoyé dans le Massif Central, alors que ses parents partaient précipitamment pour L’Afrique avec son jeune frère.
1) Le « caveau de famille »( cavere : creuser ; cavus : creux [et vide]) est une métaphore de l’inconscient censé représenter dans l’imaginaire collectif les puissances d’en bas, le lien obscur, dissimulé et la tombe dans quoi l’on trouvera des cadavres sous prétexte d’y chercher du vin. C’est ce que pense Antoine, enquêteur malgré lui : cette grande cave qui lui cause des frayeur, il va y découvrir une sculpture effrayante, des fresques dessinées sur les murs , mêlant littérature et mythologie. Qui sont ces jeunes filles dont on lui montre les photos qui ont participé aux dernières vendanges, et  semblent s’être intéressées au maître de maison, Georges, plutôt qu’à son fils ? Le grand-père «  le bâtisseur » est lui aussi une figure forte et encombrante, et la jeune génération est écrasée par ces modèles de réussite.
Exclu de la société depuis son plus jeune âge, Antoine interprète ainsi la situation familiale des Renaison. C’est qu’il enquête aussi bien sur son propre passé que sur les mystères de la famille qui l’héberge et nous doutons qu’il puisse résoudre l’un ou l’autre…
Par la faute de sa grande timidité et de son esprit confus, hanté périodiquement par Le souvenir des sermons de son Pasteur de père, accumulant les gaffes, Antoine, le faux policier, entraîne le lecteur dans une série d’interprétations erronées ou incomplètes des situations ; ces quiproquos vont entretenir le mystère et les rebondissements.
 
2) la présentation des différents personnages ressemble à ce qu’ils pourront faire de leurs destinées. Marine, qui ouvre le roman, est un être en action : « une tresse, trois lourdes mèches de cheveux blonds. Ils sont tout propres, le peigne crépite en les griffant. Marine les tord ; elle serre bien fort l’élastique… elle ramasse son sac, sa guitare, se glisse dans l’escalier, pousse la porte …je m’en vais… » un être qui résiste, vit et monologue en son nom propre.
Antoine, le personnage opposé, est presque toujours « in abstentia ». Le jour de l’enterrement de son père, il est absent et tous feignent de douter de son existence.
3) le récit est tout entier écrit au présent de l’indicatif. Ce chois implique de piétinement, ressassements, et accentue l’intensité des scènes empruntées à plusieurs époques qui s’entremêlent et se contrarient mutuellement.
 
Une très belle réussite.
 
 
Par domiwind - Publié dans : littérature policière - Voir les 2 commentaires - Recommander
Communauté : Les lectures de Florinette - Ecrire un commentaire
Samedi 20 juin 2009

Papillon m'a taguée !



Voici les règles :
Écrire huit souhaits
Dire à quoi font penser les dix mots donnés
Dire un mot sur sa tagueuse
Taguer 8 personnes et les prévenir


1.Plus personne au chômage

 2. Plus jamais d'emplois ennuyeux

3 Plus Jamais d'exploitation

 
4. Plus jamais d'angoisses

5 Rencontrer en vrai mes blogueuses  préférées

6 Aller à Vienne, Florence, Madrid...

 7.étudier sérieusement

8. Devenir jeune

Message : j'aimerais qu''ils arrivent par pigeon voyageur
Blog : devrait être un espace de liberté où l'on s'exprime comme on le veut ' (évidemment sans grossièreté et en évitant la bêtise)et quand on le veut.


Prix  une fois n'est pas coutume, j'ai bien aimé le Goncourt de l'an passé Syngué Sabour

Croix : chemin de croix une sorte de bande dessinée en quatorze épisodes ils me fascinent  
Scrap :je ne sais rien faire de mes dix doigts

Création : oeuvre
Bonheur :le bonheur est une petite chose que l'on grignote assis par terre au soleil ( Jean Giroudoux)

 Vie chemin de croix

Enfant :de l'année : mon petit fils Maxime (quatre mois )le plus bel enfant que l'on ait jamais vu

Passion : mortelle Tristan et Iseut


Ma taggueuse Papillon, je suis inscrite à sa newsletter depuis longtemps, c'est une de mes blogueuses préférées. J'aime lire ce qu'elle a écrit sur les livres que je lis. J'apprécie ses chroniques de spectacles (concerts instrumentaux opéras spectacles de danse ) elle est pratiquement la seule à être branchée sur ces questions. J'aime aussi ses chroniques de voyages.


Quant à trouver des personnes qui n'ont pas fait le tag( et qui ne sont pas anti-tag) ça demande réflexion...


Annabelle

 

A girl from Earth

 

Lilly

 

Keisha

 

pourraient être tagguées sur ce coup là, car elles ne semblent pas l'avoir fait!

Par Dominique Poursin - Publié dans : Tags swaps et challenges - Voir les 6 commentaires - Recommander
Communauté : Les lectures de Florinette - Ecrire un commentaire
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